Mr October And The Moon Of Madness

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(5 sur 5) / Melodic Revolution Records
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Rock Progressif

A peine terminée la chronique de l’excellent Bridge Of Spirits, le Gardening Club, sous la houlette de son jardinier en chef Martin Springett, me fait remettre le couvert pour cette nouvelle sortie, Mr October And The Moon Of Madness. Il est vrai que la réalisation d’une chronique prend quand même bien moins de temps que la conception et la réalisation d’une œuvre musicale.

Si on reconnait immédiatement les graphismes de Martin qui accompagnent toujours les productions du Club, on est d’abord un peu surpris par le côté inhabituellement sombre du style et des colorations adoptées. Il est vrai que le titre lui-même fait un peu Dr. Jekyll et de M. Hyde !

Si Bridge Of Spirits regroupait astucieusement des morceaux déjà édités en EP ou singles, Mr. October est entièrement nouveau et pour tout dire, surprenant ! Le style musical très particulier et très reconnaissable du Gardening Club est évidemment présent, mais à un prog d’inspiration anglaise (sans oublier de nombreuses incursions du côté du flamenco) , Martin Springett a ajouté une bonne pincée de jazz-rock, et croyez-moi, ça groove !

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D’ailleurs démonstration en est faite dès l’entame des aventures de Mr. October et de Ludmilla, « London Streets » est un prélude d’inspiration nettement jazz rock, pour décrire des rues de Londres plutôt colorées ! On fait connaissance avec « Mr. October », présenté par la voix caractéristique de Martin. Il s’agit d’un long poème mélancolique très élaboré, alternant passages chantés et intermèdes instrumentaux de haute qualité, le tout accompagné d’une batterie très éloquente.

« Moon Of Madness », archétype du style musical du Club, est un régal pour les oreilles. Cela nous vaut aussi de belles volutes du sax de Wayne Kozak qui se substitue peu à peu au chant tout en délicatesse de Martin. Un court intermède instrumental, « Tears In The Moonlight » voit Kevin Laliberté égrener un chant plaintif à la guitare, sur un motif harmonique quasi immuable. « Rain On The Rooftops », calme ballade acoustique, prend sur la fin des accents jazz du plus bel effet.

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« Fallen Moon Child », assez concis avec son balancement rythmique syncopé, se termine comme il a commencé sur un long accord de ré majeur d’une infinie douceur. « Sliver Of Silver », composé par et pour le duo piano / sax Thomas Kinzle et Wayne Kozak, s’évade du style du reste de l’album pour un pur moment jazz de grande intensité émotionnelle (*). Sur les bords embrumés de la Tamise, Mr. October se souvient …

Entrée en scène de « Ludmilla », d’abord dans un style très genesien et qui prend son envol sur le refrain, dans un élan très théâtral. Pièce magnifique ! Une courte reprise de « Rain On The Rooftops » pour la scène finale entre Mr. October et Ludmilla clôt magistralement l’album.

Une fois de plus Martin Springett et ses complices du Gardening Club nous gratifient d’un album superbement réalisé et d’une grande poésie musicale. Plutôt que d’un album-concept, il faut parler ici d’une comédie musicale (musical comme disent les américains) dans laquelle la musique, très expressive et théâtrale, traduit le jeu et le sentiment des acteurs. De plus, les touches nettement jazzy ajoutées à la musique sont un pur régal. Il ne reste plus qu’à vous installer confortablement pour assister à la Première (**) de Mr October And The Moon Of Madness !

(*) Ce morceau me rappelle le très beau « Elegy For Trane », de l’album Freetime de Spyro Gyra (1981).

(**) https://thegardeningclub.bandcamp.com/album/mr-october-and-the-moon-of-madness

Formation du groupe

Drew Briston : Basse fretless - Thomas Kinzle : Claviers - Wayne Kozak : Saxophone soprano - Kevin Laliberté : Programmation batterie, claviers, basse, orchestrations - Martin Springett : Guitares, chant

🌍 Visiter le site de A Gardening Club Project →

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