La Bête du Gévaudan

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(4.4 sur 5) / Muséa
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Rock Progressif

An de grâce 1764, sous le règne de Louis XV le bien-aimé, quelque part du côté de la Lozère …

An de grâce 2020, Magnesis sort son 11eme album studio en près de 30 ans et le consacre à cette étonnante histoire sur les terres du Gévaudan. Magnesis est un habitué des albums-concepts et manie les thèmes de ses albums avec un certain éclectisme : Mozart, Marguerite de Bourgogne, Alice au Pays des Merveilles, et bien d’autres histoires … C’est l’occasion pour Eric Tillerot et comparses de Bourgogne de délivrer un rock très descriptif, souvent théâtral (ce que confirment les prestations scéniques), avec de belles incursions dans le médiéval, un peu comme Minimum Vital, mais avec son style propre et caractéristique.

En guise d’intro, la courte « Ouverture » est une parfaite image musicale d’une jeune bergère se promenant dans la campagne, et soudain attaquée par la Bête … En ce 30 juin 1764 Jeanne Boulet, 14 ans, vient de périr sous les crocs de ladite bête féroce. Triste ballade qui démarre à la guitare acoustique, « Jeanne Boulet » met en scène son père au moment des funérailles. Il y a plus joyeux …

La musique s’éclaircit nettement sur « Révolution » et on y retrouve le style épique caractéristique de Magnesis, avec la voix puissante et expressive d’Eric Tillerot. On débouche sur la « Grande Battue » et son thème flûté champêtre et un rien naïf, soutenu à la batterie et à la guitare, mais peut-être un peu trop répété à mon goût.

Dans « Je suis la Bête », Eric prête sa voix à cet animal semble-t-il venu d’Afrique et tuant sur ordre, prétexte à une musique plus heavy au rythme immuable. Arrive « Jean Chastel », le paysan qui tuera la Bête, pour un joli morceau évoluant dans des tonalités plutôt claires et des enchainements harmoniques fort bien troussés, rappelant d’ailleurs le style de « Révolution ». Le Long instrumental (près de 12’), « La Bèstia » en 4 parties, démarre sur un rythme militaire, martelé à la caisse claire et qui débouche sur un long passage aux claviers symbolisant Beauterne (porte-arquebuse de Louis XV de son état, et supposé avoir tué la Bête), puis Versailles. Rupture totale de style pour La Terreur et nouvelle rupture pour La Dernière Battue qui fait réentendre le thème champêtre de la quatrième piste. Conclusion plutôt lumineuse, titre oblige, avec « Le Soleil Brille à Nouveau » et son ostinato de guitare parsemé de petites incursions de sons flûtés.

Diantre, qu’on se le dise, voilà un très bel album de prog symphonique ! Le mix passages chantés et instrumentaux est plutôt bien équilibré, les textes de qualité et accrocheurs. Magnesis et son maître à penser (et à chanter) Eric Tillerot, délivrent une œuvre cohérente, spectaculaire et parfaitement réalisée. Le style et le chant en français rappelleront évidemment à certains Ange, le grand ancien. Mais prenez le temps d’écouter cet album et les précédents, et vous en conviendrez avec moi : Magnesis maintient haut la belle tradition du prog gaulois, avec son côté théâtral et ses racines musicales mélangeant rock et folk. En attendant la future histoire qu’Eric Tillerot et ses troubadours ne manqueront pas de nous concocter, arpentons les sentiers brumeux mais néanmoins musicaux du Gévaudan.

Formation du groupe

Eric Tillerot (Chant) - Stephane Marion (Guitare) - Denis Codfert (Batterie) - Jean Pierre Matelot (Claviers, Basse)

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