Spherical Agenda

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(4.6 sur 5) / Autoproduction
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Jazz fusion Jazz-Rock Rock Progressif

Le rock progressif c’est bien, mais que diriez-vous d’un peu de jazz-rock ? J’avais eu le plaisir de découvrir Spherical Agenda à l’occasion de la parution d’un premier album en fin 2021. J’avais même écrit quelques lignes à propos d’Arcane Wisdom. Bon OK, je m’étais simplement fendu de 6 lignes pour dire que j’aimais beaucoup cet album. Ca fait quand même un peu service minimum … Aussi, pour la sortie du 2ème album du quatuor de Cincinnati, il me semble que le moment est venu d’en faire un peu plus !

Ca commence par une magnifique pochette, très heroic fantasy, sans aucune mention de groupe ni de titre. A y regarder de plus près c’était déjà le cas pour le premier album. Quant au titre de ce second album, nous nous contenterons d’un Spherical Agenda.

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Les trois premiers morceaux débordent littéralement d’énergie. Le premier, « Starbeam », est un jazz-rock aux sonorités west coast, qui me rappelle nombre de productions du label GRP dans les années 80-90. Mention spéciale pour le superbe son de la guitare et du piano électrique ! « Cabin Fever », qui porte bien son nom, est porté à vive allure par une ligne de basse haletante, le tout est assez funky. Tiens puisqu’on en est dans les souvenirs, je repense à ce groupe japonais dont j’avais acquis quelques galettes à l’époque, Casiopea. Ils avaient aussi ce son et cette énergie. Pour « Father Frank », c’est le blues à la Larry Carlton qui fait son apparition. Pas maladroit le guitariste !

Avec « Sector 8 » on aborde d’autres sonorités et un monde plus étrange dans lequel alternent accords atmosphériques lents et les rushs déjantés de la section rythmique. La coda, totalement déstructurée et onirique fait place à un énigmatique solo de synthé. « Turbulent Juice » marque le retour à un jazz fusion plus conventionnel, toujours aussi vitaminé. En milieu de morceau le duo basse / batterie offre un calme relatif, avant le retour du tutti instrumental pour conclure ce morceau très virtuose et néanmoins mélodique.

On se laisse facilement transporter par la douceur et la poésie du magnifique « Crystalline » et sa mélodie à la Bob James. Magnifique tout simplement ! Le court « Frenzy » revient à un jazz-rock nerveux façon UZEB. L’occasion une fois de plus aux musiciens de faire preuve de virtuosité – écoutez le solo de basse -, mais aussi d’une belle musicalité. Pour terminer, « Sprinkles » nous laisse sur un moment plus rêveur, laissant tour à tour guitare, piano et basse prendre à leur compte les éléments mélodiques. Le jeu de batterie est particulièrement inventif, et l’ensemble se fond dans une atmosphère jazz cool du plus bel effet.

A l’instar du premier album, Spherical Agenda (*) réalise à nouveau une parfaite synthèse entre tradition et modernité. Si la technique instrumentale est très présente et de haute volée, c’est au service d’une musique qui n’oublie jamais le côté mélodique. Bref, pas de virtuosité vaine ici, mais une musicalité de premier choix, mise en œuvre par de jeunes musiciens très complémentaires. Si vous aimez le jazz-prog-fusion avec des mélodies et des soli de haut niveau, c’est ici que ça se passe !

(*) https://sphericalagenda.bandcamp.com/album/spherical-agenda

Formation du groupe

Matthew Wiles : basse - Brandon Scott Colemean : guitare - Devon Leigh : batterie - Ben Tweedt : claviers

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