Post Scriptum

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(4.7 sur 5) / Quadrifonic
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Rock Progressif

Un nouveau titre en latin, faut-il voir ici une continuation de la trilogie des années passées, ou même, si l’on s’en tient littéralement au titre, une sorte de note de bas de page non indispensable qui viendrait simplement préciser quelques points des albums précédents ? Il n’était sans doute pas facile à Jean-Pierre Louveton, après son magnum opus, à savoir cette fabuleuse trilogie Sapiens, de retrouver inspiration et force de travail pour nous proposer un nouvel album. Mais pour ce musicien au long cours, il y a toujours matière à proposer de nouveaux morceaux et encore beaucoup à dire. Rassurons-nous donc, l’énigmatique Post Scriptum n’a rien d’un disque-bonus et propose à nouveau de la superbe musique !

Côté line-up, le guitariste / multi-instrumentiste s’est entouré de collaborateurs intervenant au gré des différents morceaux : l’habituel et incontournable Jean-Baptiste Itier à la batterie, la chanteuse Elise Bourg (tiens une nouveauté !), ainsi que de Stephanie Vouillot au piano et Florent Ville également à la batterie.

« Solitaire » pose avec allant ce nouvel album : pièce progressive alternant riffs hard rock et envolées symphoniques, et un premier aperçu du duo vocal. La longue intro en deux parties énonçant d’abord de façon volontaire le thème musical, puis laissant place à une magnifique guitare acoustique, est un modèle du genre.

Dans « Jekyll », le côté obscur ne se dévoile pas immédiatement en nous proposant d’abord une belle ballade mi-rapide animée par un très beau motif de piano. Et puis au milieu un gros riff dans le registre grave laisse sortir la fureur, tandis que les vocaux s’emparent des lignes supérieures.

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Jean-Pierre Louveton

« (À l’évidence) je me rends » est une belle chanson calme dans laquelle ce sont plutôt les guitares qui tiennent le premier rôle, d’abord en assurant l’assise harmonique du morceau dans un très agréable style jazz-blues, puis en nous gratifiant d’un puissant solo électrique. « L’homme est un animal sauvage », le titre parle de lui-même et sans surprise la musique offre nombre d’aspérités mélodiques et rythmiques. Le court ralentissement du milieu permet de mieux apprécier le duo vocal, avant qu’un énergique riff de guitare dans la pure tradition du hard rock ne vienne relancer la machine.

Quelques notes puissantes introduisent « Puzzle » pour laisser place à un élégant mouvement de danse à 8 huit temps. Il s’agit en fait d’un grand crescendo sonore et rythmique qui se termine dans l’effervescence d’une guitare rythmique survoltée.

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Elise Bourg – (Crédit photo Christian Arnaud)

« Les fantômes » de JPL n’ont rien d’évanescents ou d’intangibles, et interagissent de façon brutale dans un monde sonore peuplé de riffs nerveux et d’une impitoyable batterie. Un passage central laisse de côté la rage pour un moment qui privilégie des harmonies lumineuses, avant de revenir à l’atmosphère énergique initiale.

Nous attend maintenant un final épique. Le titre éponyme commence par quelques secondes de notes poétiques à la guitare acoustique et en la mineur façon Lettre à Elise (pas facile à placer, mais c’est fait !). Rapidement des sonorités dures et sans concessions pour l’oreille viennent nous plonger dans une étrange ambiance, tel ce rapide sifflement au synthé. Une belle guitare et puis le chant nous ramènent dans un monde plus mélodique. On se prend ensuite un moment funky et plus loin un blues rock bien râpeux avec sa basse à la Status Quo. La coda laisse parler les guitares dans un mouvement véloce et plein d’entrain.

Et bien voilà un bel album, qui plus est chanté en français et souvent en duo. Les guitares de Jean-Pierre Louveton, qu’elles soient acoustiques, rythmiques ou électriques pour les soli restent prédominantes dans une musique qui réinvente le métal progressif à la française de belle manière. Si, mais de façon très relative, cet album n’a pas la densité du triptyque Sapiens, Post Scriptum (*) joue avec bonheur la carte de la mosaïque sonore avec ses morceaux d’une agréable diversité. Et pour changer un peu du latin, j’ajouterais Well done!

(*)https://jplouveton.bandcamp.com/album/post-scriptum-hr

Formation du groupe

Jean Pierre Louveton : chant, guitares, basse, instruments virtuels Avec : - Elise Bourg : chant (1-6) - Stéphane Vouillot : piano (2,4,5) - Florent Ville : batterie (1-3) - Jean Baptiste Itier : batterie (4-7)

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