Dubnos

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(4 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Un habitué de nos chroniques, Roland Bühlmann publie son quatrième album « Dubnos ». Un très beau packaging (Couverture de Heiko Powell) accompagne les six compositions instrumentales présentent sur le CD. Roland est un guitariste, multi-instrumentiste, compositeur et producteur suisse.

« Dubnos » est rempli d’une énergie cinétique qui ne semble pas pouvoir décider dans quelle direction elle veut aller. Loin d’une critique, cet ensemble éclectique de compositions, semble plus varié, que dans ses dernières productions, je pense après plusieurs écoutes attentives que nous avons droit à un matériel sérieusement élaboré et inspiré. Roland injecte une bonne dose de liberté dans sa musique, tout en restant fidèle à un environnement Rock-Prog.

Roland ouvre l’album avec « Mighla », un titre que l’on peut dire classique dans le genre. Vif et percutant, la composition possède une belle variété dans son rythme et ne manque pas d’intensité. A défaut d’être originale, elle s’inscrit dans ces mélodies intemporelles où se croisent plusieurs styles, prog/jazz-rock etc.. Deuxième piste, l’éponyme « Dubnos », et première, surprise, l’orientation de celle-ci, qui avance, mais à pas feutrés, dans une musique qui jette les bases d’un rock prog teinté d’incursions japonaises ou s’en rapprochant.

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En effet Le koto, (instrument à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle), fait son apparition avec la participation de la musicienne Yukiko Matsuyama. Cette expérimentation d’un autre genre, et la bonne intégration d’un instrument peu usité, donne une couleur World ténébreuse, parfois dramatique et injecte des éléments d’une musique en parfaite adéquation avec l’étymologie du mot Dubnos (profond).

Une théâtralité musicale supplémentaire pour « Omnalén », doté en intro d’une ambiance purement cinématographique fine et gracieuse, la mélodie se développe ensuite avec un riff puissant qui bénéficie d’un gimmick accrocheur. Rythmiques et style classiques sont le fond de commerce d’« Omniprésent », la plus sage des six pistes de l’opus.

Morceau de choix, « Aaschutz » se démarque par la présence inspirée au violon de David Cross et du Koto de Yukiko Matsuyama. La musique prend de nombreux rebondissements à mesure qu’elle se déroule, il peut y avoir une tendance pour ce type de composition à se perdre dans sa propre technicité, mais heureusement, Roland, a un fort sens de la mélodie et des structures harmoniques. Il faut dire, qu’essayer de condenser la musique d’Aaschutz en quelques lignes ne lui rend pas justice. Le côté le plus sombre de l’album est représenté par le dernier titre, Galgallim, un morceau inquiétant avec une belle ligne de basse, des guitares lead entrelacées et de nombreux effets de synthé, sans oublier quelques superbes éclats d’intensité grâce à un rythme implacable.

Dans l’ensemble, « Dubnos » délivre un brassage musical intéressant et divertissant, qui traverse et exploite une belle variété de genres, un quatrième album très fort, accessible et stimulant !

Formation du groupe

Roland Bühlmann : Guitares électriques et basses, Aeon Sustainer, Korg MS-20, Synthétiseurs Logic Software - Terl Bryant Batterie -: David Cross: Violon (5) Yukiko Matsuyama: Koto (2, 5)

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