Halcyon Hymns

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(4 sur 5) / Cherry Red Records
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Rock Progressif

Si avec ce nouvel album, Geoff Downes (ex-Yes, Asia, Buggles) et Chris Braide (producteur renommé pour son travail auprès d’artistes mainstream tels que Beyoncé, Christina Aguilera ou encore David Guetta) semblent reconduire une formule largement éprouvée sur leurs trois précédents opus studio, le résultat n’en demeure pas moins étonnamment nettement supérieur à ce qu’ils ont produit à ce jour.

Rarement, la musique composée par le duo n’aura été aussi inspirée et la poésie autant présente, dans les textes chantés par Chris Braide comme dans la narration de Barney Ashton Bullock. Tout cela dans un juste équilibre et une magnifique symbiose qui confèrent à cet album un supplément d’âme que ne possédaient pas ses prédécesseurs. Et il est fort probable que le choix du thème de l’album y soit pour beaucoup. Avec Halcyon Hymns les deux artistes nous offrent un disque profondément empreint d’une grande nostalgie, celle d’une jeunesse révolue dans une Angleterre d’un autre siècle, et plus particulièrement du parfum de ces lointains étés de leur adolescence ou tout était alors en devenir et les champs du possible presque infinis. Ils y convoquent avec une rare authenticité les fantômes de ce distant passé, retranscrivant à merveille les sensations d’alors et en mesurant les fragments à l’aune du présent.

Ceci explique sans doute pourquoi l’écoute d’Halcyon Hymns nous procure les mêmes sensations que la découverte d’un vieil album photos que l’on aurait exhumé d’un grenier oublié. Et dès lors, ce disque ne nous apparait plus comme une simple recréation du passé mais semble réellement en provenir. Le travail d’aquarelle de Roger Dean sur la pochette, qui nous renvoie au souvenir d’une glorieuse époque (Yes, Uriah Heep, Gentle Giant, Asia), quelque part entre la fin des années 70 et le début de la décennie suivante, accrédite cette thèse. La courte mais convaincante prestation de Marc Almond (ex-Softcell), sur le second couplet du magnifique Warm Summer Sun, contribue également à cette illusion. De la poésie écrite et lue par Ashton Bullock exhalent réellement des fragrances d’autrefois.  Ses mots font ressurgir avec une mélancolie profonde des lieux magiques pour qui connait Angleterre (la regatta de Henley-on-Thames, le festival de Harvey et bien d’autres encore). Seul regret au demeurant, le texte déclamé par Barney Ashton Bullock ne figure pas dans le livret de l’album (Ce dernier travaillerait actuellement à une édition limitée de tous les textes proposés à ce jour sur les albums de DBA).

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La musique, elle-même, pop-rock foncièrement surannée, s’ornemente de quelques accents prog plus marqués que sur les précédents DBA.  Sous le vernis se dévoile une musique plus subtile qu’il n’y parait au premier abord. Elle oscille entre un ASIA qui se serait assagi mais aurait conservé son sens des refrains immédiatement mémorisables (Your heart will find the way , Today), un MARILLION époque Hoggarth dans son expression la plus pop (très perceptible dans le refrain de Holding up the heavens), un IT BITES époque Francis Dunnery (particulièrement frappant dans les intonations de Love among the ruins, jusqu’aux «Na nananana » du break). On notera d’ailleurs que le graphisme du titre de l’album Eat me in St Louis, d’IT BITES, ressemble étrangement à celui d’Halcyon Hymns. Et pour cause, il était déjà l’œuvre du sus-cité Roger Dean. Que de correspondances ! Enfin, l’influence de Kate Bush se dessine çà et là. Si l’intro de Remembrance, la pièce maitresse de l’album (11minutes), fait penser aux toutes premières notes de Babooshka, le morceau en lui-même évoque irrésistiblement A sky of honey du double album Aerial.

Ce n’est pas la première fois que le duo, originaire de Warrington pour l’un et de Stockport l’autre, célèbrent leur attachement pour leur contrée natale. On se souviendra notamment de l’émouvant Dreaming of England sur l’album Suburban Ghost (repris par la suite sur leur album Live in England). Mais avec Halcyon Hymns ils vont plus loin, puisant dans les tréfonds de leur mémoire et de leur cœur, pour nous inviter, avec réussite, à un très beau voyage à rebours du temps.

Formation du groupe

Chris Braide : chant principal - Geoff Downes (Yes, Asia, The Buggles): claviers, chant - Dave Bainbridge (Iona) : guitares - Ash Soan : batterie - Andy Hodge : basse - Avec : Marc Almond (Soft Cell) - David Longdon (Big Big Train) - Barney Ashton-Bullock : Narration - Joe Catcheside, Elijah Braide, Sascha Braide : Chœurs

🌍 Visiter le site de Downes Braide Association (DBA) →

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Par CEN-ProjekT

4.5 sur 5

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