Bereavement

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(4 sur 5) / Autoproduction
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Folk Rock Métal Progressif Rock Progressif

Un sympathique duo Canadien, fortement complémentaire, qui s’en donne à cœur joie comme s’il était le triple, mais qui est-ce ???  Et bien braves gens nous évoquons Jupiter Hollow. Il nous propose depuis peu sa troisième mouture avec « Bereavement » qui se positionne comme une suite à  « Odyssey » (2016) et à l’intriguant et superbe « AHDOMN » (2018). Sur fond d’une histoire à la psychologie fouillée, un homme de pouvoir supra important envoie les membres de sa famille et de ses sociétés vers une nouvelle terre loin de notre système solaire. Sa cupidité le ronge à petit feu, sur terre l’humanité s’éteint peu à peu. Il décide alors de s’envoyer lui-même et son vaisseau sans but précis dans l’espace. Il s’écrase sur une planète d’un autre système solaire suite à une maladresse qui n’est en fait qu’une sombre tentative de suicide maquillée. Il découvre alors…alors…alors… J’arrête de vous triturer le cerveau avec ce psychodrame. Voyons de suite ce que Grant et Kenny nous proposent côté musique. Attachez vos ceintures le vaisseau décolle. Il décolle sur un lointain souvenir avec « L’Eau Du Papineau ». Une longue introduction avec des bruitages industriels agrémentés de sons issus de la nature. Il démarre à la minute et demi avec une guitare acoustique et un rythme percussif pour garder une belle fraîcheur naturelle. La tenue de la voix est juste parfaite avec un léger trémolo.

«Scarden Valley» s’ouvre à nous avec un complexe jeu de piano et un chant jouant volontiers avec une voix de tête bien maîtrisée. Le tout restant dans une apparente simplicité, un titre fabuleux qui retient toute mon attention. Je le place dans la catégorie « petit bijou ». «The Rosedale » n’est pas en reste avec une guitare rythmique très complexe jouant avec malice sur les syncopes de la batterie et autres trucs de dingue, notamment avec la ribambelle de « tom » que le batteur glisse de-ci de-là pour apporter une sacré couleur sur un métal rock très aérien. Nous passons ensuite sur un « Kipling Forest» qui ne fait pas dans la dentelle et vous accoste avec un métal lourd ponctué par un pont / refrain virant de cap pour nous plonger dans un superbe rock progressif. Dans le déroulement de la composition nous replongeons à nouveau dans un métal saignant où même notre glorieux Francis Zegut en frémirait de plaisir.

«The Mill » est sans nul doute un des titres les plus accrocheurs, techniquement, une belle débauche d’énergie, et pourtant, surement, le moins attrayant avec une impression de déjà entendu dans les autres compositions. Passons cet orage, et venez-vous détendre avec le court interlude que propose «Mandating Our Perception» une intro piano qui se fond dans une longue nappe (merci le sustain), puissante et profonde. C’est le moment de notre cour de yoga ou de séances de sophrologie, respirons profondément et découvrons la transition parfaire avec un petit solo de batterie pour vous mettre directement dans le bain de «Sawbreaker ». Par la suite les codes du métal entrent en jeu avec une guitare saturé au riff ténébreux. Dans cette complainte musicale la voix joue sur diverses palettes et se partage entre le solo de la guitare et le synthé. Nos tympans sont aiguisés, de même que notre cortex cérébral, par cette créativité indécente. Avec une approche très folk, «Extensive Knowledge » nous emporte dans une mélodie fraîche et joyeuse et le jeu à l‘unisson entre la guitare et la partie rythmique ravira nos oreilles.

Et nous voici sur le titre «Solar Gift » pour conclure l’album. Histoire de nous repaître nous sommes en présence de 13 minutes de « régalade ». Une belle intro percussion batterie guitare, une voix qui flirte par moment avec celle du Sieur Geddy Lee (le Basseu de RUSH ndlr) des passages de voix où l’on titille un growl bien maîtrisé…A mi-chemin, une nappe de notes de piano nous immerge dans une ambiance mélancolique d’où jaillit une vocalise sensuelle, ponctuée par des percussions qui donnent le frisson. Les trois dernières minutes nous entraînent dans un surprenant style très voisin d’une forme de free jazz métal. C’est osé, mais bingo, ça le fait grave.

Que dire de Jupiter Hollow…En premier lieu, c’est un groupe incroyable qui se moque des codes musicaux et autres préceptes comme de l’an 40. Relativement inclassable, même si nous avons une dominante métal progressif, les deux lascars se complaisent à casser les convenances et vous immergent dans de suaves nuances musicales au gré de leurs folies créatrices. Grant et Kenny sont des musiciens d’un très bon niveau avec une créativité sans limite, et j’ai pris un immense plaisir à écouter moult fois leur album en écrivant cette chronique. Pour les musiciens avertis, ‘votre bonne oreille’ vous fera découvrir les détails qui font la différence. Une galette qui part avec moi sur mon île déserte !

Formation du groupe

Grant MacKenzie / guitare, basse, synthé - Kenny Parry / chant, batterie, synthé, piano

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