Ecouter un nouvel album de Deep Purple en 2026, c’est un peu comme aller en vacances chez les grand-parents : on sait ce qu’on va manger, on fait toujours les mêmes activités, on a droit aux mêmes histoires, mais on fait tout de même mine d’être surpris pour préserver ce lien affectif, en agissant comme si ces rendez vous réguliers allaient durer pour toujours, même si chacun sait que ce ne sera pas le cas. Deux ans à peine après =1, les plus actifs de nos retraités (ou les plus retraités de nos actifs, c’est selon), sont de retour avec SPLAT!. Le groupe a définitivement renoncé à se triturer les méninges pour trouver des titres d’albums, et affiche une excellente forme au travers d’un disque riche de 13 morceaux directs et efficaces, alignés avec l’héritage historique du groupe. Pour sa seconde participation, le guitariste Simon McBride (venu prendre le relais de Steve Morse) confirme sa parfaite intégration, via notamment une belle complémentarité avec les claviers de Don Airey.
Deep Purple distille tout au long du disque ses ingrédients et son savoir-faire acquis au fil des années dans une ambiance qui respire la camaraderie sincère plutôt que l’obligation contractuelle. Du groove Heavy Jazz à la “Lazy” de “Diablo”, au pont Beatles-ien de “Splat!”, en passant par le ‘Classic Deep Purple Riff’ guitare et clavier de “The Lunatic”, la lourdeur Metal aux airs de cornemuse de “Sacred Land”, le Bluesy “The Beating of Wings”, ou le Proggy (si, si) “Guilt Trippin’”. A ce rythme, le groupe semble capable de continuer à faire vivre leur héritage pour des années encore, d’autant plus que les musiciens continuent de parcourir la planète de concerts en concerts. Auraient-ils découvert en secret une fontaine de jouvence ou une quelconque potion magique ? On préférera se rassurer en se disant que c’est simplement la passion de la musique qui les maintient en forme… en espérant en récupérer quelques gouttes au passage.
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