Altitude

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Amis d’un rock progressif mélodique et magnifiquement harmonisé, c’est ici que ça se passe ! C’est un peu par hasard il y a quelques années que je suis tombé sur le premier album de Lifesigns datant de 2013. Un peu à la manière d’un Asia, les thèmes mélodiques vous accrochent quasi instantanément. Cependant à la différence d’Asia, la musique est nettement plus développée et sophistiquée. Ecoutez plutôt la longue piste finale de ce premier album, « Carousel », qui est pour moi l’archétype du style musical caractéristique de Lifesigns. Le second album, « Cardington » a lui aussi tenu toutes ses promesses et nous voici donc devant « Altitude », pour lequel John Young, le maître d’œuvre du groupe, accessoirement compositeur, claviériste et chanteur, et son ingénieur du son, Steve Rispin, ont semble-t-il eu quelques difficultés liées au contexte un peu particulier de l’année 2020. En effet, avec des musiciens dispersés façon puzzle, le processus d’enregistrement et de production en a été quelque peu complexe comme on l’imagine. Qu’à cela ne tienne, le résultat est là comme on va le voir !

Le titre éponyme nous place d’emblée dans les hauteurs avec le chant aérien de John Young, tandis que batterie puis claviers viennent peu à peu intensifier la musique. Après 5 mn de musique généreuse, on passe en mode adagio et piano qui donne à entendre violon et violoncelle, puis l’orgue. Plus loin une courte vocalise féminine relance la machine et on reprend un peu de volume et d’harmonies généreuses avant le decrescendo final qui donnera à réentendre quelques incises au violon. Je n’ai pas vu passer ce premier 1/4 d’heure !

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La deuxième piste, « Gregarious », 3 fois plus courte que la précédente, est plus proche du format Asia, joliment fait, un peu pop progressif. « Ivory Tower » déroule son tempo calme avec le chant tout en douceur, accompagné par la guitare acoustique et les synthés. Et puis au bout de 4’30 la batterie et la basse viennent donner du coffre. « Shoreline » renoue avec un prog grandiose à la U.K., avec une mélodie et un style harmonique immédiatement reconnaissables : c’est bien du Lifesigns, et du meilleur. On peut dire à peu près la même chose de « Fortitude » (*).

Si Paris valait bien une messe un certain 25 juillet 1593, « Arkhangelsk » (la ville de l’archange), joyeux port de pêche russe, vaut pour 1 minute d’atmosphère planante au synthé. Plus sérieusement, il s’agit en fait d’une intro au superbe « Last One Home », nouveau morceau de bravoure, et à nouveau du très grand Lifesigns. Un mid-tempo, encore une mélodie chantée qui fait mouche sur un accompagnement de piano en accords répétés, et un passage couplet en mode mineur / refrain en mode majeur qui fait toujours son petit effet. La fin lumineuse portée par des chœurs mellotronesques est juste parfaite ! On aurait pu en rester là, mais une courte et dispensable reprise de la première piste « Altitude » clôt définitivement l’album.

Dave Bainbridge et John Poole déjà présents sur « Cardington », ainsi que le nouveau venu Zoltán Csörsz, complètent ce quatuor de haut vol qui perpétue avec brio la longue lignée du prog symphonique anglais. Somptueux !

(*) à ne pas confondre avec bravitude, le célèbre néologisme prononcé en Chine en 2007 par une candidate à l’élection présidentielle française.

Formation du groupe

John Young : claviers, chant - Dave Bainbridge : guitare - Jon Poole : basse, chant - Zoltán Csörsz : batterie Avec: - Robin Boult : guitare acoustique (3) - Peter Knight : violon (1) - Juliet Wolff : violoncelle (1) - Lynsey Ward : chœurs

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