TEAROOM

Par

(4.1 sur 5) / Autoproduction
Categories
Rock Progressif

TEAROOM se trouve être le nouveau chapitre de l’aventure Keor, le projet du jeune et talentueux multi-instrumentiste Victor Miranda Martin. J’avais découvert ce jeune artiste à travers son précédent album, l’excellent « Petrichor » qui mélangeait habilement heavy, planant, folk et neo-prog. Intéressant donc de découvrir ce 3eme album et de voir comment Keor a (ou pas) étoffé sa palette musicale. S’il continue à faire beaucoup de choses lui-même le musicien / compositeur / producteur / n’hésite pas, au gré des morceaux, à confier sa musique à quelques spécialistes, en particulier en ce qui concerne la batterie.

Une première écoute un peu déroutante me confirme que « TEAROOM » n’est pas un Petrichor bis, même si on y retrouve quelques éléments sonores et tournures musicales caractéristiques. Il s’agit d’une sorte de kaléidoscope d’impressions musicales enchâssées dans des morceaux structurés de façon souvent peu conventionnelle, avec beaucoup de ruptures sonores et rythmiques paraissant sans rapport direct. Bref, il faut écouter tout cela avec une certaine attention !

La première piste, une triple exclamation « !!! » d’une demi-minute, est une sorte de bruitage d’intro au puissant et lyrique « Blossom » qui renoue avec un style prog metal que l’on trouve sur les 2 premiers albums. Le refrain, particulièrement mélodieux, tranche avec des passages plus acérés. A la découverte de son titre, « a- Warlike », on n’imaginait pas une tendre ballade bucolique, mais bien une atmosphère guerrière en une sorte de marche lente et pesante, du moins c’est le cas pendant environ 3 mn. Et puis sur fond sonore rappelant le sitar indien, une flûte bansurî déroule sa mélopée richement colorée, accompagnée par les percussions. Sonorités étonnantes ! Non moins étonnant, des sextolets orchestraux et quasi ravéliens lancent le délicat et inattendu « Took A Nap ».

image

La rêverie ne dure pas et « Under World » nous le rappelle avec un heavy rock entrecoupé de quelques moments de calme, qui donnent une tonalité étrange à cette piste. Avec ses 12’, « Learning God » est la piste la plus développée de l’album et sans doute la plus caractéristique de l’évolution du musicien, un savant mélange de prog metal, d’ambient, de psychédélisme. Le long passage central avec ses mélismes de guitare acoustique, puis le chant tout en délicatesse et en nonchalance, un passage parlé et un chœur avec des accents gospel est assez étonnant. La fin renoue avec un heavy prog assez tranchant.

Que dire du terminal « Marta / I Am Keor », sorte de dialogue psychédélique avec échanges parlés, un couplet chanté 4 fois et doublé à la guitare à partir de la 2eme reprise, 2 nouveaux couplets en mode « cantique », la musique qui s’éteint pour laisser place à un court passage parlé, et puis un nouveau passage metal qui vient clore l’album.

« Petrichor » m’avait assez bluffé quand je l’avais découvert l’année dernière avec son style bien particulier, des tournures musicales, une sorte de nonchalance qui n’appartiennent qu’à Victor Miranda Martin. Je retrouve ces ingrédients, autrement dit la patte de Keor, dans « TEAROOM » qui pourtant sonne assez différemment de son ainé en poussant beaucoup plus loin psychédélisme et ésotérisme musical. La musique me fait penser à un savant collage de styles (métal, prog, folk, ambient) et d’idées musicales pour le moins originales, le tout donnant un caractère assez déroutant à l’album qui m’a fait sortir de ma zone de confort ! Pas de doute Keor est un musicien qui a une riche personnalité, qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus (y compris ceux qu’il a précédemment lui-même arpentés) et à expérimenter.

Formation du groupe

Victor Miranda-Martin : Chant, guitares, claviers et instruments supplémentaires Avec : Tim Garson : Batterie (2, 4-7), flûte bansuri (3) - Marsouin des Sables : Drums (2, 3, 6, 7) - Lucas de la Rosa : Lead guitar (4) - Benoit Miranda Martin : Chœurs (3, 6) - Philippe Martin : Chœurs (6) - Thomas Gualtieri, Sally Haddar, Cassandre Beudin and Theo Agnese - Stadium Choir (7)

🌍 Visiter le site de Keor →

Partager cette critique

👇 Recommandé pour vous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *