The Book Of Hours

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(4.3 sur 5) / Laser's Edge
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Rock Progressif

Pour cette chronique nous partons à la découverte d’un nouveau projet musical, celui du norvégien Kay Olsen. Avant de parler musique et musiciens, intéressons au nom passablement étrange de ce nouveau venu sur la scène progressive norvégienne. Agropelter, qu’est-ce donc ? Renseignement pris on dénomme ainsi une créature mythique quoique peu sympathique, inconnue dans les régions tempérées européennes qui nous occupent puisqu’originaire des immenses forêts du Maine à l’Oregon. Il semblerait que ladite créature s’amuse entre-autres à bombarder de branches les voyageurs imprudents. Pour les férus de taxonomie, et je sais qu’ils sont forts nombreux à lire nos pages, la dénomination binomiale de la créature en question serait Anthrocephalus craniofractens.

Côté musique, le chef de projet est donc Kay Olsen, spécialiste des claviers de toutes sortes, analogiques comme numériques, allant des Mellotrons et orgues d’églises ou clavecins, à l’orgue Hammond et autres Minimoogs. Il pratique aussi guitare et basse. Vous vous apercevrez assez vite à l’écoute que l’album The Book Of Hours est entièrement instrumental, et s’appuie sur un collectif impressionnant de musiciens, comme par exemple Jonas Reingold, sans parler de ceux qui tiennent les pupitres des bois (flûte, basson) et des cordes (violoncelle, contrebasse), soit une douzaine d’instrumentistes au total. Au passage vous y retrouverez d’autres noms tels Mattias Olsson (percussion, mellotron), Andreas Sjoen (batterie), ou encore Jordi Castella au piano classique. Avant même d’avoir entendu la moindre note, voilà qui interpelle quelque peu et dénote un projet ambitieux !

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Kay Olsen

On débute avec « Flute of Peril », une courte introduction à la flûte, guitare acoustique et bruits de vague. C’est plutôt paisible, du moins jusqu’à l’apparition de puissants accords d’orgue. Puisqu’on terminait l’intro dans le grandiose, on continue dans le même ton avec « Levitator », un bon vieux néo-prog mélodique façon Pendragon ou Arena, hommage aux paysages norvégiens entre mer et granit. A la mi-temps un passage rêveur et empreint de douceur nous réjouit de sa tonalité majeure ensoleillée, avant de laisser l’orgue conclure dans une ambiance brumeuse. « Burial Mound » reste dans une ambiance sombre, et c’est une superbe basse fretless qui lance son chant mélancolique au-dessus de longues tenues d’accords du synthé.

Après cette mise en bouche courte mais percutante et très variée musicalement, on aborde le cœur de l’album avec la longue suite éponyme en quatre parties, « The Book Of Hours ». La première partie, la plus longue, débute sur une musique néoclassique d’inspiration baroque. Mais le ton monte vite quand une basse lourde et rythmée prend la direction des opérations. Plus loin c’est la batterie qui rejoint le mouvement pour un heavy prog superbe et généreux. Un grand climax et puis plus rien … Quelques accords de piano, d’abord timides et puis plus percutants, relancent la machine. Les accords deviennent arpèges et mettent sur orbite un trait de synthé plutôt véloce. Nouvelle interruption avant le final et son magnifique Mellotron. Pas mal du tout !

La deuxième partie s’ouvre sur les incomparables sonorités de l’orgue Hammond. Beaucoup de synthé dans ce morceau, que ce soit pour assurer le tissu harmonique ou pour les soli. Le tout sonne comme certains passages de Rick Wakeman.

La troisième partie débute par un beat entrainant, soutenant une agréable mélodie, mélodie reprise plus tard dans un passage d’ambiance classique / baroque. Le final est très percutant avec ses effets de chœur à la Carmina Burana.

La dernière partie revient à l‘esprit néo-classique dont on a déjà eu quelques exemples auparavant, à grand renfort de clavecin cette fois. Un léger reproche de ma part en ce qui concerne le développement harmonique un peu statique à mon goût. La dernière section fait de nouveau la part belle au Mellotron, synthés et orgue d’église pour le mot de la fin.

Claviers analogiques et numériques sont ici à l’honneur et forment la base musicale de The Book Of Hours (*), sans omettre la guitare, basse et batterie qui ont également une grande importance dans cette belle œuvre musicale que je qualifierais de poème symphonique. J’apprécie aussi grandement la qualité de l’inspiration musicale de Kay Olsen, sa vision d’une musique plutôt dynamique et mélodique, et son esprit de synthèse qui font de ce premier album un savoureux mélange d’ancien et de moderne. Bref du prog symphonique de haute qualité !

(*) https://lasersedge.bandcamp.com/album/the-book-of-hours

Formation du groupe

Kay Olsen : guitares, claviers leads, orgue d'église, basse - Avec : Andreas Skorpe Sjoen : batterie - Mattias Olsson : percussions, overdubs, mellotron, ambiances - Jonas Reingold : basse Fretless - Jordi Castella : piano à queue - Eli Mine : clavecin - Norlene M : violoncelle - Eileen Antu : contrebasse - Luis Vilca : flûte alto - Hannah Danets : flûte - Jivago : basson - Edgar Asmar : duduk

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