Clutching at Straws

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(4.5 sur 5) / EMI
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Rock Progressif

En 1985, épuisé par d’incessantes tournées le groupe commence à connaître de sérieuses tensions lorsqu’il décide de rentrer en studio pour enregistrer Clutching at Straws. Le disque va nécessairement s’en ressentir, et sera l’un des plus sombres du groupe. Finies les couleurs sur la pochette, le Bouffon a perdu de sa superbe, il a remisé son chapeau au fond de sa poche et écume les bars les plus noirs. Et pour le narrateur, Torch (un alter ego mal déguisé du chanteur lui-même?) écrivain en manque d’inspiration il s’agit de se rattacher à n’importe quoi, se rattacher à des pailles , notamment des pailles à cocktail (Clutching at straws) .Le thème principal de cet album sera donc l’alcool, les plaisirs de la nuit et leurs conséquences.

Le triptyque du début d’album est constitué d’une superbe ballade pas tout à fait  douce : Warm Wet Circles (allusion sexuelle plutôt évidente) et encadré par deux morceaux plus rock, est une réussite absolue. Sur la version CD a été rajouté le morceau, Going Under, face B du 45t Incommunicado, un titre lancinant, à l’ambiance triste, qui se marie parfaitement avec le reste.

Après cette suite magnifique, je suis un peu déçu par l’anecdotique Just for The Record (Enfin , anecdotique…Entendons-nous bien, beaucoup de groupes seraient ravis d’avoir un titre comme ça dans leur discographie). Qu’importe, le titre suivant, White Russian, évoquant la répression de l’URSS sur le pays de l’Est, rattrape le tir, la tension et la violence palpables du morceau clôturant de la plus belle manière une face A magnifique.

Malheureusement, un titre entache un peu  l’album : il s’agit d’Incommunicado. Ce morceau, que je trouve particulièrement criard, avec des claviers assez insupportables, est pour moi le pire morceau de la carrière de Marillion. Dommage, car c’est vraiment le tout premier titre de leur discographie que je n’arrive pas à apprécier.

Tant pis, on passe à la complainte Torch Song, puis à Slàinte Mhath (traduction écossaise de « bonne santé » ou « Tchin Tchin ») où l’écrivain raconte écrire ses histoires sur des dessous de verre pour ceux qui n’ont pas d’histoire, pour les oubliés. La ballade triste Sugar Mice, évoquant la fragilité face à l’alcoolisme, est magnifique ( « We’re just sugar mice in the rain. »).

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The last Straw reprend les différents thèmes de l’album dans les paroles et se termine sur des chœurs féminins et un solo de guitare torturé magnifique.

Et voilà comment faire 4 albums réussis d’affilée. Si je place Misplaced Childhood tout en haut de mes préférences, je serais bien incapable de classer les 3 autres. Les relations avec les autres membres ne s’améliorant pas, bien au contraire, Fish quittera le navire la tête haute après cet album pour une carrière solo très riche. Il enregistrera juste sept démos qui resteront inédites jusqu’à la version 2 CD de 1998, (en place d’une version d’Incommunicado plus sympa que l’originale à mon sens) ce qui rend cet achat totalement indispensable. Pour les autres membres de Marillion, c’est le début d’une nouvelle aventure.

Formation du groupe

Fish : chant - Mark Kelly : claviers - Ian Mosley : batterie - Steve Rothery : guitare - Pete Trewavas : basse

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