Titres
- Etre Ou Ne Pas Etre (5:12)
- Chaque Jour Que Soleil Fait (3:53)
- Sourire (3:30)
- Matière Première (3:26)
- L'Eau Qui Dort (7:05)
- Une Chanson Cherokee (3:54)
- Quel Dommage (5:41)
- L'Instant (3:58)
- L'Homme Sûr (7:05)
- Mon Body Se Meurt (4:30)
- Les 4 Raisons (3:50)
- Au Bord Du Précipice (8:28)
Dans notre actualité musicale, la sortie d’un nouvel album de Lazuli représente désormais un évènement incontournable. En effet, et particulièrement depuis le début des années 2010, la formation gardoise fondée en 1998 par les deux frères Claude et Dominique Leonetti, a légitimement atteint une solide notoriété en France, et bien plus encore, au-delà de nos frontières. Véritable ambassadeur européen du rock progressiste hexagonal (chanté de surcroît dans la langue de Molière !), le groupe publie depuis son second opus ‘’Amnésie’’ (2004), et à une cadence métronomique, un nouvel album tous les 2 ou 3 ans. Nous ne serons donc pas surpris en ce début d’année 2026, de découvrir à la suite de ‘’11’’, et dans une belle continuité, ce douzième opus enregistré, cela va sans dire, en leur propre studio L’Abeille Rôde situé à proximité d’Alès.
Autour de Dominique (chant, guitares) et Claude (Léode), nous retrouvons le claviériste & corniste Romain Thorel, le batteur Vincent Barnavol et, passant tout aussi brillamment de la guitare à la basse, Arnaud Beyney qui avait rejoint le groupe après l’excellent album concept ‘’Le Fantastique Envol de Dieter Böhm’’. Avant de s’immerger dans les 61 minutes de ce généreux répertoire, il est important pour ceux qui découvrent Lazuli, de donner un éclairage sur un instrument unique et entièrement conçu en 1995 par Claude Léonetti pour l’adapter à son handicap du bras gauche (suite à un grave accident de moto), à savoir la ‘Léode’ (contraction de son nom & prénom) : celle-ci s’apparente, selon sa propre définition, à une ’’lap guitar électronique produisant des sons de guitare, sarangi, duduk et d’un ensemble à cordes’’, entre autres, car adossée à un système MIDI, et contrôlant un échantillonneur (sampler), elle permet en fait, la plus large modulation de sons, et colore ainsi les différentes plages, de textures sonores à la fois originales et délicieusement bigarrées.
Bénéficiant cette fois encore, d’une qualité de production absolument limpide, ces douze nouveaux morceaux écrits & composés par Dominique Léonetti, portent la signature dorénavant identifiable d’un groupe ayant su associer l’héritage du passé aux sonorités pop/électro/alternatif de son temps autour de ces mélodies ‘vers d’oreille’ qui dès la première écoute, ne cesseront ensuite de vous trotter dans la tête. L’instrumentation se met au service de la voix cristalline, intense et haut perchée de Dominique, et de la poésie de ses textes d’où émanent à la fois mélancolie, espoir et une forme de légèreté. A l’instar du somptueux visuel de pochette montrant des visages imprécis sculptés dans la glace, le morceau-titre ouvrant l’album, interroge sur le devenir de l’homme face à la menace climatique. Le quintette avait déjà joué ‘’Être Et Ne Plus Être’’ en public en 2024 lors du ‘’Live at the Night Of The Prog » (Loreley/Allemagne). Evocation de la fuite du temps (‘’Chaque Jour Que Soleil Fait’’) ou de cet ’’Instant’’ si précieux, et joué en solo par le chanteur guitariste, tendre satire de la Société (‘’Matière Première’’) et de la condition humaine avec une certaine gravité (‘’L’Homme Sûr’’) ou avec de l’humour (‘’Sourire’’, ‘’Mon Body Se Meurt’’) sont autant de thèmes portés par ces chansons arrangées collectivement avec le plus grand soin.
‘’L’Eau Qui Dort’’ brille par ses luxuriantes textures de claviers et Léode tandis qu’’Une Chanson Cherokee’’ sur un rythme ternaire de valse légère, nous berce de ses douces sonorités acoustiques. Dès les premières notes de piano, Romain Thorel donne une couleur classicisante et romantique à ‘’Quel Dommage’’, rejoint ensuite dans un crescendo par les deux guitares électriques d’Arnaud et Dominique sur cette chanson empreinte de l’amertume des amitiés d’antan, et hommage probable de Dominique Léonetti au premier guitariste, membre fondateur et complice, Gédéric Byar qui quitta le groupe au cours de l’été 2020. Comme ‘’Être Et Ne Plus Être’’, Lazuli avait déjà offert ‘’Quel Dommage’’ en Live à son public au Night Of The Prog 2024 dont rappelons-le au passage, leur concert de l’édition précédente de 2022 a en outre, été publié dans un immanquable coffret CD+DVD (‘’Lazuli Lorelive’’/juin 2024). ‘’Au Bord Du Précipice’’, le morceau le plus long, referme avec brio cet album, une pièce progressive à souhait, et dont la séquence instrumentale finale est portée, comme celle de ‘’L’Eau Qui Dort’’, par un lumineux solo de Claude Léonetti à la Léode.
En bref, vous l’avez compris, en ce jour du 30 janvier 2026 qui est d’ailleurs aussi l’anniversaire de Dominique Léonetti, Lazuli vient d’ajouter à une déjà remarquable suite discographique, un nouveau joyau qui fera date, cela ne fait pas l’ombre d’un doute.
Formation du groupe
Claude Leonetti : Léode - Arnaud Beyney : guitare - Romain Thorel : claviers, cor d'harmonie - Vincent Barnavol : batterie, percussions, marimba - Dominique Leonetti : chant, guitare

