Room 101

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Cinquième album de nos amis transalpins de Karmamoi, « Room 101 » s’inspire du très célèbre roman dystopique 1984 de George Orwell. La Pièce 101, salle de torture psychologique joliment décorée et meublée avec un goût exquis (cf. la pochette du disque !), c’est la pièce que tout le monde connaît, mais dans laquelle personne ne veut se rendre … Côté musique, le précédent opus du groupe sorti en fin 2018, « The Day Is Done », avait été particulièrement apprécié de la Rédaction de ProgCritique.

Petit rappel pour ceux qui comme moi ne connaissaient pas Karmamoi : groupe formé en 2009 par Daniele Giovannoni (batterie, claviers), et également composé d’Alessandro Cefali (basse), et d’Alex Massari (guitare). Comme à l’accoutumée, des musiciens supplémentaires viennent compléter la palette musicale, comme par exemple Steve Unruh sur ce « Room 101 ». Il semblerait qu’avec son roman G.O. ait inspiré pas mal d’artistes (dont Rick Wakeman avec son « 1984 », et aussi Eurythmics et son fameux Sexcrime tiré de l’album « 1984 – For The Love Of Big Brother »), et pas plus tard que la semaine dernière je chroniquais ici-même le dernier album du tRKproject qui lui consacre une de ses 4 pistes. De toute évidence la musique de « Room 101 » ne va pas faire dans le festif pas plus que dans la ballade romantique, ce que me confirme la première écoute : musique sombre et puissante avec pas mal d’aspérités, d’une grande richesse musicale.

La piste d’intro « Memory Holes » débute par une inquiétante basse électro sur laquelle se plaque la voix plutôt douce et même aérienne de Sara Rinaldi. Sur une rythmique implacable, guitare et chants alternent et on peut même entendre en second plan la flûte de Steve Unruh. Une fin instrumentale puissante et qui se stoppe brutalement nous emmène sur « Drop By Drop » et son tempo de marche très lente. Plus loin les vocaux donnent à la musique une couleur moins sombre, et on termine même en apothéose !

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A nouveau, l’intro de « Dark City » offre un gros contraste avec la fin de la piste précédente : vocaux calmes, délicatement accompagnés par les accords arpégés et quasi inamovibles de la guitare acoustique. Plus loin un crescendo nous ramène au passage acoustique hypnotique. Comme les pistes précédentes, celle-ci se termine également toute en puissance. La piste la plus longue de l’album, « Zealous Man » est une alternance de passages calmes et acoustiques et de fulgurances instrumentales. Pas le morceau le plus inventif à mon goût. Je lui préfère l’instrumental et déstructuré, quasi psychédélique, « Newspeak » avec ses volutes de pianos (Adam Holzman), ses effets de synthés, et son passage au violon (Steve Unruh).

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Avec la piste-titre, on s’attend évidemment à une musique peu complaisante à l’oreille, pour employer un doux euphémisme ! Quelques secondes d‘intro planante et les notes basses puissantes et inéluctables lancent un chant totalement désabusé. Le jeu de batterie vigoureux ajoute encore de la tension si besoin en était. Un peu après 3’ la basse lance un rythme ternaire et la musique devient une sorte de valse lugubre. Tout s’arrête pour reprendre le côté planant du début, avant que la machine à broyer ne reprenne sa marche implacable !

Après ces minutes de tension, on sort de la Pièce 101 afin de contempler le « New World ». Musicalement ça n’est pas le calme plat, loin s’en faut, mais cette dernière piste apporte néanmoins quelques lueurs, notamment avec ses passages vocaux plutôt mélodieux.

La lecture musicale de la fable orwelienne réalisée par Karmamoi est puissante et sans concessions (à 100 lieues du travail de Rick Wakeman cité plus haut). Le côté implacable est puissamment rendu par la rythmique, toutefois quelques passages au piano, flûte et violon surnagent de temps à autre pour donner une belle richesse musicale à l’ensemble. Je trouve les vocaux parfaitement dans le ton : ni agressifs, ni larmoyants, et même parfois optimistes ! Il ne vous reste plus qu’à descendre dans cette « Room 101 » musicale … De toutes façons, Big Brother is watching you !

Formation du groupe

Daniele Giovannoni : Batterie, claviers et chœurs - Alex Massari : Guitares - Alessandro Cefalì : Basse - Avec : Adam Holzman (Miles Davis, Steven Wilson) : Piano et Moog Solo (5) - Steve Unruh (Resistor, The Samurai of Prog, UPF) : Violon et Flute (1, 2, 5) - Sara Rinaldi : Chant - Emilio Merone : Piano et Clavier Solo (7) - Valerio Sgargi : Ténor et chœurs - Francesca Zanetta : Solina (1)

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