Engels II

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(4.6 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Si dans ses nombreux projets musicaux le multi-instrumentiste allemand Chris Engels nous conte nombre d’histoires dans des styles musicaux différents, dans son dernier projet, dénommé Engels, j’ai le sentiment qu’il se cache derrière sa musique pour nous conter sa propre histoire et ses propres sentiments vis-à-vis du monde qui nous entoure. Succédant à Engels, Engels II demeure dans un style musical proche du Cen-ProjekT, à mon sens la plus grande réussite du musicien.

Sur une musique mélancolique « What Remains » s’interroge sur ce qui demeure une fois la poussière retombée. Morceau puissant chanté avec conviction dans le style du Cen-ProjekT. Après un développement linéaire, le dernier quart débute par une rupture rythmique qui relance le morceau. Sur un tempo nonchalant « Silent Screams » propose un moment plus introspectif porté par un chant triste et une délicate guitare acoustique. « One Life Only » poursuit l’introspection mais sur un mode plus lyrique et déclamatoire, mais toujours dans des tonalités mineures qui rendent la musique ombragée.

« Oh Haiti » évoque le drame permanent et apparemment sans issue que constitue la situation haïtienne. Le tiers occidental de l’île d’Hispaniola vit en effet une histoire tragique et cela ne date pas d’hier … pour faire court. Entre colère et résignation, fatalisme et espoir, ce morceau ne ménage pas ses effets douloureux.

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Chris Engels

Guère plus réjouissant, « In God’s Name » et ses sonorités un rien dérangeantes nous plongent à nouveau dans une ambiance bien sombre. Le passage central et ses arpèges de guitare apportent toutefois une lumière bienvenue. « I Didn’t Know » apporte quant à lui un tempo plus rapide et bien rythmé, ce qui donne une légèreté relative à un discours musical jusque là assez sombre. « Heroes Without Capes » et son puissant riff hard rock qui s’intercale entre les différents couplets, est pour moi le sommet de l’album. Le morceau vaut pour ses contrastes sonores, son chant lyrique et ses passages instrumentaux aériens. « Hate ! » avec son mid-tempo et sa belle mélodie donne plus un sentiment de résignation que de colère, tandis que « Captain Sly » évolue dans un style plus contemplatif. La première moitié en mode mineur cède soudain la place à un passage instrumental nettement plus optimiste en tonalité majeure porté par les lignes mélodiques de la guitare et des claviers. Mais ce sentiment d’espoir ne dure pas et l’atmosphère initiale reprend du service à la toute fin.

« A Thousand Truths » est un autre de ces morceaux contrastés qu’offre l’album, marqué par de puissants riffs hard rock. Pour clore cette suite de 11 morceaux, « But What Remains When The Rush Is Gone », une très belle ballade acoustique et atmosphérique, dénoue les tensions accumulées jusque là pour apporter enfin une sérénité bienvenue.

Plus sombre que son prédécesseur et que les productions habituelles du musicien, Engels II (*) et ses histoires de doute et de lutte, évolue dans un climat musical qui fait la part belle aux atmosphères plutôt pessimistes. Tristesse et colère ? Assurément, mais si la musique et les textes se révèlent souvent puissants et sans concessions, les belles mélodies et les superbes arrangements vocaux / instrumentaux ne recèlent nulle agressivité, qui n’est d’ailleurs jamais présente dans son œuvre. J’ai souvent qualifié la musique de Chris Engels musique de « force tranquille », et Engels II en est peut-être le plus parfait exemple !

(*) https://engels1.bandcamp.com/album/engels-ii

Formation du groupe

Chris Engels : tous les instruments

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