Titres
- Setting Off 02:02
- Riverflow 06:45
- Whirlpool 03:14
- To The Other Side 09:03
- Na Bruídaí 07:55
- Valley Of Elah 04:07
- Scaling Novas 03:08
- Carnivale 05:14
On le sait, certains groupes de rock progressif ont une attirance pour la notion de “concept”. Le concept-album étant bien entendu la forme la plus répandue. Certaines formations vont plus loin en proposant en quelque sorte une discographie-concept dans laquelle les disques prennent la forme d’épisodes d’une histoire plus complète.
M-Opus, originaire d’Irlande, pousse le curseur encore un peu plus avec le concept suivant : le groupe possède une discographie qui s’étend du début des années 70 à nos jours. Mais personne ne connaît ces disques, et pour cause : ils ne sont pas encore sortis. Vous suivez ? Moi non plus… Pour faire simple, chaque album s’inscrit dans une année précise, comme s’il avait été produit avec les moyens et dans l’environnement de l’époque. Ainsi, M-Opus a déjà réalisé deux albums : ‘1975 Triptych’ lié à l’année 1975 (comme son nom l’indique), et ‘Origins’ relatif à l’année 1978.
‘At The Mercy Of Manannán’ est leur disque de 1972. Il est amusant d’essayer d’établir des liens avec les artistes populaires cette année-là tout en appréciant la qualité des compositions.
Et pour ajouter un peu de piment, l’album est lui-même un concept-album inspiré par la mythologie celtique et contant l’histoire de voyageurs marins.
L’ombre de la grande star de l’année 1972, David Bowie et son Ziggy Stardust, plane sur le premier titre “Setting Off”. Morceau court de 2 minutes qui sonne assez Glam-Rock et gagne en intensité un peu à la manière d’un “Five Years”.
Plus question de Glam avec “Riverflow”, un des titres les plus réussis de l’album. L’ambiance est bien plus Pop-Progressive, le refrain est très bien écrit, les ambiances sont changeantes tout le long du morceau, les sons de claviers renvoient bien vers l’année en question, et l’interprétation des musiciens est particulièrement solide.
Un grain de folie King Crimson-esque s’empare de “Whirlpool”, titre instrumental virtuose un poil court à mon goût, sur lequel on peut profiter, entre autres, d’un solo de batterie de Mark Grist à faire tomber la mâchoire.
Un arpège à la 12 cordes façon Yes sert d’introduction à “To The Other Side”, long morceau à tiroirs parsemé de couches de cordes à tendance Soul Music. A mi-morceau un orgue à la John Lord vient modifier l’ambiance, appuyé par les sonorités du Mellotron. Le final retrouve un peu de lumière apportée par le jeu de basse très riche de James Dunne.
“Na Bruídaí” possède la particularité d’être interprété en langue Gaélique. Celui-ci débute sur un entraînant shuffle Blues-Rock qui évolue vers un instrumental plus expérimental dans la veine Jazz-Prog.
Changement d’ambiance encore avec le très beau “Valley Of Elah” marqué par son côté acoustique et Flower Power (le refrain “Sha-La-La”), faisant songer au groupe America ou à Stephen Stills.
Guitare acoustique toujours et belles harmonies vocales pour “Scaling Novas”, morceau Prog dont le solo d’orgue est superbement mis en avant par un jeu de batterie de haute volée.
L’histoire arrive à son terme et c’est l’instrumental “Carnivale” qui referme l’ouvrage. Les sonorités sont un peu plus modernes sur celui-ci et des signatures rythmiques complexes viennent encore souligner la maîtrise d’interprétation du groupe.
‘At The Mercy Of Manannán’ est-il finalement ce trésor caché depuis plus de 50 ans que personne n’avait pu écouter auparavant? Certes, non car la composition, l’interprétation et certaines sonorités révèlent que le groupe a certainement entendu des musiques plus récentes que celles produites en 1972. Néanmoins, le résultat supporte largement la comparaison avec les œuvres produites cette année-là.
Le travail de M-Opus constitue un bel hommage à une époque musicalement aventureuse, et une année 1972 si particulière !
Formation du groupe
Jonathan Casey : Chant, Claviers, Basse - Mark Grist : Batterie - PJ O'Connell : Guitare - James Dunne : Basse - Colin Sullivan : Guitare
