Moby Dick

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(4.6 sur 5) / Seacrest Oy
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Rock Progressif Rock Symphonique

Moby Dick signe le retour de Marco Bernard aux manettes d’un album « solo », comme il l’avait déjà fait il y a un peu plus de deux ans avec The Boy Who Wouldn’t Grow Up. C’est donc Marco qui produit l’album, mais la composition et l’exécution des morceaux sont confiées comme d’usage à d’éminents membres du collectif The Samurai Of Prog. Kimmo Pörsti, Steve Unruh, Marco Grieco ne sont jamais bien loin, et on retrouve dans l’album quantité de noms bien connus de ceux qui suivent les aventures hautes en couleurs des TSOP. Le fil rouge de cette nouvelle production n’est donc autre que le célèbre cachalot popularisé dans les années 1850 par l’américain Herman Melville. Que celui que ne l’a pas lu lève le doigt ! Bien, rendons-nous par la pensée sur l’île de Nantucket pour y rencontrer Ismaël et le capitaine Achab.

« Loomings », c’est également le titre du premier chapitre du roman de Melville, ouvre l’album sur une musique très théâtrale composée par le romain Alessandro di Benedetti. On débute par un étrange ostinato de notes rapides et percussives, et des harmonies brumeuses mettant en scène cordes, flûte et synthés. Entre alors en scène Ismaël, avec un chant volontaire et plein d’assurance, porté par Michael Trew. Le pont central instrumental est particulièrement réussi, avec un solo de guitare de Carmine Capasso et une ligne de basse funky de Marco Bernard. La conclusion reprend et amplifie le motif de l’introduction pour une fin apaisée et baignée d’une douce lumière.

Pas question ici bien sûr de mettre en musique les pas moins de 135 chapitres du roman ! On passe donc au 36ème intitulé « The Quarter Deck », qui et en scène le capitaine Achab et son obsession pour Moby Dick. Octavio Stampalia nous gratifie d’une chanson de marin version prog symphonique autour de la voix de Marcelo Ezcurra et du violon de Steve Unruh.

Plus loin dans l’histoire Ismaël nous décrit ce qu’il appelle « Fastfish, Loosfish », le premier étant une baleine harponnée, le deuxième une baleine encore libre, pour faire court. Steve Unruh prête ici sa voix à une chanson entrainante composée par Linus Kåse.

Plus développé « The Quadrant » enchaine 3 parties qui, sous la baguette de Mimmo Ferri, prennent une tournure de Rock Progressivo Italiano, malgré le chant en anglais. L’équipage approche de l’équateur, peurs et superstitions remontent à la surface. La première partie « The Sea Mark » est très rythmée et syncopée, limite hard rock. La traversée de l’équateur (« Crossing The Equator ») se fait nettement plus calme et posée, la musique prend alors une tournure lancinante et plaintive. Pour terminer, « The Thrill Of The Chase », redonne un rythme évidemment plus agité et la musique se fait obsédante. La toute fin débouche sur le calme océanique.

C’est dans cette morne ambiance que débute « The Chase », composé par Marco Grieco: une note grave, un chant quasi a capella, quelques notes de basse et de guitare, et puis la confrontation entre les hommes et le cétacé prend place à vive allure si j’en crois le motif de basse en ostinato extrêmement véloce. Cet allegro furioso cède la place à un chant désespéré de quelques mesures, puis à un court passage instrumental durant lequel la bête se fait harponner, et l’attelage reprend sa course sur l’ostinato de basse déjà entendu. Tout cela ne peut que mal se terminer et la musique, très expressive et descriptive, nous dépeint de façon tragique le naufrage et la dérive finale.

En guise de conclusion « Epilogue », nous invite à la réflexion autour de cette grande aventure humaine, en nous offrant un superbe duo mettant en scène les traits virtuose du piano de David Myers et la basse chantante de Marco Bernard.

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Comme si le compte n’y était pas, Marco Bernard nous gratifie d’un disque-bonus, intitulé Undercover Deux, en français s’il vous plait ( !) et dont le titre fait sans doute un clin d’œil au tout premier album des TSOP: Undercover. L’album est particulièrement éclectique si j’en juge par les reprises proposées : Rush, Led Zeppelin, Frank Zappa & George Duke, Boston, UK, Al di Meola, PFM, Marco Grieco … J’avoue avoir passé un excellent moment à écouter cette somptueuse compilation, dont un de mes morceaux préférés toutes catégories confondues, l’énorme Foreplay/Long Time, concocté lorsqu’il était jeune (et moi aussi !) par le talentueux Tom Scholz.

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Pour en revenir à Moby Dick, Marco Bernard et son équipe (TSOP pour simplifier) nous proposent une nouvelle musique à programme dans la droite ligne des productions de ce collectif hors du commun. Il s’agit de dépeindre personnages, lieux et actions ou émotions, et quoi de mieux que le rock progressif symphonique pour y parvenir ? Et comme toujours, le plaisir visuel complète toujours le plaisir musical grâce aux talents graphiques d’Ed Unistsky. Marco Bernard signe là un superbe livre musical !

Formation du groupe

Moby Dick : - Marco Bernard / Basses Shuker - Avec : - Alessandro Di Benedetti / Claviers - Riccardo Spilli / Batterie - Carmine Capasso / Guitare électrique - Michael Trew / Chant - Giovanni Mazzotti / Flûte - Octavio Stampalia / Claviers - Tony Riveryman / Guitare électrique - Marcelo Ezcurra / Chant - Steve Unruh / Violon, Chant - Linus Kåse / Claviers, Saxophone et Chant - Erik Hammarström / Batterie - Johan Öijen / Guitare électrique - Sonja Kåse / Guitare acoustique - Mimmo Ferri / Claviers et Guitares - Kimmo Pörsti / Batterie - Marco Grieco / Claviers - David Myers / Piano à queue --- Undercover Deux : - Marco Bernard / Basses Shuker et Rickenbacker Avec : - Carmine Capasso / Guitare électrique, Thérémine - Sean Francis / Chant - Ovidio Catanzano / Batterie - Steph Honde / Chant - Kimmo Pörsti / batterie - Marco Grieco / claviers, chant, guitare acoustique - Yannick Papail / chant principal - Valentina Bruno / chœurs - Tony Riveryman / guitare électrique - Stefano Vicarelli / claviers - Steve Unruh / guitare acoustique, batterie, percussions - Len Audsley / chant principal - Dennis Mahon / chant principal, claviers - Hans Jörg Schmitz / batterie - Michael Manring / Zon Hyperbass

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