Titres
- Bornlivedie (1:41)
- Signify (3:26)
- The Sleep of No Dreaming (5:24)
- Pagan (1:34)
- Waiting Phase One (4:24)
- Waiting Phase Two (6:15)
- Sever (5:30)
- Idiot Prayer (7:37)
- Every Home Is Wired (5:08)
- Intermediate Jesus (7:29) 1
- Light Mass Prayers (4:28)
- Dark Matter (8:57)
Le 15 Septembre 1996 paraissait chez Delerium Records, l’album ‘’Signify’’.
Evoquer Porcupine Tree revient nécessairement à raconter l’un des artistes les plus emblématiques de la scène progressive de l’entre-deux millénaires, musicien aux multiples projets et collaborations, ingénieur du son, producteur, qui découvrit un jour, alors qu’il était à peine âgé de 10 ans, ‘’Tubular Bells’’ et surtout ‘’The Dark Side Of The Moon’’ dans la discothèque de son père, un ingénieur électronicien qui offrit au préadolescent son premier studio portable. D’un point de vue officieux, ce ne fut pas en 1987 que Steven Wilson, guitariste, chanteur, compositeur/auteur et magicien du son, forma véritablement Porcupine Tree, mais en 1993, à l’époque du 3ème album ‘’The Sky Moves Sideways’’ lorsqu’il fut rejoint par l’ancien claviériste de Japan, Richard Barbieri ainsi que par le bassiste & contrebassiste Colin Edwin et le batteur Chris Maitland, ce dernier ayant participé à la tournée de No-Man (un projet parallèle de Steven Wilson avec le chanteur Tim Bowness). Mais il fallut encore attendre l’opus suivant pour que la notion d’album de ‘groupe’ ne prît tout son sens, ou plutôt sa ‘signification’ autour d’un line-up présent sur tout le répertoire, et participant tous à l’ensemble des compositions. Enregistré au No Man’s Land Studio de Steven Wilson, cet album qui a toujours conservé une place importante, et pour cause, dans le cœur des fans de la première heure, marqua un tournant décisif dans l’évolution et la notoriété du groupe.
Encore sous les influences floydiennes très marquées sur l’album précédent, ce troisième opus alternant instrumentaux et morceaux chantés au fil de ces 12 plages, empruntait à un vaste éventail de styles musicaux allant du space rock et du psychédélique à l’électronique en passant par le rock alternatif. Au bref préambule narratif ‘’Bornlivedie’’, s’enchainait le sublime morceau titre sur un riff aux accents métalliques préfigurant déjà le début des années 2000 (à partir de ‘’In Absentia’’) doublé, par la magie du multipiste, d’une seconde guitare électrique solo portée par une nappe de synthétiseurs. Le second morceau ‘’Sleep Of No Dreaming’’ introduisait le chant délicat et spatial de Steven Wilson qui, en grand fan du groupe Ange, s’était manifestement inspiré, pour l’introduction de ce morceau, de celle des ‘’Lorgnons’’ (‘’Vu D’Un Chien’’ 1980). L’interlude ‘’Pagan’’ était baigné dans ces textures si particulières des synthétiseurs de Richard Barbieri, réminiscence des climats qu’il avait déjà installés dans les albums de Japan (avec des morceaux tel que ‘’Ghosts’’). Sur des arrangements magnifiques, et toujours dans ces ambiances ouatées, ‘’Waiting’’ était l’une des pièces majeures, électro-acoustique, et au refrain très accrocheur, dans sa ‘’phase 1’’ puis faisait place, dans sa seconde ‘phase’ à une séquence instrumentale mêlée de sonorités électroniques bien ancrées dans les années 90 et auxquelles, autour de la basse et de notes de piano en suspension, les percussions donnaient une couleur tribale.
Dans un lent et dynamique tempo, ‘’Sever’’ offrait un remarquable contraste entre d’épaisses textures et la voix aérienne de Steven Wilson magnifiée par les chœurs du batteur Chris Maitland. ‘’Idiot Prayer’’, co-écrit avec le bassiste Colin Edwin (on ne peut d’ailleurs pas s’y tromper) était une pièce de sept minutes dont la première partie évoquait les paysages sonores créés par Peter Gabriel sur la bande originale du film ‘’Birdy’’ (Alan Parker/1985) avant que le groove du binôme Edwin/Maitland sur une rythmique hypnotique n’embarquât la suite. Saupoudrés de bruits et de sons électroniques, la guitare acoustique, le chant, les chœurs et des nappes planantes de synthétiseurs conduisaient la mélancolique ballade ‘’Every Home Is Wired’’ qui une fois encore, illustrait les hautes qualités mélodiques de Steven Wilson, dans un lointain héritage des Beatles. ‘’Intermediate Jesus’’ baignait encore dans ces ambiances feutrées et atmosphériques mettant en exergue les parties de guitares et de belles lignes de basse. Une seconde plage onirique et d’ambiance (‘’Light Mass Prayer’’) assurée en solo par le claviériste Richard Barbieri, faisait la transition avec ‘’Dark Matter’’. La basse et la batterie, rejointes par la guitare acoustique passant ensuite à l’électrique accompagnaient cette dernière pièce atmosphérique nous plongeant cette fois dans un univers très proche de celui de Pink Floyd. En bref, trois décennies plus tard, ce 4ème album de Porcupine Tree n’a absolument rien perdu de sa splendeur, sa magie et sa modernité.
‘’Signify’’ fut réédité en 2003 (Delerium Records/Europe) en version remasterisée incluant 10 plages correspondant à des inédits & démos enregistrés entre 1995 et 1996.
Formation du groupe
Steven Wilson : chant, guitares électriques et acoustiques, échantillonneurs, bandes magnétiques, orgue, Mellotron, piano, programmation de batterie, carillons, boîte à musique, production et mixage - Richard Barbieri : piano, Hammond, synthétiseurs (Prophet-V, Roland System 700), bandes magnétiques, séquenceurs - Colin Edwin : basse, contrebasse - Chris Maitland : batterie, cymbales, percussions, boucles de batterie, chant (5, 7, 11), claviers (11) - Avec : Terumi : chant (1)
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