Titres
- Preceding 03:14
- The Trauma 05:17
- Families are Forever 07:49
- Conflating Memories 06:59
- The Malevolent (feat. Ross Jennings) 03:25
- Ghosts of Yesteryear 06:17
- Waving at the sky 12:19
J’ai un attachement particulier pour le groupe Norvégien AVKRVST (Rappel : pour la prononciation, remplacer les V par des U, cela donne quelque chose comme “Owkreust”). En effet, leur précédent et premier album ‘The Approbation’ fut l’objet de ma toute première chronique pour ProgCritique en 2023. Les deux potes d’enfance Simon Bergseth et Martin Utby sont donc retournés dans leur cabane au milieu de la forêt pour donner un digne successeur à ce premier disque réussi, et nous proposent aujourd’hui ‘Waving at the Sky’ sous la forme de 7 titres pour une durée totale de 45 minutes auquel j’ai eu accès avant sa sortie officielle le 13 Juin (un grand merci à Birgit Wolters de chez Oktober Promotion).
Même s’il marque une évolution tangible dans l’écriture et l’interprétation, ce nouvel album s’inscrit dans la continuité du premier, et ceci pour plusieurs raisons : déjà, le line up est parfaitement identique; ensuite, le style musical reste ancré dans un Metal/Rock Progressif inspiré par quelques grands noms du genre comme Porcupine Tree, King Crimson ou Opeth, voire Radiohead; enfin, la thématique particulièrement sombre de l’histoire trouve un lien direct avec celle du premier opus puisque l’homme solitaire qui perdait la raison sur ‘The Approbation’ est l’un des personnages de ‘Waving at the Sky’. La narration est inspirée d’un fait divers ayant particulièrement marqué les deux musiciens lorsqu’ils étaient jeunes, à savoir l’histoire de deux familles voisines maltraitant d’abord leurs propres enfants, avant d’en faire autant avec les enfants de l’autre. Pas très joyeux tout ça, et cela est assez bien retranscrit dans la lourdeur inquiétante de la musique du groupe.
Celle-ci est parfaitement illustrée à l’entame de “Preceding” par son riff d’intro chirurgical entrecoupé d’accords de claviers qui s’enrichissent peu à peu pour appuyer le sentiment d’angoisse. Quelle bonne idée de laisser ensuite la basse envoyer le riff principal, complexe, lourd et groovy à la fois. Une entrée en matière solide qui se poursuit sur des passages plus aérés et lumineux, intégralement instrumentaux, si ce n’est quelques mots parlés sur la fin, extraits du procès de l’affaire en question.
“The Trauma” assure la continuité en conservant le style Metal Prog très “rentre-dedans”. Ce n’est qu’après plus de 2 minutes qu’apparaît le chant (clair) de Simon Bergseth qui exprime son amplitude sur le refrain accrocheur. Le groupe démontre également sa capacité à incorporer des ruptures, ici à la guitare acoustique, pour garantir une parfaite dynamique sur toute la durée du titre. Sur les toutes dernières secondes à noter l’apparition très brève du chant “growl” (je dis ça pour les allergiques).
L’intensité retombe avec la presque-ballade “Families are Forever” et ses superbes lignes de basse. La fausse quiétude est brisée par de nouvelles touches de “growl”, comme pour mieux nous rappeler l’horreur de la situation malgré les apparences. Le titre contient également des instants quasi “Floydiens” portés par les claviers de Martin Utby. Ce titre est une impressionnante réussite de Prog moderne faisant le pont entre Pink Floyd et Opeth.
Arpège de guitare acoustique et “Rimshot” : j’adhère complètement au démarrage de “Conflating Memories”. Ici le petit truc “dérangeant” qui nous ramène à la réalité est matérialisé par une flûte légèrement dissonante, où l’on comprend que les garçons ont été bercés par King Crimson.
Une intro de batterie à la Nicko McBrain, et c’est parti pour “The Malevolent”, pièce maîtrisée de Metal Progressif au format single avec en invité spécial nul autre que le frontman de Haken, Ross Jennings.
Ca envoie encore plus les Watts sur le début de “Ghosts of Yesteryear” avec une rythmique Basse/Batterie en feu. Après 2 minutes, autre salle, autre ambiance, pour un développement à tendance psychédélique qui m’a fait songer (j’ignore pourquoi) à “The Fool On The Hill” des Beatles. A nouveau, le morceau offre une belle dynamique avec des relances par un solo de guitare hyper mélodique ou des riffs full Metal.
Long épic de 12 minutes et pièce maîtresse du disque, “Waving at the sky” clôt l’histoire. Le morceau, splendide et progressif à souhait, tente d’apporter une lueur d’espoir dans cet univers sombre avec ses ruptures, arrangements luxueux, harmonies aventureuses, et en reprenant le thème du 1er titre “Preceding”, bouclant ainsi la boucle. C’est une magnifique démonstration du groupe qui pourrait donner une indication quant à sa future orientation.
Avec ce second disque, AVKRVST progresse et parvient à nous surprendre, ce qui est plutôt bon signe pour la suite. ‘Waving at the Sky’ est une œuvre riche, précise, travaillée, qui, sans renier les évidentes influences du groupe, apporte un léger vent de nouveauté sur la scène progressive. J’espère juste que les musiciens vont de temps en temps s’exposer au soleil au bord de la mer pour retrouver la lumière et chasser la noirceur de leur inspiration.
Formation du groupe
Simon Bergseth : Compositeur, Guitares, Basse, Voix - Martin Utby : Compositeur, Batterie, Claviers - Øystein Aadland : Basse, Claviers - Edvard Seim : Guitares - Auver Gaaren : Claviers
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