Titres
- Echo Of Silent Place (1:18)
- Earth Song (7:57)
- End Of The Anger (8:45)
- Green Eyes (11:10)
- Reality Of Dreams (7:24)
- Never Again (7:56)
- Silent Place (12:12)
Groupe français, Rennais pour être précis, dont j’avais salué le premier album, Four Inches sorti en fin 2021, Pryzme a pris quelques temps pour proposer son Opus 2. Durant ce laps de temps le groupe à un peu changé de configuration puisqu’autour des deux chanteurs / guitaristes Dominique Blanchard et David Chollet, on note l’arrivée de Lucas Planque à la batterie et de Benoît Toquet à la basse. On se souvient évidemment de l’album précédent qui nous proposait un prog bien enlevé mâtiné de blues, jazz-rock, hard rock. Alors quoi de neuf du côté de la capitale de la Bretagne ?
Un court prélude, « Echo Of Silent Place », nous fait entendre le bruit sourd de la terre avant qu’elle n’entame son chant : fréquences graves, motif de basse obsédant, un gros riff de quelques notes … Le temps se suspend un moment et arrive « Earth Song » :nouveau gros riff hard rock, et puis la mélodie s’installe avec le chant, en solo ou en duo. Il s’agit d’une fable écologique puissante et sans concession vis-à-vis du genre humain.
Globalement inscrit dans le registre prog metal, « End Of The Anger » joue de plus avec bonheur la carte funky. Les mélodies vocales solaires contrastent avec un accompagnement instrumental puissant et souvent rageur. Un court break vocal a capella à la Gentle Giant vient épicer un temps le discours musical. La coda instrumentale est éblouissante !
Premier morceau de grande envergure, « Green Eyes » est une fresque sonore qui débute dans la délicatesse du trio guitare acoustique, voix et basse. Le thème, véritable leitmotiv qui parcourt le morceau, tourne inlassablement autour de deux accords, laissant tour à tour les passages chantés et les plages instrumentales broder la mélodie. Un beau moment de musique !
Quant à « Reality Of Dreams », il me fait d’abord penser à U.K. (premier album), c’est dire une fois de plus si c’est du tout bon ! La musique se veut ici plus légère et se teinte nettement de jazz-rock. La maîtrise vocale et instrumentale est parfaite.
« Never Again » nous ramène sans complexes au hard rock type Deep Purple ou Black Sabbath. Mais le développement musical qui suit l’intro est plus complexe et alterne ambiances floydiennes et même canterburiennes qui n’ont plus grand-chose à voir avec ces deux monstres des seventies, sauf la conclusion qui reprend là où le morceau avait commencé.
Pour terminer, « Silent Place » nous offre généreusement 12 minutes de musique riche et variée. Des notes graves répétées laissent place à un passage où prédominent guitare et voix et qui m’évoque le rock sudiste d’un Lynyrd Skynyrd. La suite prend une tournure plus légère et funky tout en ramenant de temps à autre le thème / riff de guitare qui sert de fil rouge à l’ensemble du morceau, et qui conclut le tout avec autorité. Ce morceau à lui tout seul démontre la belle maîtrise du groupe en ce qui concerne le mélange blues, hard-rock, jazz-rock.
Si le vrai n’est pas toujours aisé à démêler du faux, je ne crois pas affabuler en prédisant un beau destin musical à Pryzme. True stories… And Other Lies (*) offre tout ce que j’aime dans le rock progressif dont le succès réside dans l’équilibre entre complexité musicale et instrumentale, et accessibilité mélodique. Et avouons-le, l’intégration de différents styles de musique dans les morceaux et un sacré plus ! Well done.
(*) https://pryzme.bandcamp.com/album/true-stories-and-other-lies
Formation du groupe
Lucas Planque - Batterie Benoît Toquet – Basse/Chant Dominique Blanchard – Guitare/Chant David Chollet – Guitare/Chant
