B1nary Dream

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(4.4 sur 5) / Frontiers Music
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Métal Progressif

Voici un excellent album de Métal Progressif que, personnellement, je n’ai pas vu venir. Turbulence est un groupe originaire du Liban formé il y a une dizaine d’années, et qui publie son troisième opus ‘B1nary Dream’. Ce concept album raconte l’histoire de la transformation d’un robot nommé “8b+1” à travers un processus expérimental appelé “Binary Dreaming”. Celui-ci lui permet d’évoluer de machine inanimée vers créature dotée de sensibilité. Cela est bien entendu une interprétation métaphorique des interrogations internes de l’être humain, de la recherche de sa propre voie et de la confrontation à l’environnement social. Musicalement, le groupe est clairement ancré dans le Métal Progressif, doté d’un niveau technique requis pour ce genre, mais qui vient surprendre via des éléments émotionnels, des influences Djent, Fusion ou orientales.

Les cinq premiers titres s’enchaînent les uns avec les autres, constituant un genre de suite qui débute avec “Static Mind”, courte introduction à l’instrumentation épurée comportant quelques éléments orientaux et qui gagne en intensité avant de débouler sur “Theta“ . Là c’est parti, rythmique Djent complexe (le boulot basse-batterie est juste fou), chant habité avec l’ajout de quelques secondes voix bienvenues, solo de guitare qui allie shredding et mélodie. Puis, un “breakdown” très marqué vient volontairement briser la dynamique avant de repartir sur un final à la rythmique bien lourde. Le petit motif de fin du morceau précédent est repris sur le court instrumental qui suit “Time Bridge” : montage rythmique complexe, riff qui tue, claviers aériens, complètement ma came! Et on enchaîne sans faiblir sur un second instrumental du même acabit, “Manifestations”, qui dépasse les 6 minutes. Amoureux de Dream Theater, vous vous sentirez très à l’aise dans cette pure folie Métal Prog, où les musiciens font une démonstration enflammée de leur talent. Cette première partie s’achève avec “Ternary” signant le retour du chant dans une ambiance apaisée. A noter les chœurs, très beaux, et ce petit solo de guitare d’Alain Ibrahim au son si soyeux. Le titre monte peu à peu en intensité permettant au batteur Morgan Berthet (Myrath) de s’exprimer de la plus belle des manières.

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Binary Dream” est le morceau de choix de l’album. Cet “épic” de 14 minutes contient absolument tout ce que l’on peut attendre de ce type de format. Un départ en mid-tempo (ce son de basse!) sur lequel se développe un build-up extrêmement riche, puis c’est l’enchaînement de ruptures, de refrains efficaces, de démonstrations instrumentales,… A noter le superbe passage oriental joué par un instrument que je ne saurais reconnaître autour des 8 minutes, ainsi que le passage chant / orgue vers les 10 minutes. Difficile d’enchaîner après un tel morceau de bravoure. C’est pourtant ce que parvient à faire l’énergique “Hybrid” qui penche clairement du côté Heavy Metal. Il comporte un break aux sonorités assez inattendues ainsi qu’un solo de guitare à la mélodie volatile. “Corrosion” est la ballade du disque, l’arpège de guitare y est très beau avec toujours une légère touche orientale, et le chant émouvant, en particulier lorsque Omar El Hage monte vers les aigus. L’album s’achève sur un nouvel instrumental “Deerosion”, qui est une grande réussite, parvenant à faire passer une belle émotion malgré l’absence de chant.

Ce ‘B1nary Dream’ est clairement un album de Métal Progressif de grande classe qui rivalise sans peine avec les mastodontes du genre. Il est clair que l’album a été grandement travaillé, en particulier au niveau de sa construction, du développement dramatique de l’histoire et, bien entendu, de l’écriture et de l’interprétation des membres du groupe. Je le rapproche, peut-être du fait de la similarité de voix des chanteurs, de l’album de TEMIC publié il y a quelques semaines dans son style et sa charge émotionnelle. Avec le très attendu retour des Maîtres de Dream Theater, cette année pourrait être un très grand cru pour le Métal Progressif.

Formation du groupe

Omar El Hage : Chant - Alain Ibrahim : Guitares - Anthony Atwe : Basse - Mood Yassin : Claviers - Morgan Berthet : Batterie

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