Towards The Sky

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(4.1 sur 5) / Bakeneko
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Rock Progressif

Le groupe originaire d’Écosse revient avec un quatrième album intitulé Towards the Sky qui succède à An Ordinary Life, un disque que nous avions plutôt apprécié à ProgCritique en 2024. Ce nouvel album marque un tournant important dans l’évolution de Long Earth puisque le groupe a fait appel il y a peu à Maaike Siegerist, une talentueuse chanteuse à la voix à la fois sensuelle et puissante, influencée par le Folk anglais et le Jazz, dans la lignée des Anne Briggs, Sandy Denny ou encore Karen Dalton. Et un premier constat que nous pouvons tirer de ce changement majeur dans le line-up, est que si la musique de Long Earth ne dévie pas de son approche musicale néo-prog très 80s, la profonde émotion que confère cette voix féminine aux compositions est indéniable. On pourra peut-être regretter que le groupe reste un peu trop « prisonnier » de sa filiation avec Abel Ganz, chef de file du néo prog écossais depuis les années 80, dont certains membres ont d’ailleurs à un moment ou un autre participé à l’aventure Long Earth et il est dommage que ce dernier ne cherche pas davantage à s’en émanciper pour expérimenter une approche plus moderne. Les différents thèmes qui ont inspiré les musiciens pour l’écriture des morceaux sont l’astronomie, l’exploration spatiale et la quête intemporelle de l’humanité à repousser ses limites culturelles, technologiques, naturelles et politiques.

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« Seahorses » est une chanson qui exprime la sensation de se trouver différent/inadapté, encourageant chacun à être soi-même, malgré les attentes de la société. Le morceau est très accrocheur avec un thème de guitare catchy sur un rythme uptempo. « Breathless« , premier single de l’album, avec son groove lancinant et la mélancolie générale qui se dégage de la mélodie de voix couplée au lyrisme de l’interprétation de Maaike est un moment fort de l’album.


« Artificial Child » qui  adopte le point de vue d’un éminent informaticien, co-inventeur de l’algorithme derrière l’IA, réfléchissant à sa création et à son avenir, alterne musicalement entre légèreté et gravité comme pour exprimer l’ambivalence ou l’impossibilité de trancher face à une situation complexe.
« Colours » est une chanson d’amour avec une approche très progressive et un arpège de guitare que n’aurait pas renié un certain Steve Rothery. Son texte et sa musique explorent les nuances ou les climats d’une relation amoureuse, passant de la douceur nostalgique à la dureté du ressentiment. « Monochrome » avec son ambiance sonore oppressante offre une voix à la nature en réponse à la destruction des forêts tropicales par l’homme. La tension est omniprésente sur ce titre très réussi. « First Casualty » est dédié aux journalistes de plus en plus nombreux ayant perdu la vie en zones de guerre. L’instrumentation crée comme un malaise dès l’ouverture du titre, une forme d’apaisement intervient dès l’arrivée de la voix sur le premier couplet. A noter la fin épique du morceau avec un solo de guitare très inspiré. « Moon and Mars » évoque le voyage dans l’espace et questionne les objectifs de cette nouvelle (con)quête de l’humanité. Enfin « The Astronomer » fait référence à Galilée et à ses découvertes révolutionnaires en matière d’observations astronomiques et conclue l’album dans une dimension épique optimiste et ouverte.

Towards the Sky‘ est une œuvre extrêmement cohérente sur les plans thématique et musical, l’arrivée de  Maaike Siegerist apporte un souffle nouveau au groupe et la seule présence de cette voix féminine donne ce caractère original à Long Earth dont il manquait tant selon moi… Je vous invite à aller écouter sur Bandcamp l’EP Starbound de M. Siegerist contenant une version alternative de « Moon and Mars » dans un arrangement plus folk et dépouillé.

Formation du groupe

Maaike Siegerist : chant principal et chœurs - Renaldo McKim : guitares, chœurs - Mike Baxter : claviers - David McLachlan : basse - Kenny McCabe : batterie, chœurs

🌍 Visiter le site de Long Earth →

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