Titres
- Humanize (6:07)
- All Around Me (9:03)
- 1st Of May (3:34)
- I Wish I Had A Boat (5:41)
- Dustgod (5:04)
- Dreamdance (4:49)
- Why Do I Still Sleep (7:55)
- Indian Summer (5:12)
En Janvier 1996 paraissait chez Record Heaven, l’album ‘’Indian Summer’’.
Formé au début des années 90 par le chanteur Patric Helje, le guitariste Reine Fiske, le claviériste & mellotroniste Simon Nordberg et la section rythmique composée du bassiste Stefan Dimle et du batteur Jonas Lidholm, Landberk fut l’un des grands acteurs du renouveau progressiste scandinave dont Kaïpa, Dice (à ne pas confondre avec leur homonyme allemand) ou encore Ragnarök, pour n’évoquer que la Suède, avaient posé les premiers jalons pendant l’âge d’or des seventies. En 1992, année particulièrement marquante, comme Änglagard avec le très remarqué ‘’Hybris’’, ils publièrent leur premier album (‘’Riktigt Äkta’’) dans un registre ‘heavy prog’ intégralement chanté dans leur langue. S’ils puisaient également de manière assez significative, leurs influences auprès des groupes britanniques comme King Crimson ou encore T2 (dont ils firent une reprise du ‘’No More White Horses’’ de Peter Dunton) autant que dans le folk de cette région du monde, contrairement à Änglagard ou à Anekdoten (avec ‘’Vemod’’ l’année suivante), leur style était d’un abord moins complexe ou alambiqué, mais plus dépouillé et accessible ; au fil des quatre années suivantes, il allait également emprunter à d’autres courants musicaux, comme le montra davantage ‘’One Man Tell’s Another’’(1994), troisième album du groupe si l’on compte ‘’Lonely Land’’, version anglaise de ‘’Riktigt Äkta’’. Si les influences 70s de King Crimson étaient certes encore présentes notamment dans les textures sombres portées par une guitare électrique acérée et une lourde basse (‘’Kontiki’’), Landberk savait mêler rocks progressif et alternatif à la façon d’un Porcupine Tree sur ‘’Time’’ notamment. Cet album plus abouti offrait déjà quelques pièces étonnantes comme ‘’Mirror Man’’ qui prenait au passage quelques accents jazz. Il dessinait surtout déjà les contours de cette signature sonore si particulière au groupe, à l’instar de l’envoûtant ‘’Remembrance’’ et des neuf minutes du paisible et onirique ‘’Valentinsong’’. Ces deux morceaux, en particulier, allaient faire une transition idéale avec le chef d’œuvre suivant, cet été indien (car enregistré semble-t-il, en Septembre 1995) qui exhalait ces senteurs typiquement scandinaves.
Ces climats à la fois froids et enveloppants cherchaient cette fois des influences du côté de la cold wave au temps du label Factory, et notamment du groupe Joy Division. Nul besoin de longs solos ni développements instrumentaux pour toucher le coeur et l’esprit, mais une mélodie prégnante véhiculée par le chanteur et portée par un rythme hypnotique dans le minimalisme de nappes de claviers (orgue, synthés et mellotron) de quelques effets (échos, réverbération) et du brillant guitariste Reine Fiske jouant de quelques distorsions, saturations (‘’Humanize’’ et ‘’All Around Me’’) et utilisant ponctuellement un archet. Appuyé cette fois par la basse de Stefan Dimle et par de subtils arrangements, ‘’I Wish I Had A Boat’’ était une pièce d’une grande beauté formelle offrant à cet album son pic de mélancolie. Si dans son chant et son timbre de voix, Patric Helje fut souvent, et logiquement comparé à Bono, les deux pièces énergiques ‘’1st Of May’’ et ‘’Dustgod’’ évoquaient U2 (toute première période) jusque dans la mélodie et ces sonorités emmenées par une six-cordes que l’on pourrait croire par moments jouée par The Edge. ‘’Dreamdance’’ était encore une plage entraînante dans un registre de rock alternatif tandis que ‘’Why Do i Still Sleep’’, le plus long du répertoire, retrouvait les climats paisibles, langoureux et planants des premiers titres. L’album se refermait sur son morceau titre introduisant à la guitare acoustique des paysages sonores atmosphériques proches des productions ECM (Pat Metheny (premier album), Ralph Towner, Terje Rypdal…).
La séparation de ce groupe éphémère au cours de cette même année 1996 après seulement quelques concerts, reste entourée de mystère. En 1998, Reine Fiske et Stefan Dimle rejoignirent le projet Morte Macabre pour un unique mais excellent album (‘’Symphonic Holocaust’’) aux côtés de deux membres d’Anekdoten (Nicklas Barker -alias Nicklas’ Berg’- et Peter Nordins). Puis ils formèrent le groupe Paatos en Août 2000 avec le claviériste Johan Wallen, et le couple Netternalm (Petronella au chant et Ricard à la batterie) ; le premier album ‘’Timeloss’’ parut en 2002. Reine Fiske s’associa par la suite à de nombreux projets dont The Guild, Motorpsycho ou encore Molesome avec Mattias Olsson (Änglagard, White Willow). Simon Nordberg se tourna quant à lui, vers la production.
‘’Indian Summer’’ fut réédité et remasterisé (enfin!!) en vinyle en Février 2024 (chez Landberk Records) accompagné d’un livret de 12 pages donnant un éclairage sur l’histoire du groupe. Toutefois, l’illustration de pochette était différente, dommage, car esthétiquement inférieure à l’originale, bien qu’elle fût encore réalisée par la même Camilla Flink (également auteure d’une partie des textes de l’album).
Formation du groupe
Patric Helje : chant - Reine Fiske : guitares - Simon Nordberg : claviers, producteur - Stefan Dimle : basse - Jonas Lidholm : batterie Avec : - Sara Isaksson : chant (7) - Lotta Johansson : scie musicale (1) - Sebastian Öberg : violoncelle (4)
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