Forged By The Sun

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(4.7 sur 5) / Khepra Records
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Prog-rock Symphonique Rock Progressif

Après un très long hiatus, Castanarc, né dans la mouvance néo prog des années 80, avait fait son grand retour en studio avec The Sea Of Broken Wows sorti en 2021, reprenant en quelque sorte les choses là où elles avaient été laissées. Pas de doutes le groupe est bien de retour et on peut déjà l’affirmer que Forged By The Sun pousse l’aventure musicale nettement plus loin que son prédécesseur. J’ai tout d’abord cru à un EP, songez plutôt : 3 morceaux pour un groupe qui en offre habituellement une dizaine par album. Et bien d’EP point, car les deux premiers morceaux cumulent la demi-heure. Notons aussi qu’après toutes ces années, trois membres fondateurs sont toujours bien présents : David Powell, Mark Holiday et Neil Duty. Continuité ? Sûrement. Evolution ? Voyons cela de plus près.

Si les grandes suites musicales et autres épopées de longue haleine sont souvent réservées pour la fin en tant que grand point d’orgue d’un album, Castanarc nous la fait à l’envers et débute par les 18 minutes du morceau-titre, « Forged By The Sun ». Après un intro un peu sévère et solennelle, la musique devient plus lumineuse et enthousiaste lorsqu’apparaît le chant de Mark Holiday. Cela peut faire penser à YES. Une deuxième section pointe son nez, dans un registre très différent : une ballade plutôt joyeuse et bucolique. S’installe un long crescendo qui voit la musique prendre du rythme et de l’intensité avec des synthés d’une agilité et d’une virtuosité toute violonistique. Au milieu, reprise de la ballade, toujours en tonalité majeure et donc joyeuse. Une nouvelle rupture rythmique nous amène sur un rock bien cadencé, puis une coda lente et majestueuse. Voilà une grande pièce symphonique, et solaire (c’est dans le titre !).

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A peine moins ambitieux, « Ceasefire For The Innocent », poursuit dans cette ambiance solaire et lumineuse qui baigne la longue suite précédente. Une chanson calme et sereine inaugure les débats, avant un emballement de toute beauté, toujours dans un la majeur radieux. Et puis la musique commence à moduler pour nous offrir un passage central un peu assombri (en si mineur). Un duo basse et piano fait une transition vers la coda qui revient aux tonalités majeures pour clore dans une ambiance à la Anthony Philips, à la fois délicate et majestueuse. Sur un plan formel, cet excellent morceau prend quasiment la structure d’un mouvement de forme sonate chère à Bach et à ses successeurs. Mais là n’est pas l’essentiel !

« Cue Rain » termine l’album dans une certaine simplicité en nous berçant d’un blues / folk rock. C’est beau comme du Procol Harum !

Contrairement à l’album précédent qui signait le grand retour du groupe, Forged By The Sun (*) s’oriente clairement vers le prog symphonique, et c’est une belle réussite ! Chacun à leur pupitre, les musiciens sont excellents et ont largement les moyens de leur nouvelle ambition, à savoir proposer un album sur des bases nouvelles, délaissant le néo prog pour quelque chose de beaucoup plus développé, qui rend hommage aux maîtres des années 70, sans oublier non plus Marillion. Castanarc semble maintenant bien installé et le nouveau costume (musical) qu’il s’est taillé lui sied parfaitement !

(°) https://castanarc.bandcamp.com/album/forged-by-the-sun

Formation du groupe

David Powell : claviers - Mark Holiday : chant - Charlie Morgan : batterie - Peter Robinson : basse - Neil Duty : guitares Avec : Dave Holley : guitare (3)

🌍 Visiter le site de Castanarc →

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