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(4.2 sur 5) / Electric Bush Project
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Rock Electronique Rock Progressif Rock Psychédélique

Dans une autre vie, j’ai fait mon service en Allemagne, ce qui au passage m’a permis de découvrir de nombreux artistes du progressif et bien d’autres encore dans l’orfèvrerie du métal. J’étais basé pas très loin de Karlsruhe…. Bon quel rapport avec la choucroute, et par la même avec l’auteur me direz-vous ?

Et bien, Johannes “Big J” Neu, est natif de Karlsruhe, et franchement ça crée de suite des liens. Quoi qu’il en soit, penchons-nous sur l’artiste qui nous présente son troisième opus solo.

Le premier titre « Retreat from the Word » déboule pour 10 minutes, et immédiatement les premières mesures me laissent penser à un gros clin d’œil à Steven Wilson. Un titre qui aime les mélanges de genres que « Big J » n’hésite pas à saupoudrer de rock électronique, voire même d’une petite boucle de « Techno » pour casser la routine. C’est carrément séduisant comme approche, sans doute surprenant, mais surtout d’une originalité bien trouvée, d’autant que Johannes avec sa fragilité vocale renforce cette composition. Voilà une belle mise en bouche qui nous met en appétit.

Cela donne le ton et je fonce vers le deuxième bonbon, « Gotten Into ». Une batterie bien binaire, bien électronique à souhait, un synthé en arrière-plan et une voix agrémentée d’une space reverb, et nous voilà embarqué dans les méandres de cette douce mélodie morcelée par des guitares ponctuelles qui nous transportent d’émotion. Avec « The Thirst Is Us » nous abordons un titre qui reprend les principes utilisés par ailleurs, hormis cette ligne de basse esseulée arrivant au bout d’une minute, remarquablement progressive jusqu’au bout de la tierce, et encore une composition qui accroche bien. Gouleyante et bien charpentée.

Derrière une ligne de basse bien chaloupée nous trouvons sur « The Whistle Blows » un chant un peu plus présent ou du moins plus mis en avant qui d’ailleurs me rappelle par moment la voix de Neil young. Un refrain et un pont rageur casse le côté ‘plan-plan’ du titre. On file quand même sur du prog psyché bien léché, qui tout au long de ces 8 minutes nous propose une immense palette de couleurs bien subtile et variée.

Vient ensuite « Insecure » qui nous ramène dans une ambiance plus feutrée, plus calme et limite apaisante. Une jolie comptine me direz-vous ? Non ! Tout simplement une jolie ballade piano, voix et une guitare qui parachève le mouvement.

Finissons le tour du propriétaire avec, « Story of a Man Who Turns Back Time ». Alors oui, c’est un titre à rallonge, mais prenez le temps de l’écouter, car c’est 24 minutes d’un délire orgasmique tout azimut qui vous attend. Franchement, vous pensiez que le sieur « Big J » allait vous laisser partir avec un petit truc pour boucler l’album ? Honnêtement, j’étais le premier à le penser et grosse erreur de ma part. L’homme-orchestre est généreux et il a envie d’un partage gargantuesque. Une composition finale qui enferme plusieurs actes, tel un mini opéra rock, tout droit inspirés du livre « The Man Who Never Had Luck » de Brandon Q. Morris (alias Matthias Matting) écrivain allemand dans un domaine de prédilection celui de la science-fiction. Un titre qui raconte l’histoire d’un homme avec une vie constamment marquée par une ribambelle de malchance. Il exploite la possibilité de remonter le temps, pour changer le cours de l’histoire, et donc de sa vie.

La composition vous fait transiter par diverses tranches musicales au gré de l’aventure. En plus de passer un bon moment, nous ne pouvons que nous incliner devant la palette d’émotions que l’on reçoit en pleine poire. Un petit chef d’œuvre !

Que dire de plus…9 ans après « Duality » Big J nous offre une belle bouteille musicale à déguster sans modération. J’espère très humblement que nous allons, dans un laps de temps plus court, revoir et entendre cet artiste talentueux aux influences marquées Porcupine / Floyd.

Formation du groupe

- Big J / chant principal, clavier, guitare, batterie, basse, programmation, production, ingénieur du son, coffee machine…

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