Titres
- When It's the Season (8:13)
- Games (4:07)
- St. John's Avenue (7:47)
- Circle (5:31)
- Last Chance (3:46)
- The Gulf of Knowledge (9:57)
Publié chez Warner Bros en septembre ou octobre 1976, ‘’Windows’’ célèbre son cinquantenaire !
Alors que le premier album (sans titre) de Taï Phong paru un an plus tôt, avait été bouclé en une vingtaine de jours, ce même quintette prit en revanche quelques mois entre janvier et mai 1975 au studio IP, pour enregistrer ce second effort sous la présence bienveillante, une fois encore, du producteur Jean Mareska. Si les vocaux bénéficiaient à présent d’une meilleure qualité sonore, une place plus large était allouée à l’instrumentation pour laquelle on procéda notamment à de nombreux overdubs (guitares en particulier). S’étant lui-même chargé de la prise de son (s’agissant de son premier métier aux studios Barclay) Khanh Mai se souvient : ‘’Lorsqu’on arrivait en studio, j’allumais le magnéto 24 pistes à bandes magnétiques et j’enregistrais le Mi du grand piano Steinway à queue. On s’accordait donc d’après ce piano. Pourquoi ?…J’avais remarqué que les magnétos à bandes ne tournaient pas à la même vitesse lorsqu’ils étaient froids ou chauds. En général, la nuit, ils tournaient plus vite et les notes étaient légèrement plus hautes. C’est comme cela qu’on était toujours juste…’’ (interview pour Progcritique / juillet 2026).
Dans un format rigoureusement identique au premier opus (une quarantaine de minutes réparties sur six plages), le répertoire de ‘’Windows’’ avait également été écrit au cours de la même période par les uns et les autres, avant d’être sélectionné ici parmi une abondante matière qui laissait d’ailleurs encore plusieurs de leurs compositions en déshérence. Jean-Jacques Goldman dont on identifiait rapidement le chant haut perché (qu’il eût d’ailleurs préféré en langue française…), avait signé ‘’When it’s The Season’’, un premier morceau démarrant dans la fébrilité d’un riff particulièrement nerveux, puis s’apaisait dans son développement (après 3 minutes) autour de sonorités atmosphériques et floydiennes dans un heureux et harmonieux mariage entre l’électrique et l’acoustique.
Single de l’album, le slow ‘’Games’’ devait être le nouveau tube du groupe, mais n’a malheureusement pas accroché le public comme le fit son prédécesseur ‘’Sister Jane’’ également composé par Khanh Mai dans l’album précédent. Avec son frère, il avait en outre signé et arrangé ‘’St John’s Avenue’’ qui s’inscrivait pleinement dans la tradition progressiste symphonique anglaise et italienne par la suavité de ses textures : nappes d’orgue, synthé & mellotron, solos aériens de guitare électrique, harmonies vocales… Nous pouvions presque encore rattacher à ce courant, ‘’Circle’’ porté avec la même esthétique par le claviériste Jean-Alain Gardet, auteur de ce quatrième morceau. Taï Sinh, quant à lui, avait composé les deux derniers morceaux. ‘’Last Chance’’, était une ballade folk emmenée par un chant se situant quelque part entre Paul Simon et Graham Nash. Somptueuse pièce majoritairement instrumentale refermant l’album, ‘’The Gulf Of Knowledge’’ en était également la plus longue. Après une introduction aux couleurs asiatiques, installée par le gong et le marimba, ses dix minutes baignaient, au son des synthétiseurs et de quelques arpèges de guitare, dans des paysages sonores planants voire cosmiques, proches ici, de ceux du groupe lyonnais Pulsar. Bien que plus abouti que le premier album en termes de production, et malgré une critique très favorable (sans dithyrambe) de la presse spécialisée (Hervé Picart pour Best et Jean-Marc Bailleux dans Rock & Folk), ‘’Windows’’ n’en connut malheureusement pas le même succès commercial, une situation s’expliquant, en partie tout au moins, par l’émergence du punk en 1977.
Après les départs de Taï Sinh et de Jean-Alain Gardet remplacés respectivement par Michael Jones et Pascal Wuthrich, ‘’Last Flight’’ (1979), ultime collaboration de J.J. Goldman et dernier volet de la trilogie Warner, clôturait cette mémorable première époque du groupe. A l’aube du millénaire suivant, Khanh Maï reforma Tai Phong avec son batteur Stephan Caussarieu et de nouveaux membres et invités pour l’album ‘’Sun’’ (2000). Dans ce registre du rock progressif, à l’exception d’un public marginal et éclairé, ce n’est assurément pas en France que le groupe a pu trouver une véritable reconnaissance, mais à l’étranger (en particulier au Japon) où ‘’Dragons Of The 7th Seas’’ (2023) fut d’ailleurs élu meilleur album de l’année. Taï Phong qui, avec Magma et Ange, reste finalement l’un des derniers groupes français toujours actifs après un demi-siècle, publiera cet automne, son nouvel opus studio ‘’The Legend’’, un concept album qui devrait agréablement surprendre le public de cette formation si attachante.
Formation du groupe
Khanh Mai : chant, guitare - Taï Sinh : chant, basse, guitare acoustique, claviers - Jean-Jacques Goldman : chant, guitare - Jean-Alain Gardet : claviers - Stephan Caussarieu : percussions, batterie
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