Blazing Revelations

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(4.8 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Révélation et Confirmation.

Dominic Sanderson est de retour avec son second album, deux ans après le très remarqué Impermanence. J’avais vraiment beaucoup aimé ce premier disque, voyant en Dominic une incarnation de la jeune relève portant très haut l’étendard du Prog. Alors que nous propose ce dernier sur ‘Blazing Revelations’ ? Rassurez vous, la veine Prog est toujours là, je dirai même plus que jamais, le musicien n’hésitant pas à creuser le sillon d’une musique toujours plus ambitieuse, plus expérimentale parfois, piochant des éléments du passé pour les faire siens et les colorer de teintes plus contemporaines. Pour rappel, Dominic Sanderson est un musicien britannique de 25 ans basé à Liverpool. Il assure ici les parties de guitares électriques et acoustiques, les voix, quelques interventions au Mellotron ainsi que l’intégralité des compositions. Il s’est (bien) entouré de quelques musiciens pour donner à cet opus une épaisseur orchestrale à base de violons, claviers, saxophones, piano, Mellotron, Fender Rhodes, flûte, etc… L’enregistrement de l’album s’est étalé sur une longue période de dix mois, avec pour résultat une œuvre riche, fascinante, aux multiples surprises et rebondissements. Tout cela est ficelé en 4 titres pour une durée totale de 45 minutes.

Le disque débute sur une frénésie instrumentale de haute volée avec “From the Weeping Cradle” qui peut évoquer King Crimson par moments. Les multiples instruments se répondent successivement au son d’une production de très grande qualité, avec un léger côté vintage, qui n’hésite pas, par exemple, à exploiter la carte de la stéréophonie. Autour des 5 minutes, l’ambiance se fait un peu plus calme, légèrement angoissante, pour accueillir un chant théâtral au doux parfum du Genesis des débuts. Celui-ci fait place à un solo de guitare en son clair, très brut, extrêmement expressif. A partir de 9’40, les multiples instruments reprennent la main pour un final d’une intensité ébouriffante.

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Faithless Folly” s’ouvre sur quelques riches accords de guitare n‘hésitant pas à pousser les harmonies aventureuses. Puis, une voix chuchotée est accompagnée d’un motif instrumental qui gagne peu à peu en volume via l’ajout de différents instruments. Vient ensuite un riff à la rythmique impaire qui ouvre le bal d’une instrumentation complexe, avant de retrouver pêle-mêle : des lignes de chant pop tutoyant les aigus sur une rythmique galopante, des passages parlés, des incursions quasi Jazz-Bossa, des solos de claviers et saxophone, du planant Floydien, etc… Bref, oubliez les structures conventionnelles, la créativité et la maestria musicale ont pris le pouvoir !

Un inquiétant Mellotron ouvre “A Rite of Wrongs”, pièce pourtant à la tonalité majoritairement acoustique. Guitare folk, flûte, chant à la mélodie travaillée en font un titre plus directement accessible que les trois autres. Vers 2’40 les violons viennent relever l’ambiance Canterbury du morceau pour une belle et délicate réussite.

L’album s’achève sur l’Epic de plus de 16 minutes “Lullaby for a Broken Dream”. Une berceuse plutôt agitée aux multiples rebondissements, qui démontre une nouvelle fois le talent et la cohésion du groupe au complet. Dominic Sanderson s’aventurant à nouveau vers des vocaux très contrastés, allant du chuchotement au cri rageux. Il y a énormément d’éléments différents dans ce morceau, mais je dois dire que j’ai été scotché par le travail de Jacob Hackett à la batterie et de Tristan Apperley à la basse.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que Dominic Sanderson cite Van der Graaf Generator, King Crimson ou Caravan parmi ses influences musicales. ‘Blazing Revelations’ est un disque très dense, qui nécessitera plusieurs écoutes pour en apprécier pleinement la portée. Après un premier album très réussi, celui-ci ne déçoit pas et voit Dominic Sanderson progresser tant dans sa maturité d’écriture que son interprétation, pour en faire un disque majeur de 2025. Il insuffle même un élan d’optimisme quant au futur de la scène progressive. Puisse ce musicien nous régaler encore à de multiples reprises dans les années qui viennent.

Formation du groupe

Dominic Sanderson : Guitare électrique, Guitare acoustique, Voix, Mellotron - Jacob Hackett : Batterie, Percussions - Tristan Apperley : Basse, Violon - Embiye Adalı : Mellotron, Orgue Hammond, Fender Rhodes, Piano - Andy Frizell : Saxophone Alto, Ténor et Baryton, Flûte

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