Paint The Sky

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(5 sur 5) / Frontiers Music
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Métal Progressif Rock Progressif

Je ne suis pas connu à ProgCritique pour être le plus métalleux de la bande, loin s’en faut. D’ordinaire lorsque je tombe sur un album estampillé Prog metal, je passe mon chemin. Non pas que j’ai une quelconque peur des décibels ou que je le considère comme un genre mineur, mais tout simplement ça n’est pas mon genre favori et du coup j’en écoute (trop) peu. Pourtant, un beau jour, je commets le geste improbable : je clique sur une vidéo d’un groupe appelé Lalu, (j’apprendrai un peu plus tard que je m’apprête à écouter la musique de Vivien Lalu), et là … divine surprise ! Je prends dans les oreilles une musique puissante et d’une qualité mélodique qui me rappelle les meilleurs moments d’un des groupes favoris de ma jeunesse : Saga (dans sa première période).

Un peu de bibliographie m’apprend que Vivien Lalu (claviériste, compositeur, producteur de disques de prog metal) n’est pas un débutant et qu’il « tourne » depuis pas mal de temps. Un premier album sous nom en 2005, Oniric Metal, puis un second en 2013, Atomic Ark, et puis cette progression arithmétique d’environ 8 ans nous amène au tout début 2022 avec Paint of The Sky. Côté line-up, du beau monde : Damian Wilson au chant, Joop Wolters à la guitare et à la basse, et Jelly Cardarelli à la batterie. Mais il y a plus : Jordan Rudess, Steve Walsh, Simon Phillips et bien d’autres encore.

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Première piste, premier coup de cœur, « Reset To Preset » est en tous points somptueux. Vous pensez-avoir entendu la meilleure mélodie de l’album ? Et bien non, à la 2eme piste on se dit que ça y est, c’est celle-là. Jugement remis en question dès la 3eme piste… En fait, ça n’arrête pas ! « Reset To Preset » est l’archétype de ce prog musclé mais très fluide et parfaitement bien écrit sur les plans mélodique et harmonique, et surtout nullement agressif (c’est un des pbs que j’ai avec certaines musiques, à chacun ses limites). Ici la rythmique se régale et nous avec, tandis que les vocaux aériens font le reste. La deuxième piste, au contraire de son titre à rallonge, « Won’t Rest Until the Heat of the Earth Burns the Soles of Our Feet Down to the Bone », est plutôt courte mais dégage la même énergie que la piste d’entame. J’aime également beaucoup l’intro et le balancement rythmique d’« Emotionalized ». Comme sur les pistes précédentes, des passages plus en douceur et très aériens viennent créer d’intéressantes ruptures dans un flot sonore énergique.

Le piste titre (dans laquelle intervient Steve Walsh) est certainement le sommet au-dessus des sommets de cet album. La piste la plus développée, et la plus complexe musicalement est un véritable festival pour claviers et guitare, tandis que la section rhythmique (Joop Wolters, Jelly Cardarelli) donne à l’ensemble une incroyable pulsation (c’est d’ailleurs le cas sur tout l’album). Et comment résister à ce Look To The Sky incantatoire (2’23) ? Moment plus acoustique avec la guitare de Marco Sfogli sur « Witness To The World », plus mélancolique aussi. Les deux pistes suivantes « Lost in Conversation » et surtout « Standing at the Gates of Hell » explorent des tonalités plus sombres. La première me fait vraiment penser à Asia, quant à la deuxième elle se lance carrément dans un jazz-rock assez débridé. Excellent !

« The Chosen Ones » nous ramène au style solaire des premières pistes. Un court intermède à la guitare, « Sweet Asylum », simple et dépouillé vient donner à l’auditeur un moment d’introspection. Vivien Lalu nous a emmené dans les hauteurs, et nous y laisse avec un « We Are Strong » apaisé ce que soulignent les ambiances new age et les sonorités de Mellotron. On en aurait pu en rester là, mais un ultime chant simplement accompagné au piano, « All Of The Lights », comme un coucher de soleil, vient un peu atténuer la lumière et apporter une touche de mélancolie. Un dernier festival instrumental est proposé sous forme de bonus track avec la reprise de « Paint The Sky » (avec Simon Phillips à la batterie).

Ca n’est donc pas en métalleux averti que j’ai abordé cet album et je manque clairement de références dans le domaine, mais je retrouve dans Paint The Sky ce qui m’avait emballé dans le Saga de ma jeunesse : puissance sonore et talent mélodique. J’y rajouterais une musique foncièrement optimiste et positive (l’utilisation assez large des tonalités majeures et les vocaux très aériens de Damian Wilson y contribuent évidemment). Production exemplaire ou chaque piste est quasiment un tube en puissance façon Toto ou Asia, c’est ce que j’appelle un must have !

Formation du groupe

Vivien Lalu : Claviers - Damian Wilson (Arena, Headspace, Threshold) : Chant - Jelly Cardarelli : Batterie - Joop Wolters : Guitares, Basse - Avec : Jens Johansson (Stratovarius) -: Claviers (2, 4, 6) - Steve Walsh (Kansas) : Claviers (4) - Tony Franklin (Roy Harper, Derek Sherinian, Lana Lane) : Basse (4, 12) - Alessandro Del Vecchio (Jørn Lande) ; Claviers (4) - Gary Wehrkamp (Shadow Gallery) : Guitare (4) ' Marco Sfogli (James LaBrie) : Guitare (5) - Jordan Rudess (Dream Theater) : Claviers (8) - Simone Mularoni (DGM) : Guitare (8) - Vikram Shankar : Claviers (11) - Simon Phillips (Roxy Music, Toto, Mike Oldfield, Derek Sherinian) : Batterie (12) - Alex Argento - Claviers (12)

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