Titres
- Par Les Fils De Mandrin (4:48) )
- Au Café Du Colibri (4:02)
- Ainsi S'en Ira La Pluie (6:08)
- Autour Du Feu (3:06)
- Saltimbanques (4:15)
- Des Yeux Couleur D'Enfants (4:20)
- Atlantis "les Géants De La 3e Lune" (5:05)
- Hymne À La Vie (9:44) : 8. Cantique (4:15) 9. Procession (3:52) 10. Hymne (1:37)
Publié chez Philips en 1976, ‘’Par les Fils De Mandrin’’ célèbre son cinquantenaire cette année !
‘’Il y a une complexité et en même temps une limpidité dans la musique et dans les textes qui font que Ange ne ressemble à aucun autre groupe’’ (Michel Buzon, journaliste et auteur compositeur). En tout état de cause, cette si attachante formation emmenée par les frères Décamps, fut (et restera) fidèle à ce vivant répertoire qui dans sa théâtralité, prenait toute sa dimension sur scène. Entre réalité et imaginaire, il mariait la poésie des textes de Christian à la préciosité de ces morceaux savamment écrits et arrangés par les uns et par les autres. Après que ‘’Emile Jacotey’’ lui eût offert sa véritable consécration populaire, le groupe belfortain se retrouva à la fin du printemps (mai/juin 76) à Paris au studio des Dames, sessions au cours desquelles le quintette franc comtois reçut les visites amicales des membres de Taï Phong ou encore de Daniel Balavoine dont le groupe Présence venait de se séparer. A noter un seul changement au sein du line up : l’éphémère batteur Guénolé Biger (futur Négresses Vertes) venait d’être remplacé en février par Jean-Pierre Guichard, ex-membre de Divodorum aux côtés du guitariste Christian Beya qui de son côté, avait rejoint Atoll (autre formation iconique de ce courant français).
‘’Moi, Destin, en ce jour du 21 juin 1976, je décide d’écrire l’incroyable aventure qui arriva à la bande dont je faisais partie…/…’’. Ce ‘Destin’ incarné par un Christian Décamps symbolisé en clown accordéoniste sur scène, annonçait en effet, l’œuvre la plus conceptuelle de Ange. Au sein du groupe, comme il l’a lui-même expliqué, jamais auparavant, le travail collectif et la concertation n’avaient été poussés aussi loin qu’ici. ‘’Par Les Fils De Mandrin’’, finalement peu lié à l’histoire du légendaire contrebandier isérois, mettait en scène chaque membre du groupe affublé d’un sobriquet, autour d’une communauté itinérante de forains, ‘’saltimbanques’’ et bandits de petit chemin. Dans une atmosphère champêtre, l’orgue au son si emblématique de Francis Décamps introduisait le morceau-titre, avant que la rythmique et un riff de Jean Michel Brezovar ne viennent lui donner une impulsion électrique et ‘tullienne’ autour du chant de Christian Décamps. Dans sa construction et ses textes, ‘’Au Café du Colibri’’ ajoutait sa part de fantaisie tandis qu’’Ainsi s’en ira La Pluie’’ s’inscrivait complétement dans une tradition à la fois narrative et théâtrale, ce feu sacré que partageaient Christian et Francis avec leurs trois compagnons…
Dans ‘’Autour Du Feu’’, le bassiste Daniel Haas associait une guitare acoustique à celle de Jean-Michel Brezovar tandis que le batteur Jean-Pierre Guichard passait à l’harmonica autour d’ambiances folk qui évoluaient vers un entrainant et inattendu final de musique gitane. ‘’Saltimbanques’’ renouait avec ces ambiances festives de danses moyenâgeuses particulièrement chères à Gryphon, avec à la fin, une évocation de Gargantua, clin d’œil possible à Gentle Giant. Mélodique, accrocheur, sur un tapissage d’orgue, synthé ARP et du fameux mellotron utilisé pour la première fois dans cet album par Francis Décamps, avant le solo final de Jean-Michel Brezovar, ‘’Des Yeux Couleur d’Enfants’’ figurait en face B du morceau-titre sur le single promotionnel de l’album. Cette chanson était co-écrite par les frères Décamps, comme la suivante, ‘’Atlantis Le Géant de la 3ème Lune’’. Cette septième et mystérieuse avant dernière plage s’inspirait d’un livre de Denis Saurat (‘’L’Atlantide Et Le Règne Des Géants’’ paru aux éditions J’ai Lu dans la série ‘L’aventure mystérieuse’). Mais l’indéniable pièce de résistance du disque était placée en fin de répertoire. Grand classique des concerts du groupe par la suite, ‘’L’Hymne A La Vie’’ (Christian Décamps/Jean Michel Brézovar) dont le titre résumait en soi l’esprit et le sens profond de cette histoire, était une pièce tripartite plus dépouillée dans son obsédante répétition de thèmes portés par des arpèges de guitare acoustique (‘’Cantique’’), de fines nappes de claviers auxquelles Jean-Michel Brezovar ajoutait quelques motifs de flûte (‘’Procession’’) avant son dénouement électrique soutenu par le duo Jean Pierre Guichard/Daniel Haas.
Ici encore, on ne peut parler de ce cinquième album sans évoquer sa pochette dont la partie extérieure fut pour la dernière fois réalisée par Philippe Huart. En effet, Phil Umbdenstock qui, jusque-là, ne s’était chargé que des volets intérieurs, allait devenir dès l’opus suivant, l’illustrateur exclusif, ’’le pictural angélique et l’ami de toujours’’ pour citer Christian Décamps lui-même dans la préface du livre ‘’Ange En Images’’ paru en mai 2010. ‘’Par Les Fils De Mandrin’’ conforta la position d’un groupe au sommet de son art et de sa créativité en ce milieu des années 70, un double disque d’or qui se vit également décerner le Grand Prix de l’Académie Charles Cros. Par ailleurs, comme l’avaient déjà fait avant eux, leurs homologues italiens PFM avec deux de leurs albums, il fut édité en 1977 dans une version anglaise (‘’By The Sons Of Mandrin’’) traduite par Michael Quatermain (également présent au chant sur les deux dernières plages). Au cours de la même année, Ange mit le feu au Palais des Sports parisien les 25 et 26 mai avec une emblématique setlist dont une partie fut significativement enregistrée sur le double album ‘’Tome VI’’ qui incluait en prime un inédit (‘’Le Chien, La Poubelle et La Rose’’). On pourra largement encore associer à cet âge d’or du groupe, l’album ‘’Guet-Apens’’ en 1978 même si ce sixième opus souffrait les départs du désormais absent (et regretté) Jean-Michel Brezovar, et de Daniel Haas, respectivement remplacés par Claude Demet et Gérald Renard.
‘’Par les fils de Mandrin’’ (remasterisé uniquement au Japon chez Mercury en Janvier 2013) fut réédité comme sa version anglaise, par Musea sur CD en 2003. Côté revisites en Live de ce répertoire, Musea a également publié en 2003 ‘’En Concert Par Les Fils de Mandrin Millésimé 77’’, puis en 2006 par l’actuel personnel du groupe, mais toujours autour de Christian, le DVD ‘’Live Tour 2003-2004 Par Les Fils De Mandrin’’.
Formation du groupe
Christian Décamps : chant, piano, accordéon, guitare acoustique - Jean-Michel Brézovar : guitare, flûte - Francis Décamps : orgue, synthétiseur, Mellotron - Daniel Haas : basse, guitare acoustique - Jean-Pierre Guichard : batterie, percussions, harmonica