Friendship

Par

(4.8 sur 5) / Melodic Revolution Records
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Rock Progressif

Quand on a le talent quoi de mieux que la musique et pour célébrer et partager une amitié entre musiciens ? C’est justement l’objet de l’album Friendship dans lequel les connaisseurs retrouveront dans les titres proposés une récapitulation de l’œuvre de Martin Springett, au travers d’anciens albums solos ou plus récemment via son Gardening Club. C’est notamment dans ce dernier que la collaboration avec la saxophoniste Wayne Kozak a pris son plein essor. Il y a semble t’il un certain temps que l’idée de cet album-compilation a été conçue. Il reste à ajouter que la disparition récente du saxophoniste canadien, tout juste avant la sortie de Friendship, donne une résonnance toute particulière à ce travail.

Le voyage vers le passé remonte carrément jusqu’en 1970 pour un « Only Son » qui met en musique un poème de Kipling. Ce morceau constitue une étrangeté à bien des égards, dont le fait que bien que composé par Martin Springett, ce dernier ne jouait pas sur l’enregistrement d’origine. L’atmosphère musicale est également étrange : les longues tenues de notes, un chant lancinant, les sonorités parfois étranges … Une (belle) curiosité quoi ! Les trois courts morceaux qui suivent proviennent d’un album solo paru en 2015, intitulé Diving Into Small Pools. « Warm Bloods » et « Thieves And Poets » permettent d’apprécier les passes d’armes entre Martin au chant et Wayne au sax, chacun dans leur style particulier et très reconnaissable, le tout dans un blues rock moderne. Quant à « Caves and Cathedrails » il laisse libre court au sax et à sa déchirante mélopée.

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Wayne Kozak

« Tears at the Matinee », provenant de l’album The Riddle, nous emmène cette fois sur le territoire aisément identifiable du Gardening Club. C’est par l’album « Boy on a Bike » que j’avais découvert l’univers musical (et graphique) de Martin, assurément une des meilleurs surprises de mon « job » de chroniqueur ! Voilà une bonne occasion de réentendre « For A Moment » qui déroule son discours mélodique sur fond de guitare acoustique, de volutes de saxophone et d’une belle ligne de basse, rythmée à souhait.

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Martin Springett

Nous arrivons à « I Dream You », un bijou mélodique et rythmique (à 5 temps), et quelle émotion ! Peut-être le morceau le plus fort composé par Martin. « Moon of Madness », présent sur l’album éponyme, reprend le style ballade anglaise cher au Gardening Club. Le duo piano / sax à l’œuvre sur « Sliver of Silver » nous offre un pur et magnifique moment de jazz contemplatif. « Rain On The Rooftops », est un court intermède acoustique, qui prend sur la fin d’intéressants accents jazz.

« Tricksters », aux sonorités plus sombres et plus dures, nous réserve toutefois une fin plus aérienne avec une ligne de sax particulièrement inspirée. Quant à « Strange Kingdom », nous voilà revenus au bon vieux temps du R&B de Steely Dan. Un régal ! Et pour terminer, l’émotion de Martin est évidemment palpable lorsqu’il enregistre « Friendship (For Wayne) », un magnifique poème superposant guitares et voix en forme d’adieu … Un peu de jazz, un soupçon d’Anthony Phillips, et l’immense talent de musicien de Martin Springett !

Friendship (*) n’a pas été conçu comme un best of, mais bien pour témoigner de l’intense collaboration et amitié de deux musiciens dont l’un à, hélas, rejoint la scène musicale céleste … Le choix des morceaux retenus fait évidemment la part belle à Wayne Kozak, mais il rend aussi hommage à l’immense talent de compositeur de Martin Springett. Puisqu’on parle ici d’amitié et de collaboration, on ne m’en voudra pas de citer également Kevin Laliberté et Norm Macpherson, éminents contributeurs à la magie sonore du Gardening Club. Il n’en demeure pas moins que cet album constitue une merveilleuse récapitulation d’une longue et riche carrière, et qui s’est accélérée ces dernières années, la discographie en témoigne. Longue vie à Martin Springett et à ses amis !

(*) https://thegardeningclub.bandcamp.com/album/friendship

Formation du groupe

Martin Springett : chant, guitares, basse, boucles - Wayne Kozak : saxophone ténor, saxophone soprano - Robbie King : claviers (1) - Eddie Patterson : guitare (1) - Doug Edwards : basse (1) - Howie Vickers : chant (1) - Sean Drabitt : basse fretless (5, 6, 8, 11) - Norm Macpherson : claviers (5, 12), guitare slide (12) - Denise Withnell : chant (6) - Kevin Laliberte : programmation de batterie (7), claviers (8), basse (10), solo de guitare (11) - Thomas Kinzel : piano acoustique (9), claviers (10) - Peter Dowse : basse électrique - Morry Stearns : piano électrique.

🌍 Visiter le site de Wayne Kozak Martin Springett →

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