Le fantastique envol de Dieter Böhm

Par

(5 sur 5) / L'Abeille Rôde
Categories
Rock Progressif

Je ne vous cache pas que quand nous avons reçu chez ProgCritique, en avant-première, le 9ème album de « Lazuli »,  je n’ai pu m’empêcher de me lancer dans une gambada* effrénée. Le fantastique envol de Dieter Böhm est un concept album qui se découpe tel une pièce musicale avec un prologue, des actes, et un épilogue pour marquer le final.

Ce prologue se présente avec « Sol » pour ouvrir le bal de fort belle manière. Un démarrage à pas de loup, le titre prend son envol au refrain et monte crescendo jusqu’à l’apothéose, après le pont, avec des échanges entre la Léode de Claude et Géderic à la guitare. L’enchaînement nous fait basculer à l’Acte I qui propose deux belles compositions « Les Chansons sont des bouteilles à la mer » et « Mers Lacrymales » qui sous une ambiance mélancolique portent au final un message plein d’espoir. De la nuance progressive, ces titres en regorgent portant à bout de bras des textes finement ciselés.

La transition vers l’Acte II nous pousse vers la présentation du personnage «  Dieter Böhm », au-delà de la beauté des paroles, je relève un fantastique travail de percussions / batterie. Puis nous glissons sereinement vers « Baume ». L’introduction se distingue par la voix volontairement fragile de Dominique ponctuée par un discret piano /  marimba qui souligne sans exagérer les contours de la mélodie, c’est tendre et poignant.

Nous nous dirigeons vers l’Acte III avec « Un Visage Lunaire » l’unique volet de l’acte. Une introduction calme voix / guitare electro-acoustique et soudain la métamorphose, les traits de couleurs jaillissent d’une Léode exploitée à plein régime, appuyée avec tact par le jeu de guitare de Géderic et l’omniprésence de Romain qui distille de belles sonorités. Le final est d’une redoutable efficacité qui vous transporte dans une troublante émotion. Dire que les poils se dressent est un doux euphémisme.

L’acte IV nous présente « L’envol », un instrumental très riche avec une multitude d’éléments en arrière-plan comme les cocottes guitares qui dynamisent cette composition de transition vers le magique « L’homme volant », c’est l’heure de la concrétisation, l’aboutissement du rêve. Une intro électro-percussion sonne accompagnée par un clavier taquin qui pose des sons très floydiens. Le chant s’élance sur des refrains guillerets qui donnent du baume au cœur. Le pont nous offre un passage adouci qui nous dirige vers une explosion musicale avec des progressions d’accords qui titillent les tympans avec délectation.

Nous touchons à la fin de l’album avec l’épilogue « Dans les mains de Dieter » et un dénouement heureux, musicalement la complainte de la guitare vous porte jusqu’au bout du titre, du grand art !

Pour finir cette critique, je tenais à remercier Dominique pour les échanges et toute l’aide qu’il nous a apporté pour écrire l’article. Au détour d’une conversation, il me faisait part de l’angoisse de « lâcher le bébé ». Ne vous inquiétez pas, votre bébé est juste magnifique. Vos joies, vos peines, vos émotions, vos âmes et vos envies transpirent dans chacune des secondes de vos mesures. Les enchaînements entre chaque titre sont parfaits. Un équilibre orchestral fort bien dosé et un mixage « high level ». Olives sur la pizza, un somptueux livret de 60 pages rempli à ras bord de textes et d’images qui ont toutes un sens pour régaler nos mirettes. Bon vous avez sans doute compris que c’est le coup de cœur absolu pour un album grandiose. Lazuli c’est l’exemple même du groupe français pour qui l’écriture est la vraie parole et la musique une liberté d’expression sans faille.

Amis lecteurs que vous les connaissiez ou pas, foncez tête baissée c’est un chef d’œuvre !

Gambada* : n.f, Danse sautillante qu’exécutent ceux qui marchent pieds nus les jours de grande chaleur sur le sable brûlant des plages.Cf « Dictionnaire des mots qui n’existes pas Edition Hors Collection

Formation du groupe

Dominique Leonetti - chant, guitare 6 et 12 cordes - Claude Leonetti - Léode - Gédéric Byar - guitare - Romain Thorel - claviers, cor d'harmonie - Vincent Barnavol - batterie, marimba, percussions

🌍 Visiter le site de Lazuli →

Partager cette critique

👇 Recommandé pour vous

Commentaires

  1. mais quelle claque putain !!! je connaissais pas, je croyais que the voice avait tuée la chanson française, merci pour ce coup de foudre musical

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *