Soon To Be Absorbed

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(4.5 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Paul Sadler, chanteur guitariste et compositeur du groupe de prog metal anglais, Spires, profite d’une pause musicale avec son groupe pour se lancer dans l’aventure de l’album solo. Nous voici donc en cette fin 2020 avec un « Soon To Be Absorbed », qui sans renier l’héritage des Spires, évolue globalement vers des teintes nettement plus calmes et acoustiques.

Album solo certes, mais pas tout seul, puisqu’Alex Jolley (Spires) à la basse et Tom Rice à la batterie complètent le dispositif, sans parler des cordes tenues par le canadien Raphael Weinroth-Browne (violoncelle) et l’omanais Ndrew Allmark (violon). Eh oui pas de claviers ou de synthés opulents, mais un son plus direct, plus analytique que survole principalement la voix et la guitare acoustique de Paul. Et ça marche très bien !

Il suffit d’écouter la première plage, le court « Through Land You May Seek », pour s’en convaincre. Tous les ingrédients de l’album sont déjà présents : la guitare acoustique, les différentes tessitures de la superbe voix de Paul Sadler, les cordes et particulièrement le violoncelle dans le registre ténor, une mélodie ample. « The Fear » et « Sketches Of Nothing », qui contiennent quelques passages acoustiques, répondent clairement aux canons du heavy prog – il suffit d’écouter les riffs puissants et la voix haut perchée de Paul Sadler.

Plus acoustiques, « The Familiar » et « Anyway » débutent dans des atmosphères assez voisines, qui plus est dans la même tonalité sombre de mi mineur. J’aime particulièrement le délicat solo de guitare acoustique du premier nommé, et l’accélération (un peu avant la minute) qui lance le chant. Le deuxième est une ballade contemplative du plus bel effet. « – Soon To Be Absorbed », le titre éponyme est certainement un des sommets de l’album. On démarre sur le bruit sourd et profond d’une sorte de cœur qui bat. Le chant sur délicat fond sonore de guitare acoustique et de basse, puis de cordes, fait merveille, avec un refrain lumineux. Un crescendo et puis on termine exactement par où on avait commencé.

Le titre de la piste suivante, « From Grey To Black », ne laisse guère de doutes sur ce que nous allons entendre. Une des rares pistes sur laquelle on peut entendre un peu de synthé pour une musique dont la mélancolie  est rendue encore plus prégnante avec la voix grave du violoncelle. « Oblivion’s Crutch » n’est pas moins mélancolique que son prédécesseur et se déroule lui aussi dans la sombre tonalité de mi mineur. Pour la petite histoire, à une époque où les tempéraments musicaux n’étaient pas égaux comme c’est le cas aujourd’hui, Bach réservait le mi mineur pour symboliser l’hostilité du monde … Ici la musique évolue dans les clairs-obscurs, avec de temps à autre, des harmonies en mode majeur qui viennent donner un peu de lumière au milieu des ombres et du brouillard.

La conclusion de l’album, « Deference » nous parle d’éternité. On démarre sur un rythme très lent et un délicat motif en arpège de guitare acoustique, puis voix et violoncelle dialoguent. A l’entrée du deuxième couplet, basse et batterie viennent intensifier le son, et on entend aussi un lointain piano. La musique va en s’intensifiant, la mélodie est reprise par la guitare électrique et puis l’éternité poursuit son chemin sur un lent decrescendo. Je trouve cette dernière piste particulièrement réussie, un vrai plaisir musical !

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Autant à titre personnel je suis assez accro aux claviers, autant « Soon To Be Absorbed » s’en passe allègrement et avec un rare bonheur. Paul Sadler délivre une musique parfaitement équilibrée et harmonisée, qui se passe très bien des tenues d’accords et effets de synthé, et réalise l’essentiel de son discours musical avec la guitare acoustique et la basse. La voix de Paul habituée au heavy rock et au metal fait merveille dans ce style un peu plus folk rock. Qui peut le plus peu le moins ! Bien vu également l’emploi bien dosé du violon et violoncelle. Si réussite il y a, les excellents musiciens recrutés pour l’occasion y contribuent évidemment, et le mixage exemplaire réalisé par Paul Sadler fait le reste. Au final, un album très personnel et d’une grande sensibilité, bref un must have ! Well done Paul!

Formation du groupe

Paul Sadler : Chant, toutes guitares, claviers - Alex Jolley : Basse fretless - Tom Rice : Batterie - Musiciens invités: Raphael Weinroth-Browne : Violoncelle sur les pistes 1, 4, 5, 6, 7 et 9 - Ndrew Allmark : Violon sur les pistes 1, 4, 5, 6 et 7 Toutes les chansons écrites par Paul Sadler Produit, conçu et mixé par Paul Sadler

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