Titres
- Down and Out (5:24)
- Undertow (4:45)
- Ballad of Big (4:48)
- Snowbound (4:28)
- Burning Rope (7:09)
- Deep in the Motherlode (5:12)
- Many Too Many (3:30)
- Scenes from a Night's Dream (3:29)
- Say It's Alright Joe (4:19)
- The Lady Lies (6:04)
- Follow You, Follow Me (3:59)
Le 23 Mars 1978 paraissait chez Charisma (Atlantic pour les Etats Unis) ‘’And Then There Were Three’’.
Une pochette sobre et sombre découvrant à peine les visages de trois personnages inquiétants et baignant dans ce crépuscule, ou peut-être était-ce une aube nouvelle, en disait déjà long sur ce neuvième album studio de Genesis. Storm Thorgerson (Hipgnosis) expliquait que les trainées de lumière utilisées ici symbolisaient les réminiscences du passé, membres du groupe qui s’en étaient allés, le dernier en date étant, sans surprise, Steve Hackett, en Octobre 1977 avant la fin du mixage du second Live ‘’Seconds Out’’. S’il ne fut finalement pas remplacé en tant que membre officiel, plusieurs guitaristes furent pressentis pour les concerts, comme Elliott Randall (Steely Dan), Rob Mackenzie voire Jeff Beck ou encore Gary Moore. Ce fut finalement grâce à la recommandation d’Alphonso Johnson que le trio retint Daryl Stuermer, un musicien venu du jazz-rock (Jean Luc Ponty) et ayant de surcroît déjà travaillé avec Chester Thompson. Interviewé à cette occasion par un journaliste étonné du fait que ce guitariste n’avait pas participé à l’album studio (en overdub), considérant la place qu’occupait cet instrument au sein du groupe, Phil Collins convint de cet état de fait, confiant de surcroît, avoir été comme les deux autres, impressionné par son audition alors qu’il jouait ‘’Down And Out’’, ‘’Follow You, Follow Me’’ et ‘’Squonk’’. Il précisa toutefois que Daryl Stuermer allait sans doute participer aux sessions du suivant (‘’Duke’’) au cours du second semestre 1979.
Enregistré en Septembre/Octobre 1977, et comme ‘’Wind & Wuthering’’ aux Relight Studios de Hilvarenbeek en Hollande, ‘’And Then There Were Three’’ présentait 11 nouveaux titres dans un format majoritairement de type chanson, et dominé en conséquence par les claviers de Tony Banks. Son synthétiseur à cordes Roland en particulier, couvrait ‘’Down And Out’, d’un habillage hivernal omniprésent sur ce disque. Initialement nommé ‘’Man With The Big Cigar’’, ce premier morceau était porté avec véhémence et maestria par la rythmique de Phil Collins. Nous retrouvions encore ces climats sombres et froids sur ‘’Undertow’’, porté par la douceur des synthés et du piano électrique Yamaha auxquels Mike Rutherford ajoutait une touche de basse fretless. A noter que les deux musiciens avaient été sollicités pour signer la B.O de ‘’The Shout’’, un film psychologico-horrifique avec Alan Bates, et dont il resta peu de choses dans le montage sonore final. Tony Banks développa néanmoins ce morceau rebaptisé ‘’From The Untertow’’ sur son premier album solo ‘’A Curious Feeling’’. Réminiscence de ‘’The Lamb…’’, l’oncle Sam était à l’honneur sur deux morceaux : la protéiforme ‘’Ballad Of Big Jim’’ évocation du Shérif Jim Cooley, et incarnation des grands espaces et l’histoire de l’Ouest américain, véritable objet de culte pour Phil Collins, tandis que sur ‘’Deep In The Motherlode’’, il scandait ‘’Go West Young Man’’ pour évoquer la conquête de ces territoires (presque) vierges par les colons européens au 19ème siècle. Nous retrouvions la mélancolie et l’amertume de ‘’Wind And Wuthering’’ sur ‘’Burning Rope’’ signé par Tony Banks qui avait écrit jusqu’au solo de guitare que Mike Rutherford reprit au cordeau.
Si en évidence, l’absence de Steve Hackett pesait fortement ici, nous retrouvions toute la puissance mélodique de Genesis comme sur les ballades dont ce trio s’était fait un art. Comment ne pas s’émouvoir devant ‘’Many Too Many’’ également composé par le claviériste, et qui utilisait le mellotron pour la dernière fois dans cette histoire de personnage abusé et crédule. Du tout aussi poignant ‘’Say It’s Alright Joe’’, Phil Collins allait laisser une mémorable prestation scénique, affublé d’un chapeau enfoncé très bas, pour incarner ce tenancier de bar, alcoolique et désabusé. On peut imaginer que le chanteur s’était d’autant plus facilement approprié ces textes, que lui-même traversait une période compliquée avec un mariage qui battait de l’aile. Signé comme ce morceau par Mike Rutherford, ‘’Snowbound’’ présentait un thème tout aussi accrocheur, et dont certaines suites d’accords pouvaient rappeler ‘’Ripples’’. Le chant et les textures instrumentales de cette chanson restituaient à merveille le caractère puéril et la candeur de ces enfants découvrant un bonhomme de neige tout en ignorant que celui-ci piégeait un autre personnage.
Par ailleurs, la tradition du groupe était une nouvelle fois respectée avec d’une part, une plage réservée à l’humour et la légèreté (‘’Scenes From A Night’s Dream’’), entrainante et magnifiée entre autres, par les harmonies vocales et une belle ligne de basse de Mike Rutherford, et en second lieu, les mythes et légendes toutes aussi chères à Genesis (Lamia, Salmacis…), avec à présent cette inquiétante créature féminine aux airs de sirène invitant le voyageur imprudent dans ‘’The Lady Lies’’, qu’avait imaginé Tony Banks à la fois dans les textes et une musique nous embarquant à la façon d’une danse légère vers un refrain aussi envoûtant que le personnage dépeint ici., Enfin, que dire de plus sur le dernier morceau ‘’Follow You, Follow Me’’, sinon que les trois musiciens furent les premiers surpris d’un si soudain succès qui inonda rapidement les ondes FM. S’il offrit à Genesis un premier grand tube classé dans plusieurs Pays, l’album, quant à lui, reçut une critique assez mitigée, partageant également le public. Une tournée de près de cent dates fut planifiée non seulement en Europe, aux Etats Unis et au Canada, mais pour la première fois, au Japon. Afin de régaler les fans de la première heure, quelque peu frustrés par cet album, plusieurs anciens morceaux furent intégrés au programme (‘’In The Cage’, ‘’Fountain Of Salmacis’’, ‘’Ripples’’…). Cette tournée qui prit fin à Knebworth devant quelques 100.000 spectateurs, laissa quelques croustillantes anecdotes, comme à New York, l’apparition surprise d’un Peter Gabriel au crâne rasé, et méconnaissable, sur le classique de concert ‘’I Know What I Like’’.
Remasterisé chez Virgin à partir de 1994, ‘’And Then There Were Three’’ fut édité en 2007 pour l’Europe dans une version SACD + DVD en dolby Digital et DTS surround et ajoutant sur le DVD, 7 plages bonus (vidéos clips de ‘’Many Too Many’’ et ‘’Follow You, Follow Me’’, une interview de 2007 (13 minutes) et quatre autres documents datés de 1978.
Formation du groupe
Phil Collins / chant, batterie, percussions - - Mike Rutherford / guitares, basses - - Tony Banks / claviers (piano électrique CP-70, Hammond, Polymoog, Mellotron (7)
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