A Mythmaker's Demise

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(4.6 sur 5) / Frontiers Music srl
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Rock Progressif

Eh oui, cela fait une vingtaine d’années que Vivien Lalu et son groupe éponyme parcourt les contrées progressives en tirant ses influences des musiques hard rock, blues, funk ou même classique, avec une utilisation intensive des claviers – après tout c’est le « métier » du musicien français. Des riffs puissants, un rock très mélodique, mais avant tout une grandeur et une élégance musicale de tous les instants, bref, on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’il y a du Saga (1ère manière) là-dessous, et c’est qui me plait tant dans la musique de Lalu !

Pour aborder A Mythmaker’s Demise, notons d’abord un changement de musiciens par rapport au précédent album, l’excellent The Fish Who Wanted To Be King. Autour du duo Lalu / Joop Wolters, on trouve désormais Martin LeMar aux vocaux et Simon Phillips (ex-Toto) à la batterie. Album de retrouvailles puisque le chanteur était présent aux débuts du groupe.

Le premier morceau, « Tears Of The Muse », me semble caractéristique de ce que j’écrivais plus haut. Les changements d’atmosphères et la mélodie sont d’une réussite indéniable. Des accords de piano en écho lancent « EKO », un néo-prog de belle facture, puissant et mélodique. Le court passage central en duo basse et piano est superbe.

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Vivien Lalu

Avec « I Am The One » place au groove ! Un court motif modal lance la musique, puissante et syncopée. Premier des deux instrumentaux proposés, « Mayacama » met en valeur l’excellent jeu de guitare de Joop Wolters, qui survole des claviers inventifs et luxuriants. Voilà le morceau le plus jazz-rock de l’album. « Prince With The Swift Warning » est un magnifique condensé d’énergie qui se libère par vagues entre passages puissants et courtes respirations plus mélodiques.

« Learning To Fly », pas le morceau le plus puissant de cette collection, mais le plus abouti et le plus poétique pour ce qui me concerne. Cela commence par une ballade dans les hauteurs. Arrive alors un thème sublime à la guitare, déclamé en mode majeur, offrant un premier contraste sur le plan harmonique. Au centre du morceau l’ambiance devient sombre, puis angoissante, on passe nettement en mode hard rock sous de puissants riffs. Un bref arrêt, et on repart sur un nouveau rythme dans une sorte de danse diabolique ! Un moment blues rock à la guitare et au chant, et la coda nous assène une danse électro encore plus diabolique que la précédente. Voilà, c’est ça le rock progressif !

« A Drop Of Water » est un court intermède à la guitare acoustique dont la luminosité tranche avec la noirceur de ce qui suit. « Fhloston Paradise » renvoie à un hard rock aux accents gothiques façon Black Sabbath, du moins pour ce qui se déroule avant la coda d’ambiance proprement cosmique. Pas trop de saturation, ni agressivité excessive : Dans le genre c’est une réussite !

« Cordal Weaves » revient en mode Saga. Une courte intro aérienne avec voix et synthés puis place aux riffs énergiques et à un coté plus théâtral. Poursuivant l’alternance entre les ambiances sonores, « Midnight Ink » conclut l’album sur une note à la fois rêveuse et nostalgique, portée essentiellement par la voix et le piano. Les sonorités graves de violoncelle qu’il me semble percevoir donnent de belles teintes automnales à l’ensemble

Pour son nouvel ouvrage Vivien Lalu s’entoure une fois encore de talents qui complètent admirablement sa science des claviers. A Mythmaker’s Demise (*) confirme l’évolution de Lalu vers une musique moins directement prog metal que celle qui prévalait dans les deux premiers albums. L’énergie brute des débuts s’est canalisée dans une musique plus nuancée, qui brille par ses changements de tempo et ses contrastes de style et de dynamique sonore, et surtout par ses superbes harmonies et mélodies. Vous prenez quelques références comme Toto, Asia, Saga, vous y ajoutez une écriture musicale plus complexe et développée, et le tout flirte allègrement avec le prog symphonique !

(*) https://open.spotify.com/intl-fr/album/4s2VJN0Hz1LSSuvlneoc58

Formation du groupe

Vivien Lalu : Claviers - Joop Wolters : Guitare, Basse - Martin Lemar : Chant - Simon Phillips : Batterie

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