The Machinery Of The Heaven

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(4.4 sur 5) / Head In The Door Records
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Rock Progressif

Le moins que l’on puisse dire à propos de John Irvine, c’est qu’il est un artiste tout à fait éclectique, voyez plutôt (liste non exhaustive) : guitariste classique de formation, titulaire d’un PhD en composition musicale de l’Université d’Edimbourg, compositeur de musique pour le théâtre, auteur de trois nouvelles de SF, enseignant … et bien sûr créateur à l’été 2011 du John Irvine Band. Pour ce 4eme opus du groupe, « The Machinery Of The Heavens », la formation se réduit à un duo avec le batteur écossais Rich Kass, et John se chargeant du reste.

Dans le veine de ses trois prédécesseurs, « The Machinery Of The Heavens » est solidement enraciné dans la progressive fusion. On pense bien sûr en premier lieu à Bruford, Holdsworth,pour ne citer qu’eux. Allez, je tente aussi un Pat Metheny au rayon des influences. Certains passages et tournures musicales me font aussi penser au Billy Cobham des années mi-80, voire au Chick Corea Electrik Band de la même période, ceux-ci étant quand même plus jazz et moins prog que le John Irvine Band, qui sait parsemer son discours de beaux changements de tempi et d’atmosphères qui surgissent çà et là, en particulier sur les pistes les plus longues.

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John Irvine

« Dark Skies », nettement plus coloré que son titre ne le laisse entendre, démarre sur les chapeaux de roue et lance un thème particulièrement accrocheur que l’on entendra plusieurs fois durant les 8’20 de cette somptueuse ouverture. Du pur jazz rock de grande qualité. « …And How Much For The Robot? », plus électro, nous dispense une basse particulièrement profonde. « Dangerous Notes » et « Take It From The Edge » sont justement les pistes qui me rappellent le plus le panaméen et l’américain cités plus haut. J’aime particulièrement la guitare de « Take It … ».

« Gadzook » est une sorte de très court scherzo déjanté et hyper rythmé, qui débouche sur un « (Across) Lunar Fields » plus calme et assez grandiose. De temps à autre une puissante basse et autres fulgurances aux synthés viennent rappeler que les paysages lunaires contiennent aussi quelques escarpements. Je ne sais pas exactement à quoi fait référence John avec son explosion du passé (« Blast From The Past »), mais au vu du titre et du thème général de l’album, on peut s’attendre à un grand bazar cosmique du type supernova ou carrément le Big Bang. Musicalement parlant ça reste raisonnablement sous contrôle avec une belle puissance aux claviers et à la guitare, mais sans agressivité.

Long de près d’un quart d’heure, le titre éponyme sort allègrement des canons du jazz rock et démarre sur un thème grave et inquiétant, presque menaçant. Après trois minutes et demie de heavy prog, vient un passage lent en accord brefs répétés sur lesquels s’appuient un motif particulièrement mélancolique au synthé, repris plus loin à la guitare. La musique s’amplifie et une rythmique bien martelée s’installe qui vient encore ajouter à la tension. Et peu avant 9 minutes, contraste total avec une musique désincarnée traitée sur le mode minimaliste / répétitif. Sur un motif rapide et obsédant tournant sur 2 notes, une étrange mélopée lente faite d’accords non résolus vient ponctuer le discours. Et sur un ultime accord, on termine dans le vide sidéral …

Si John est avant tout un guitariste, les claviers et synthés sont largement à la fête dans cet album particulièrement réjouissant. Voilà du jazz-rock progressif instrumental moderne et de haute volée comme on aimerait en entendre plus souvent, fait d’arrangements complexes, de thèmes accrocheurs, d’une rythmique implacable, pour un album parfaitement réalisé et mixé. John Irvine au sommet de son art !

Formation du groupe

John Irvine : guitare, claviers, basse - Rich Kass: batterie

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