Taï Phong

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(5 sur 5) / WEA
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Rock Progressif

Taï Phong (du nom mnémotechnique signifiant ‘typhon’, ou littéralement ‘grand vent’, en vietnamien) avait été formé à Paris trois ans plus tôt par Khanh Mai (guitares, chant) et son frère Taï Sinh (basse, chant). Leur père, ancien Ministre vietnamien de la Défense, avait du fuir leur Pays à cause de ses positions dissidentes contre la guerre Nord/Sud avant de s’installer à Paris. Khanh Mai pratiqua d’abord le piano à partir de 10 ans avant de découvrir la guitare avec les Shadows que son premier groupe, les Monsoons, allait reprendre (en particulier ‘’Apache’’). Ingénieur du son aux studios Barclay, il était tout autant que Taï Sinh (employé de banque à l’époque), fan invétéré des grandes formations anglaises (Yes, Pink Floyd, King Crimson…). Ils s’étaient entourés du claviériste Jean-Alain Gardet, du batteur Stéphan Caussarieu et d’un certain Jean-Jacques Goldman (chanteur, guitariste & violoniste) recruté au cours de leurs répétitions qui se tenaient assidûment, plusieurs fois par semaine de 9h à minuit, dans les caves de leur maison familiale. Au cours de ces sessions, ils réalisèrent une maquette de 4 titres d’une dizaine de minutes chacun. Parmi les sept maisons du disque (dont Phonogram pour un contrat de 7 ans) qui donnèrent une suite favorable à leur projet, leur choix se porta sur Warner Bros avec lesquels le groupe négocia toutefois une clause particulière (un objectif quantitatif de ventes sur une période limitée à un an).

Ce premier album enregistré en Février/Mars 75 (cinquantenaire en 2025), comptant Andy Scott parmi ses ingénieurs du son, et publié en Juin après plusieurs essais concluants en public, présentait six plages d’une durée variable allant de 3 à 11 minutes. Sa promotion fut accélérée par le slow ‘’Sister Jane’’ écrit et composé par Khanh Mai, n’en déplaise aux médias mainstream qui l’attribuèrent souvent par la suite à J.J. Goldman dont le chant haut perché véhiculait cette mélodie dans la veine d’un Moody blues ou d’un Procol Harum. Edité en 45 tours, il devint rapidement le tube de l’été 75. Pour autant, l’ensemble de cet album était fondamentalement ancré dans un registre progressiste symphonique comme l’illustrait d’emblée le premier morceau ‘’Going Away’’ dans ses changements de rythmes, la richesse et la variété de ses textures, ses solos de guitares et harmonies vocales. Les claviers, orgue et Moog, de Jean-Alain Gardet enluminaient le troisième morceau ‘’Crest’’ dont il était le compositeur ; il passait ensuite au piano sur ‘’For Years And Years’’, une pièce très mélodique de huit minutes introduites au piano et à une guitare électrique aux accents harrisoniens, puis marquées une fois encore, de ruptures et changements, associant habilement acoustique et électrique. Ce morceau était signé par Tai Sinh, comme le suivant ‘’Field Of Gold’’ baignant cette fois dans des ambiances atmosphériques, comme les 11 minutes de ‘’Out of The Night’’ (Khanh Mai) refermant l’album sur des nappes de synthés, orgue et solos aériens de six-cordes électrique.

L’année suivante, ‘’Windows’’ présentait un nouveau répertoire du même acabit que le précédent, encore somptueusement ancré dans la mouvance progressiste à l’instar de morceaux comme  ‘’St John’s Avenue’’ et ‘’When It’s The Season’’ autour de magnifiques arrangements de guitares et claviers, mais, au même titre que son single et nouveau slow ‘’Games’’, ne connut malheureusement pas le succès du premier opus, en cette année 1977 assombrie et entachée par le courant punk. Puis le troisième opus ‘’Last Flight’’(1979) fut le dernier édité chez Warner et comptant encore la présence de Jean Jacques Goldman appelé à démarrer sa carrière solo au début de la décennie suivante. Il accueillait en outre Michael Jones (chant, basse, guitares) suite au départ de Taï Sinh, et se tournait vers un rock plus direct, avec, une fois de plus, quelques mémorables morceaux dont ‘’Farewell Gig in Amsterdam’’ signé par Stephan Caussarieu. Le batteur fut encore aux côtés de Khanh Mai à l’occasion de la première reformation du groupe en 2000 (‘’Sun’’). Par ailleurs, Taï Phong n’a jamais cessé de connaître un vif succès au Japon comme en témoignait le DVD Live sorti en 2016. Après ‘’Sun’’, deux autres albums studios parurent respectivement en 2013 (‘’Return Of The Samurai’’ ) et 2021 (‘’Dragons Of The 7th Seas’’) pour cette formation qui n’a certainement pas fini d’écrire son histoire autour de son leader Khanh Mai dont le vœu résolument le plus cher est d’aller aussi loin que lui permettront son énergie et son indéfectible passion.

La réédition japonaise (Wea) de 1993 (puis remasterisé en 2015) du premier album contenait trois pistes bonus (single ‘’(If You’re Headed) North For Winter’, face B ‘’Let Us Play’’ et version single de ‘’Sister Jane’’).

Formation du groupe

Khanh Maï : Chant, guitares - Taï Sinh : Chant, basse, guitare acoustique, synthétiseur - Jean-Jacques Goldman : Chant, guitares, violon - Jean-Alain Gardet : Piano, orgue, synthétiseurs - Stéphan Caussarieu : Batterie, percussions

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