FLARE

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(4.3 sur 5) / Bella Union
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Jazz-Rock Rock Progressif Rock Psychédélique

La jeune et prometteuse formation britannique Plantoid est de retour pour un second album (le “sophomore” comme disent les anglo-saxons). Voici donc, deux ans après le très réussi Terrapath, la nouvelle livraison du trio de Brighton : FLARE. Il représente à la fois une confirmation et une évolution pour le groupe. Le mélange y est détonnant : on retrouve toujours cet assemblage subtil de Rock Progressif, de Jazz Rock et de Psychédélisme, avec des touches d’Indie Pop ou de Math Rock. Écrits dans un désir de raccourcir leur durée en les centrant autour du chant principal, les 9 titres de FLARE proposent une matière innovante et contemporaine qui joue avec les standards et affirme ainsi sa dimension progressive. Élément central du son du groupe, la voix de Chloe Spence captive. Expressive, perchée dans les aigus, capable d’acrobaties jazzistiques, elle évoque les voix douces et suaves de la Bossa Nova tout en gardant une profondeur mélancolique pouvant évoquer Beth Gibbons du groupe Portishead.

L’album s’ouvre sur le riff frénétique inattendu de “Parasite” qui peut faire penser à Black Midi, avant qu’un groove plus délicat ouvre la voie pour la douce voix de la chanteuse principale nous plongeant dans une ambiance hypnotique. Effet tangible des efforts concentrés par Plantoid sur les aspects mélodiques, celle de “Ultivatum Cultivation” est d’une redoutable efficacité, sans parler des envolées surprenantes sur le refrain. On y retrouve la patte un peu plus “Classic Pop-Rock” du groupe. Son final instrumental est également un témoignage du processus de création du groupe à partir de jam sessions génératrices d’idées pour des chansons abouties. Sur “The Weaver”, l’instrumentation jazzy se fait plus discrète encore pour laisser le champ libre à la voix de Chloe Spence , mi-Sade, mi-Björk.

C’est sur une rythmique faussement 80s (entre “Footloose” et une LinnDrum à la Prince) que s’ouvre “Dozer”, démonstration sur 6 minutes de la palette d’expressions du groupe. “Good For You” suit une évolution tant rythmique que sonore qui sort, une fois encore, des sentiers battus et confirme la capacité du groupe à jouer avec une complexité maîtrisée. Cette complexité penche du côté harmonique sur “Worn” pour une incursion vers la Dream Pop aux arrangements subtils. L’écriture de “Splatter” fut un challenge pour Plantoid : une durée inférieure à 3 minutes de frénésie exploratoire pour un résultat concis et original. A l’inverse, “Slow Moving” est beaucoup plus posé mais semble manquer d’aspérités. Le titre de clôture “Daisy Chains” vient heureusement remettre une pièce dans la machine. On y retrouve sur un peu plus de 7 minutes les montées et descentes émotionnelles qui font la signature du groupe.

L’effet de surprise du premier album Terrapath avait joué à plein, faisant de Plantoid un porteur prometteur de la nouvelle scène britannique. Indéniablement, le groupe a mûri et a cherché une orientation plus conceptualisée de sa musique. FLARE est un habile équilibre entre une frénésie instrumentale maîtrisée, mais engagée et une douceur vocale imperturbable. Sans nul doute, un groupe à suivre.

Formation du groupe

Chloe Spence : Voix, Guitare - Tom Coyne : Guitare - Louis Bradshaw : Batterie

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