Let The Truth Speak

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(4 sur 5) / Music Theories Recordings/Mascot Records
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Métal Progressif Rock Progressif

J’avoue avoir un peu de mal à caractériser la musique du groupe Earthside. Et eux aussi visiblement puisqu’ils rangent leur style dans la catégorie “Cinematic Metal”. Qu’est-ce donc? Mécaniquement parlant, je vois bien ce qu’est la cinématique, mais il semble que dans la langue de Shakespeare cet adjectif soit plutôt relatif aux images animées. On pourrait donc traduire l’expression par “Métal cinématographique”. Et effectivement, c’est un peu ce qu’évoque ‘Let The Truth Speak’ : un défilé d’images, d’ambiances, de scènes qui pourraient constituer la bande originale d’un film. Earthside est un groupe au line-up un peu particulier puisqu’il ne possède pas de chanteur. En effet, les quatre musiciens proposent soit des titres instrumentaux, soit font appel à des invités pour assurer les parties vocales. C’est une originalité importante du groupe, qui permet, entre autres, de garantir une certaine diversité d’un morceau à l’autre. ‘Let The Truth Speak’ est le second album d’Earthside, 8 ans après leur premier effort discographique ‘A Dream in Static’. Oui, 8 années de gestation ont été nécessaires pour donner vie à cet opus, et cela s’entend tant l’album est foisonnant, complexe, diversifié, parfois déroutant, mais presque toujours passionnant.

Titre d’ouverture, “But What If We’re Wrong” est un instrumental basé sur la participation du groupe Sandbox Percussion, ensemble de musique de chambre contemporaine constitué d’instruments à percussion. Le mélange avec le groupe métal fonctionne étonnamment bien pour un morceau vraiment inclassable.

La première chanteuse invitée est Keturah (The Heavy Medicine Band) sur “We Who Lament”. Elle a une voix incroyable, et vient hurler la rage requise sur ce titre habité.

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Le titre suivant, “Tyranny”, débute sur des bases très métal avant d’évoluer vers une ambiance plus calme. L’arpège du refrain me rappelle à chaque écoute le “Calling You” de Jevetta Steele, extrait de la bande originale du film “Bagdad Cafe”. C’est Pritam Adhikary, du groupe indien Aarlon, qui prête sa voix au titre et livre un travail remarquable sur ce morceau sans cesse changeant.

AJ Channer de Fire From The Gods prend à son tour le micro sur “Pattern Of Rebirth”, titre un peu plus court et redoutablement efficace. Il y insuffle une vibe entre reggae et hip-hop qui se marie bien, à nouveau, avec le son métal du groupe.

C’est ensuite “Watching The Earth Sink”, instrumental de presque 12 minutes, qui arrive. Un des sommets du disque. Earthside nous y embarque dans son univers, pas du plus joyeux, mais considérablement envoûtant où la progression navigue entre Post-Rock et Métal Prog.

Changement à nouveau avec “The Lesser Evil”, qui penche du côté du Jazz-Soul porté par la voix de Larry Braggs et la contribution de cuivres. Puis une ballade (“Denial’s Aria”) apporte un peu de calme. On y retrouve Keturah ainsi que VikKe au chant, accompagnés par un duo de harpe (Duo Scorpio).

Voyage au pays des contes et légendes avec “Vespers”, ses voix chuchotées ou lyriques. On a parfois l’impression d’écouter un extrait de film. Il constitue un genre d’introduction pour “Let The Truth Speak” sur lequel Daniel Tompkins de TesseracT officie au chant. Un morceau complètement fou avec une ligne de basse époustouflante, des cordes épiques, du chant lyrique, des guitares métal. Un cocktail archi-explosif.

Le batteur de Leprous, Baard Kolstad, vient donner un coup de main sur le dernier titre instrumental “All We Knew And Ever Loved”. Celui-ci est un peu long à décoller, mais l’apport de l’orgue, de riches orchestrations et des deux batteurs conduisent vers un final grandiose.

Ecouter ‘Let The Truth Speak’ d’une oreille distraite ou en faisant une autre activité est la certitude de passer à côté de l’œuvre. L’album est complexe, exigeant et part dans tous les sens, c’est ce qui en fait sa force mais aussi sa faiblesse. On a du mal par instant à comprendre et à adhérer à la ligne qu’a voulu suivre Earthside au travers de morceaux de longueurs variables, mais souvent autour des 10 minutes. L’auditeur peut donc facilement se perdre. En même temps, le disque donne (de manière inexplicable) une irrépressible envie d’y revenir. Ce qui est certain c’est qu’Earthside continue d’innover et cherche à faire bouger les frontières entre les styles musicaux. En cela, ils sont peut-être les précurseurs de futures tendances.

Formation du groupe

Jamie Van Dyck : Guitares - Frank Sacramone : Claviers - Ryan Griffin : Basse - Ben Shanbrom : Batterie - Musiciens additionnels : Sandbox Percussion : Percussions (sur “But What If We're Wrong”) - Keturah : Voix (sur “We Who Lament” et “Denial's Aria”) - Pritam Adhikary : Voix (sur “Tyranny”) - AJ Channer : Voix (sur “Pattern Of Rebirth”) - Larry Braggs : Voix (sur “The Lesser Evil”) - Sam Gendel : Saxophone (sur “The Lesser Evil”) - VikKe : Voix (sur “Denial's Aria” et “Vespers”) - Duo Scorpio : Harpe (sur “Denial's Aria”) - Gennady Tkachenko-Papizh : Voix (sur “Vespers” et “Let The Truth Speak”) - Daniel Tompkins : Voix (sur “Let The Truth Speak”) - Baard Kolstad : Batterie (sur “All We Knew And Ever Loved”)

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