Pangea e le tre Lune

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(4.7 sur 5) / Black Widow Records
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Rock Progressif

Apparu au début des années 70, Il Cerchio d’Oro faisait donc partie des pionniers de ce qui constitue un sous-genre reconnu comme tel par les spécialistes, à savoir le Rock Progressivo Italiano. Ce parfait mélange d’influences classiques (souvent symphoniques ou baroques), mais aussi de jazz, de hard rock, et bien sûr l’incontournable chant en italien, la langue universelle de la musique, en font quelque chose d’unique. De plus les italiens semblent aussi disposer d’un sens inné du lyrisme et du théâtre !

Revenons à notre combo italien, qui attendra tout de même l’an 2005 avant de publier un premier album. Pangea e le tre Lune constitue le 5ème opus du groupe. J’avoue humblement n’être en rien un connaisseur du RPI, mais il m’arrive évidemment d’en écouter, notamment lorsqu’un ami (prénommé Michel) m’envoie un lien et m’enjoint toute affaire cessante de découvrir ce groupe dont je n’avais jamais entendu la moindre note. Si je regarde la discographie du groupe il est intéressant de constater la présence des éléments eau, air et feu, suggérés dans les titres des trois précédents albums. Il est donc logique d’aborder l’élément terre avec Pangée (dotée ici de 3 lunes), mais qui nous ramène également à notre propre passé (le supercontinent qui existait il y a quelques centaines de millions d’années).

La musique commence de la plus belle des manières avec l’intro rêveuse de « Pangea » à la flûte et au piano, et l’entrée de la magnifique voix italienne. La musique s’épaissit peu à peu au son de l’Hammond et de la guitare, avant un passage où le piano swingue sans retenue. La suite enchaine les moments calmes et d’autres plus éruptifs. Bref, un grand moment de prog symphonique à l’italienne ! Un motif lancinant et répétitif à la guitare lance « Alla Deriva » avant une nette accélération et l’arrivée du chant de Piuccio Pradal. Les motifs a cappella descendants à l’orgue donnent de belles respirations à une musique de nouveau très inventive et riche de nombreuses ruptures. Et puis on repart à la dérive sur un ostinato reprenant les éléments du début…

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Je parlais de lyrisme plus haut, en voilà un superbe exemple instrumental en duo violon et mellotron pour ouvrir « Dialogo ». La suite, plus nerveuse et inattendue, lance un thème remarquable. Le violon très présent dans tout le morceau, se paye un final dans les hauteurs permises par la chanterelle. La noblesse musicale et l’inventivité de « Le Tre Lune », vous ne les trouverez qu’en Italie. Où ailleurs trouver cet équilibre entre luxuriance et délicatesse, entre grandiose et simplicité ? Le chœur masculin final sur des simples harmonies en mode majeur est juste parfait ! « Dal Nulla Così » démarre sur un rock vitaminé, avant que ne sorte de nulle part un surprenant et très dansant riff à la guitare. Un solo de guitare très expressif et une mélodie au Moog terminent de belle manière le travail.

« E La Vita Iniziò » aborde des paysages sinon plus sombres, du moins en demi-teintes. Les vocaux plus graves ajoutent une mélancolie à l’ensemble. Les passages de témoins entre la délicate guitare et la fureur de l’orgue font leur petit effet, avant de terminer sur un long accord mineur. Et pour clore, un petit morceau bonus, « Crisi ». Il s’agit en fait d’une reprise d’un ancien morceau datant des années 80 (*). Ce hard rock qui n’a évidemment pas grand-chose à voir avec ce qui précède, reprend brièvement vers la fin le riff bien connu de « Smoke On The Water » !

On ne peut qu’admirer le talent des italiens d’Il Cerchio d’Oro, que ce soit au niveau de l’écriture musicale ou de la virtuosité. Quant à moi, il me reste à découvrir toute leur discographie et à vous recommander con calore ed entusiasmo de vous plonger dans l’univers chatoyant de Pangea e le tre Lune (**) !

(*) https://www.youtube.com/watch?v=nExFa4yfXd8

(**) Disponible notamment sur Deezer, Spotify, …

Formation du groupe

Piuccio Pradal : chant, guitare - Guiseppe Terribile : basse, chant - Gino Terribile : batterie, chant - Massimo Spica : guitare, choeurs - Franco Piccolini : claviers - Avec: Ricky Belloni : guitare électrique - Donald Lax : violon - Tolo Marton : guitare électrique

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