Titres
- Overture (6:14)
- Never Never Land (11:24)
- The Lost Boys (10:20)
- The Home Under the Ground (9:54)
- The Pirate Ship (Hook or Me)
- The Return Home (6:59)
- Lunar Boy (7:57)
Si Marco Bernard débute dans le genre de l’album dit solo, il me faudrait écrire un grand nombre de pages pour retracer sa carrière et les innombrables projets musicaux auxquels il a donné naissance, contribué et contribue toujours : depuis la Finnish Association for Progressive Music et la série des albums thématiques Colossus publiés chez MUSEA, puis les premiers pas et la consécration des Samurai of Prog. L’Italo-finlandais est bien sûr le bassiste attitré des TSOP et cet album solo reste dans la lignée du collectif multinational. On ne sera donc pas étonné de retrouver au casting (composition et interprétation) ceux que j’appelle les Usual Suspects !
Si Marco Bernard a choisi le thème Peter Pan pour cet album, ce qui constitue évidemment un réservoir de scènes hautes en couleurs et propices à une mise en musique particulièrement expressive, il faut sans doute y voir également son propre cheminement.
Une « Overture » grandiose et très cinématographique emmène l’auditeur sur un ton franchement enjoué vers Neverland. Composée par Octavio Stampalia, la musique est tout à tour bondissante et mystérieuse. « Never Never Land » fait appel à un autre grand pianiste / organiste italien, Alessandro di Benedetti. D’ailleurs à y regarder de plus près, la fine fleur du clavier italien est à la manœuvre sur cet album et se partagent les sept chapitres de Peter Pan version sonore. Pour ce 2ème chapitre, la musique se fait plus grave et mélancolique, et la voix de John Wilkinson et la flûte traversière de Sara Traficante assurent la partie mélodique. L’orgue et la rythmique donnent quant à eux dans des moments plus débridés sonnant à l’occasion jazz-rock / fusion.
« The Lost Boys », mis en paroles et musique par Mimmo Ferri, m’a rappelé le film éponyme réalisé dans les années 80 par Joel Schumacher (*), très drôle mais sans rapport avec ce qui nous occupe ici. L’évocation de ces garçons perdus est comme on pouvait s’y attendre traitée sur un ton humoristique et le musicien italien nous régale de traits virtuoses avec ses synthés aux sonorités très typées et parfois grinçantes. Il y a aussi des moments moins enjoués, après tout comme le clame Marco Vincini : No one looking for us, et plus loin, There aint’t any girl. De quoi en effet ressentir une certaine amertume. Dans les sonorités inhabituelles, il fait aussi noter les traits de Beatrice Birardi au xylophone et autres percussions.
« The Home Under The Ground », composé par Andrea Pavoni, est une scène de théâtre mettant en scène Wendy (Audrey Lee Harper), Peter (Cam Blockland), et les Lost Boys (Steve Unruh). Cela commence par une intro parlée sur de délicates notes de guitare et de piano, avant un long instrumental débutant par un violon lyrique et se poursuivant sur un solo d’orgue d’inspiration jazz-rock. La musique s’intensifie avant de laisser place à la voix haut perchée de Wendy à laquelle répondent les voix masculines, le tout bien rythmé et ressemblant à une chanson de marin. Le dialogue final entre Wendy et Peter change totalement de style : un ton de comédie musicale d’abord aérienne, puis plus théâtrale.
Sur « The Pirate Ship (Hook Or Me) », Marco Grieco, plus récemment mais parfaitement intégré aux TSOP, nous régale d’une pièce complexe et torturée mettant le chanteur en scène Matthew Parmenter, le frontman de Discipline.
La deuxième contribution d’O. Lacagnina, « The Return Home », débute, une fois n’est pas coutume, par la basse solo et syncopée de Marco Bernard. On appréciera l’excellent duo violon (Adam Didderich) et claviers dans la première partie. La partie centrale, apaisée et lyrique, se termine lorsque la batterie bat soudain le rappel, et relance les joutes instrumentales. Pour terminer et préparer le réveil, l’improbable « Lunar Boy (Azylum Reloaded)» de Marco Grieco, inspiré par un morceau ancien « Azylum » de Giorgio Mastrosanti (**), en reprend le thème et les amusantes vocalises, pour ensuite développer plus longuement les parties instrumentales, avec entre-autres le violon de Steve Unruh. Ah au fait, qui donc tenait la basse dans le groupe Elektroshok responsable de ce morceau en 1979 ? Marco Bernard bien sûr !
A la différence des albums solos plus traditionnels où les musiciens se mettent au service du soliste, Marco Bernard s’efface ici volontiers devant le groupe, tout en assurant une rythmique toujours inventive et précise avec sa fameuse Shuker bass ! Je cite Kimmo Pörsti, pour une fois en léger retrait sur cet album : « La plus grande différence avec TSOP est peut-être que je lui ai conseillé d’utiliser d’autres batteurs que moi ». The Boy Who Wouldn’t Grow Up délivre une musique expressive et très descriptive des personnages et des scènes à l’aide d’un mélange particulièrement soigné de prog rock des temps anciens et de sonorités plus modernes. Il ne me reste qu’à vous conseiller de porter votre chapeau-vert à plume rouge favori (non fourni avec le CD !) et qu’à vous demander pourquoi diable ne voulez-vous pas grandir ?
(*) Sorti chez nous sous le titre Génération Perdue.
(**) https://www.youtube.com/watch?v=cgcK9lajQUY
Formation du groupe
Marco Bernard / basses Shuker - Octavio Stampalìa / claviers - Brody Green / batterie - Steve Hagler / guitare électrique - Marc Papeghin / cor, trompette - Steve Unruh / chant, flûte, violon - Alessandro Di Benedetti / claviers - Ruben Alvarez / électrique & guitares acoustiques - Kimmo Pörsti / batterie - Sara Traficante / flûte - John Wilkinson / chant - Mimmo Ferri / claviers, guitares supplémentaires - Beatrice Birardi / xylophone, bongos, tambourin, doumbek - Gennaro Piepoli / guitares acoustique & électrique - Marco Vincini / chant - Andrea Pavoni / claviers - Cam Blockland / chant - Carmine Capasso / guitare électrique - Adam Diderrich / violon - Audrey Lee Harper / chant - Daniele Pomo / batterie & percussions - Marco Grieco / claviers, guitare électrique, choeurs - Matthew Parmenter / chant - Hans Jörg Schmitz / batterie - Marcel Singor / guitare électrique - Oliviero Lacagnina / claviers - Marek Arnold / saxophone - Rafael Pacha / guitare classique - Charles Plogman / guitare électrique - Riccardo Spilli / batterie - Giorgio Mastrosanti / guitare Telecaster - Juhani Nisula / guitare électrique - Bo-Anders Sandström / chant
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