The Voyage Of Starflight J-5

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(4.8 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif Rock Symphonique

Moins d’un an après son précédent « Tales Of The Magi », Mark Jeffrey Dye alias Elysian Fields, revient en quelque sorte à une de ses passions d’étudiant : l’astronomie / astrophysique. Si vous avez quelque attirance pour la physique, quoi de mieux en effet que les sciences du cosmos pour s’évader et rêver ? Ajouter à cela un sens musical que Mark n’a plus à démontrer et vous obtenez « The Voyage Of Starflight J-5 – A Rock Oratorio », oratorio se référant à une composition d’essence vocale mêlant orchestre et chœurs, sans oublier bien sûr le rock progressif.

En ce qui concerne l’orchestre, nous avons affaire à une véritable orchestre symphonique moderne avec tous ses pupitres cordes, bois, cuivres, percussions (particulièrement fournies). Côté chœurs, nous avons 8 voix (4 masculines et 4 féminines). Vous ajoutez un Steinway et quelques autres claviers, guitares, basse, batterie … Composer un oratorio d’une heure, c’est un gros travail. L’orchestrer pour un tel dispositif, ça relève de ce que j’appelle un travail de bénédictin. Mais jouer toutes les parties instrumentales et vocales soit même, à part bien sûr la voix féminine confiée à Adrienne Anastasia, les qualificatifs me manquent ! Un chiffre qui résume tout : 20 heures de travail pour chaque minute de musique mise en boite.

Quand on dit oratorio on pense évidemment aux grands modèles classiques de Bach et d’Haendel (Oratorios et Passions pour l’un, Le Messie pour l’autre) où la splendeur musicale le dispute au grandiose. En ce qui concerne le rock, si le genre fourmille d’opéra-rocks, je n’ai pas connaissance d’un album-concept se référant à l’oratorio. Basé sur un livret (en fait une nouvelle de SF) écrit par Mark lui-même, on s’attend à une musique fortement typée, emphatique et lyrique, avec des fortes résonnances néo-classiques. « The Voyage Of Starflight J-5 » se présente donc comme une longue suite musicale en 4 actes.

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Le premier acte intitulé « The Travel » narre le voyage intersidéral vers Stargroup 185. Il faut dire qu’en 2976 l’humanité est entrée en contact avec des extraterrestres. Une visite s’impose. On démarre par 2 mn de sonorités étranges au synthé – qui a dit que l’hyperespace était harmonieux ? Et puis une mélodie se met peu à peu en place, encore légèrement inquiétante avant un thème jubilatoire (un des thèmes récurrents de l’œuvre). Après cette ouverture de belle facture arrive un premier moment de lyrisme avec l’entrée en scène du personnage de Joel Kraemer, commandant de bord qui déroule son monologue chanté, dans un style flirtant avec les meilleures productions de comédies musicales américaines. Après un rappel à l’orchestre et aux synthés des sonorités du début, un dernier passage choral assez débridé amène à une fin apaisée et aérienne.

L’acte 2, « A Tale Of Two Worlds (Tai) » du nom de la planète sur laquelle nous sommes arrivés met en scène un nouveau personnage, féminin cette fois. La musique prend un ton pastoral. Un dialogue s’installe entre Joel Kraemer et Cliastrace, reine des lieux. Puis apparaît un troisième personnage, le premier officier Minnard. On réentendra des thèmes venus du premier acte avant une coda instrumentale que je qualifierai de spatiale : on y entend différents instruments, essentiellement bois et percussions sur une longue tenue au synthé.

Pour l’acte 3, « A Tale Of Two Worlds (Konta) », nous changeons de planète et la musique se fait plus riche en contrastes. Cela débute d’ailleurs par une sorte de chant guerrier (façon All Blacks !) avant l’arrivée d’un chant aérien qui n’est pas sans rappeler Jon Anderson. J’apprécie particulièrement le passage où chante le personnage de Joel vers 26’ (de la piste unique telle qu’on la trouve sur Youtube ou Deezer). Mélodiquement et harmoniquement parlant c’est juste superbe ! On réentendra d’ailleurs ce magnifique passage quelques minutes plus tard. On quitte la planète en réécoutant un des grands thèmes cycliques de l’œuvre et un ultime chant guerrier des Kontas, avec solo de batterie et sons électroniques.

On passe au dernier acte, « Welcome Home? », le plus développé des quatre avec près de 20’. Il s’agit pour nos deux principaux navigateurs interstellaires de rentrer sur notre bonne vieille Terre, mais chacun au bras l’un d’une Tai, l’autre d’une Konta. D’où le question mark… On repart d’ailleurs sur les sonorités et les thèmes du premier acte. Le développement musical se poursuit, à l’occasion quelques harmonies vocales prennent des tonalités jazz, et peu après 40’, on se régale d’un petit passage au piano quasi-mozartien. Comme il se doit la fin est lumineuse et grandiose. Les histoires d’amour finissent mal en général ? Et bien non pas toujours !

Avec ce « Voyage Of Starflight J-5 » Mark Jeffrey Dye s’est lancé dans une aventure musicale franchement audacieuse. Le cahier des charges disait rock oratorio et rock oratorio il y a, avec ce que cela suppose de néo-classicisme et de néo-romantisme, de grandeur et d’emphase des thèmes musicaux, le tout dans un cadre de musique rock moderne. Personnellement je trouve que Mark a parfaitement réalisé cette synthèse musicale. Les vocalistes sont excellents, peut-être auraient-ils pu être plus nombreux !? Quoi qu’il en soit il suffit de se laisser porter par le souffle épique et romantique de la musique et profiter de cette richesse instrumentale. En clair, j’adore !

Formation du groupe

Mark Jeffrey Dye - chant, tous les instruments -- Adrienne Anastasia - chant

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