Titres
- Halloween Part I (20:30) : 1. Halloween Song (1:20) 2. Tired Answers (9:30) 3. Colours of Childhood (6:00) 4. Sorrow in My Dreams (3:40)
- Halloween Part II (18:40) : 5. Lone Fantasy (4:50) 6. Dawn over Darkness (6:10) 7. Misty Garden of Passion (2:15) 8. Fear of Frost (3:35) 9. Time (1:50)
En Décembre 1977 paraissait chez CBS, l’album ‘’Halloween’’.
Au milieu des années 60, Gilbert Gandil, Jacques Roman et Victor Bosch, trois lycéens Lyonnais formèrent successivement ‘’Soul Experience’’ et ‘’Free Sound’’, des groupes de reprises (dans les registres blues et RnB/Soul puis psychédélique). Fortement marqués par un concert des Pink Floyd au début de l’année 1970, ils devinrent ‘tribute band’ du groupe britannique, tout en créant peu à peu leur propre répertoire de compositions. Rejoints par Philippe Roman (bassiste, auteur et chanteur), ils passèrent les quatre années suivantes à tourner et se produire, notamment dans des salles parisiennes. Un album Live fut d’ailleurs enregistré au Golf Drouot et publié au printemps 1972 par Philips (‘’Groovy Pop Sessions’’). Cette compilation réunissait les groupes français faisant l’actualité de ces concerts, à savoir Ange, Abracadabra, Absinthe, Moonlight, Tac Poom System….et Pulsar.
Au cours de l’année 1974, la formation devint quintettte avec l’arrivée du poly instrumentiste Roland Richard (flûte, clarinette, violon, piano), qui avait, entre autres, accompagné Jacques Higelin. Ce ne fut donc qu’à l’Automne 1974, après avoir signé avec le Label anglais Kingdom Records, que Pulsar enregistra l’album ‘’Pollen’’ publié au début de l’année suivante, un premier essai prometteur mais encore perfectible, dans un registre rock spatial où planait l’ombre de Pink Floyd. Avec un retour au quartette suite au départ non remplacé de Philippe Roman, le second opus ‘’The Strands Of The Future’’ (21 Septembre 1976), à la fois plus mature et plus ambitieux à l’instar de son épique morceau-titre de 22 minutes, installa Pulsar dans le ‘carré d’as’ du rock progressiste hexagonal (avec Ange, Mona Lisa et Atoll). A noter que dorénavant, le chant allait se tourner exclusivement vers la langue de Shakespeare, un exercice probablement ‘imposé’ par ces maisons de disque. Redevenu quintette après l’accueil du bassiste Philippe Masson, le groupe signa chez CBS, puis enregistra ‘’Halloween’’, comme le précédent, aux studios Aquarius de Genève sous l’appui de l’ingénieur du son Jean Ristori qui avait collaboré entre autres, avec Patrick Moraz. Dans une interview, le batteur Victor Bosch confiait qu’à Pink Floyd et Genesis s’ajoutaient ici certaines influences allemandes allant de Tangerine Dream au compositeur Gustav Mahler (notamment la 5ème Symphonie) dont le biopic de Visconti (‘’Mort A Venise’’ 1971) les avait particulièrement marqués. De fil en aiguille, l’idée d’une ‘’confrontation entre le temps et l’absolu’’ fut le concept initial d’’Halloween’’.

Au-delà de ces considérations, ce troisième album confortait la place majeure du groupe sur la scène hexagonale, et une signature originale dans un registre résolument symphonique, à l’instar de sa suite-titre dont les deux parties d’une vingtaine de minutes chacune, couvraient intégralement chaque face du disque. L’accent était fortement mis sur l’instrumentation dans des textures toujours plus atmosphériques. La candeur et la fragilité d’un chant enfantin sur un simple accompagnement de piano dans la toute première section, annonçait d’emblée le climat à la fois mélancolique et onirique qui baignait l’ensemble de ce répertoire. A la façon d’un King Crimson, Pulsar savait jouer sur un imposant contraste entre l’ombre et la lumière, opposant des climats diaphanes et introspectifs à quelques séquences orageuses, sombres voire inquiétantes. Il opposait de longs passages planants et introspectifs (nappes de mellotron, notes aériennes de flûte, parties classicisantes de piano, arpèges acoustiques ou solos aériens de guitare, couches vaporeuses de synthétiseur et orgue aux ambiances évoquant l’école de Berlin, douceur d’un chant proche de celui d’Andrew Latimer) à la noirceur de ténébreux accords de claviers et d’une rythmique tribale et obsédante au fil de 40 minutes addictives au cours desquelles le temps restait suspendu.
S’il est aujourd’hui reconnu à sa juste valeur, l’album ne reçut pas à l’époque, l’accueil qu’il eût plus que mérité, gravement desservi par une critique musicale ravageuse (en particulier un article dans Best par Hervé Picart). Il faut dire qu’en cette fin des années 70, la presse soi-disant spécialisée se montra beaucoup plus intéressée par le courant punk émergent, au même titre d’ailleurs que le label CBS qui malgré un engagement de trois albums, mit un terme au contrat de Pulsar.
En 1981, le groupe publiait ‘’Bienvenue Au Conseil d’Administration’’ en collaboration avec le romancier autrichien Peter Handke qui en avait écrit les textes. Le groupe fut officiellement dissout avant de se retrouver ponctuellement pour deux autres albums, ‘’Görlitz’’ (Musea 1989) et ‘’Memory Ashes’’ (Cypress Music 2007). Dans les années 2010, Gilbert Gandil et Jacques Roman rejoignaient le guitariste & chanteur Richard Pick et la section rythmique Guillaume Antonicelli/ Attilio Terlizzi au sein du groupe Siiilk (3 albums à découvrir absolument !).
‘’Halloween’’ fut réédité par Musea en 1987 (Vinyle) puis 1991 en CD dans un format Digipack accompagné d’un livret de 16 pages.
Formation du groupe
Gilbert Gandil ; guitares acoustiques et électriques 6 et 12 cordes, chant - Jacques Roman : claviers, Mellotron, synthétiseurs, Fx - Roland Richard : flûte, clarinette, piano acoustique, synthé String Ensemble - Michel Masson : basse - Victor Bosch : batterie, percussions, vibraphone Avec : Sylvia Ekström : chant enfant (1) - Jean-Louis Rebut : chant (9) - Jean Ristori : violoncelle (5,7), ingénieur du son - Xavier Dubuc : congas (8)