Mycelium Days

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(3.9 sur 5) / Apollon Records
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Rock Progressif

Pour cette nouvelle année, le boss m’a confié la tâche d’écrire un article sur l’album Mycélium Days du groupe Yobeprus. J’vous dis pas comme j’étais sec sur ce groupe, que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam.

Le patron insiste en m’expliquant d’un ton paternel et rassurant, « tu vas voir c’est très bon ». Bon, et bien si le chef est serein, lâchons nous dessus comme un Vampire en manque de sang de première fraicheur. Pour avoir fouillé un peu partout sur la toile, je découvre un premier album « Blakc Mould » sortie en 2017. Ecoutons donc, dans le détail, le deuxième opus de nos Norvégiens et lisons les runes dans les entrailles du sillon du vinyle…

Pour le premier titre (presque) éponyme « Mycelium », on attaque l’ascension par un titre de pas moins 22 Minutes. Cette copieuse fresque musicale commence par un long moment de nappes planantes, dans un registre très adapté à la musique lounge et autres détentes « yogaesque ». Les couleurs et nuances changent au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les méandres techniques de ce titre, et aussi bien le progressif que le coté psychédélique sont à l’honneur, en fonction de l’émotion que les auteurs veulent faire passer. Franchement on ne ressent pas de longueur tant le morceau et divinement ficelé.

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Sur le titre suivant « What if…» une guitare acoustique, une voix, 1 minute de pur folk et puis on décolle dans une rythmique guitare batterie qui rappelle furieusement un titre du groupe U2. À l’arrivé le progressif est encore présent avec une composition qui accroche bien. Avec « Down » on reprend la recette précédente, guitare acoustique / voix, et une allure folk pour partir vers un grunge endiablé. L’effet « toi prendre ça très bon »  se confirme, c’est vraiment très bon pour nos oreilles. Et en plus il se paye le luxe de nous faire atterrir en douceur pour le final.

Le petit clavier qui fait irruption sur « Step Up » plante le décor d’une complainte mélancolique. Il est vrai que l’effet Leslie couplé à un phasing renforce cette impression, tel un morceau bien construit, le titre prend du volume et de l’ampleur ponctué de petits effets électroniques. Ces dédales de divers sons en aucun cas nous perdent, tout au plus un détournement d’attention, le temps que la magie opère et vous arrivez à la fin, trop simple, trop rapide, qui vous fait dire « flute » déjà !

Nous arrivons benoitement sur « Wangari », voilà de prime abord un titre bizarre, allons-nous avoir un hommage à Wangari Maathai prix Nobel de la paix en 2004 ?… D’après ce que j’ai compris non, pas du tout, une recherche de la vérité au plus profond de notre âme, d’une muse d’antan, de notre vie dans l’illusion digne de « Matrix » ? Musicalement, on triture du « art rock » dans un concept art et essais. Un tempo lent, des accents lugubres et de-ci de-là des dissonances de claviers pour nous heurter. A l’arrivée, sous des faux airs déstructurés, le titre peut en surprendre plus d’un, mais tout est calculé avec raffinement.

Nous finissons le tour de l’album avec « Piao », s’ouvrant sur un piano jouant mineur, rejoint pas une voix tout en sensualité, des synthés derrière pour grossir le son. Une émouvante façon de nous dire au revoir et à bientôt.

Eh bien ! c’est une agréable surprise que cet album, des fois je me demandais comment on faisait pour devenir chef, en effet, tel Iznogood , j’ai toujours voulu piquer la place du Boss. J’ai aujourd’hui la réponse il faut de la connaissance et du flair et, hélas, je n’ai pas ces notions en stock. Ces Norvégiens nous offrent un album très subtil musicalement. Certains devront peut-être repasser par la case réécoute, mais pour peu que vous fassiez l’effort et que vous soyez patient, la fleur qui s’ouvrira vous émerveillera. La qualité du mixage et des arrangements est superbe. A l’image de la pochette, cela semble simple mais complexe dans le détail.

Formation du groupe

Mats Jørgen Sivertsen : chant principal, guitare, clavier - Vegard Weyergang Vartdal : basse, clavier, voix - Øyvind Rognerud : Clavier, guitare - Paal Urdal : Batterie - Invités : Leon Muraglia : Guitare

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