Strings From The Edge Of Sound

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(4.8 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Et de 6 pour le groupe transalpin dont nous avions chroniqué dans ces pages les 3 derniers et excellents albums, dont le très orwéllien Room 101 de 2021. Ce nouveau venu, Strings From The Edge Of Sound, est un peu particulier dans la mesure où il contient quatre morceaux originaux, pour 5 plus anciens mais arrangés, pour orchestre. Orchestre est semble-t-il le mot-clé qui caractérise cet album. Voyons donc ce que notre quatuor – Daniele Giovannoni, Valerio Sgargi, Alex Massari et Alessandro Cefalì – nous ont concoctés.

Côté versions retravaillées nous avons donc « Nashira » (Silence Between Sounds, 2016), « Take Me Home » et « Your Name » (The Day Is Done, 2018), « Room 101 » et « Zealous Man » (Room 101, 2021). On s’attend bien évidemment à que ces versions orchestrales gagnent des couleurs supplémentaires et une certaine emphase !

L’ouverture, « Black Hole Era », un des inédits, se fait d’abord avec la douceur de la guitare acoustique qui accompagne sobrement des vocaux dont on sent rapidement qu’ils vont prendre de l’ampleur et une dimension cérémonielle. Un puissant climax nous ramène au style de l’intro avant de repartir sur un immense crescendo, cette fois-ci parcouru par une intense guitare électrique. Petite recommandation à nos fidèles lecteurs : même si c’est tentant, ne vous approchez jamais d’un trou noir. On n’est jamais trop prudent …

Des couleurs et de l’emphase, cette belle version de « Nashira (Orchestra Version» n’en manque pas. Comme le morceau d’ouverture, on démarre dans la douceur acoustique, mais portée cette fois par le piano et le violoncelle. Volume sonore et rythme prennent soudain de l’ampleur jusqu’à donner à la musique une ambiance tribale débridée. La fin très mélodique s’appuie sur un très beau passage à la guitare, lyrique à souhait.

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A nouveau, « Take Me Home (Orchestra Version) » démarre dans une douceur musicale, cette fois dans un mouvement très lent. Chant grave, piano délicat donnent à la musique une sérénité empreinte de majesté. Plus loin le rythme plus martelé et les chœurs renouent avec l’ambiance Carmina Burana déjà présente dans les morceaux précédents. Quant à l’ambiance de « Tell me », c’est du côté de la balade floydienne qu’elle se tourne, Superbe ! Sans violence mais avec puissance, le complexe et contrasté « Room 101 (Orchestra Version) » incarne à merveille le côté absurde et inéluctable de la situation. Les cordes, très présentes au cours du morceau, tantôt douces, parfois plus inquiétantes, donnent une dimension musicale supplémentaire indéniable à ce titre par rapport à sa version d’origine.

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La tension accumulée s’évapore totalement sur « I will Come » qui revient à l’atmosphère aérienne du précédent « Tell me », et tient parfois du cantique avec son chant déclamatoire. « Your Name (Orchestra Version) » laisse à nouveau les cordes donner le ton et le tempo de ce morceau très théâtral, un véritable hard rock orchestral, mais qui saura le moment venu se fondre dans un délicat final aux antipodes de ce qui précède. « Zealous Man (Orchestra Version) » débute sur un mode crooner avec piano et voix, avant que l’orchestre ne prenne les rênes. Cette piste vaut surtout pour les grands contrastes sonores qui l’animent d’un bout à l’autre. La piste-titre clôt l’album sous forme d’un court choral qui égrène une litanie lente et grave. Et au moment où la tessiture vocale prend de l’altitude, tout s’interrompt soudain …

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Excellent surprise que ce Strings From The Edge Of Sound (*) ! Le parti-pris de l’utilisation des sonorités d’un orchestre symphonique, en particulier les cordes, en complément des instruments rock est une véritable réussite : il ne s’agit pas ici d’une simple juxtaposition / opposition des différents plans sonores, mais d’une osmose véritable, d’une constante fluidité, donnant à la musique une dynamique inégalée. Bravo aux musiciens d’avoir réussi cet équilibre au service d’une musique progressive à l’italienne dont on ne se lasse pas !

(*) https://karmamoi.bandcamp.com/album/strings-from-the-edge-of-sound

Formation du groupe

Daniele Giovannoni : Batterie, claviers et chœurs - Valerio Sgargi : Chant, chœurs et claviers - Alex Massari : Guitares - Alessandro Cefalì : Basse

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