A Trick Of The Tail

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(5 sur 5) / Charisma
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Rock Progressif

Le 2 Février 1976 paraissait chez Charisma l’’album ‘’A Trick Of The Tail’’.

Alors que la critique comme le public étaient assez dubitatifs quant au devenir de Genesis après le départ de son charismatique frontman vedette à la fin de la tournée de ‘’The Lamb…’’, annoncé au cours de l’été, faisant notamment le grand titre du Melody Maker du 16 Août, quatre musiciens en état de grâce allaient permettre à leur groupe de connaître un second avènement, et bien plus encore…A partir d’Octobre 75, au studio Trident de Londres, bénéficiant toujours de l’aide du bienveillant et fidèle coproducteur David Hershell, ce septième album fut dans un premier temps, enregistré pour toute sa partie instrumentale. En vue de recruter un nouveau chanteur, une dizaine de musiciens furent reçus, dont Mike Rogers (Manfred Mann’s Earth Band), Steve Gould (Rare Bird), Bernie Frost (connu pour ses collaborations avec Status Quo) ou encore Allan Clarke (The Hollies) avant que le groupe ne décidât de faire un choix au sein même de son line-up, en l’occurrence celui de son batteur, surtout après la brillante prestation de Phil Collins sur ‘’Squonk’’, un morceau sur lequel plusieurs candidats s’étaient précédemment ‘cassé le nez’. Au-delà d’une signature vocale étonnamment proche de celle de son prédécesseur, il allait de surcroît faire montre à son tour de remarquables qualités de showman en mettant en scène cet album concept, un recueil de contes fantastiques voire diaboliques comme l’illustrait admirablement bien la pochette signée par Colin Elgie (pour Hipgnosis) et qui présentait plusieurs personnages de ces histoires.

‘’Dance On A Volcano’’ ouvrait avec force et audace ce répertoire, comme le fit précédemment ‘’Dancing With The Moonlit Knight’’ sur ‘’Selling England By The Pound’’ à travers une pièce changeante et savamment construite, faisant place ensuite au calme avec ‘’Entangled’’, une ballade planante aux accents médiévaux, conduite par les trois guitares 12 cordes, l’une des plus belles compositions de Steve Hackett pour le groupe. Le ‘’Squonk’’, créature intelligente issue du bestiaire fantastique imaginé par William Thomas Cox dans son livre ‘’Fearsome Creatures From The Lumberwoods’’ avait déjà été évoqué deux ans plus tôt par Steely Dan dans ‘’Any Major Dude Will Tell You’’ (extrait de ‘’Pretzel Logic’’), un groupe dont Mike Rutherford, qui avait coécrit ce morceau avec Tony Banks, était notoirement fan. L’onirique ‘’Mad Man Moon’’ réservait encore l’un des grands moments du disque, magnifié par les sublimes parties de piano, à la fois fluides et classicisantes de Tony Banks qui en avait écrit les textes et la musique. Le sens tout aussi mélodique ajouté au romantisme de Mike Rutherford brillait sur la ballade ‘’Ripples’’, un invariable classique des concerts du groupe au cours des décennies suivantes. ‘’Robbery Assault And Battery’’, concocté par le claviériste et le batteur, était ici la plage humoristique que Genesis, depuis ‘’Harold The Barrel’’ (‘’Nursery Cryme’’1971), réservait traditionnellement sur chacun de leurs albums. Si la rythmique du morceau-titre (seconde composition exclusive de Tony Banks) pouvait rappeler celle de ‘’Getting Better’’ par les Beatles (‘Sgt Pepper’s…’’ 1967), Phil Collins confia s’être inspiré de ‘’Promise Of A Fisherman’’ (Santana ‘’Borboletta’’ 1974) pour celle de ‘’Los Endos’’. Ce dernier morceau totalement instrumental refermait l’album par une reprise énergique de différents thèmes du répertoire dans un mode Medley que le groupe allait copieusement dupliquer lors de ses futurs concerts.

A propos de cet album, Peter Gabriel salua lui-même la ‘reconversion’ de ses anciens complices lors d’une interview dans Melody Maker, à la fois impressionné par leurs nouvelles sonorités et par le résultat d’une impressionnante somme de travail déployé ici. Superbement bien produit et plus accessible que les précédents, cet album suscita un nouveau public et se plaça troisième dans les charts anglais. Encensé par une critique dithyrambique, ‘’A Trick Of The Tail’’ se vendit en Juin 76, à plus de 100.000 exemplaires. Le succès étant lui-même générateur de chance, pour permettre à Phil Collins d’assumer son rôle de nouveau sideman, Genesis eut l’opportunité de recruter Bill Bruford miraculeusement disponible pour la tournée de concerts qui allait suivre, une tournée qui en prime, immortalisa quelques grands duos entre les deux batteurs. Dans la dynamique de ce cercle vertueux, les quatre musiciens se retrouvèrent en septembre, non pas à Londres mais Hilvarenbeek (Pays Bas) pour enregistrer ‘’Wind And Wuthering’’, signant consécutivement un nouveau chef d’œuvre en décembre de cette même année 1976, et qui mérite tout autant que l’on s’y attarde.

‘’A Trick Of The Tail’’ fut réédité chez Virgin en 2007 pour l’Europe dans un coffret SACD+DVD audio comprenant sur le DVD, la version remasterisée en 5.1 surround avec 12 plages bonus (clips vidéo de ‘’Robbery Assault And Battery’’, ‘’Ripples’’ et ‘’A Trick Of The Tail’’, une interview de 14 minutes en 2007, des versions Live (enregistrées en 1976 comptant la présence du batteur Bill Bruford sur 7 des titres) de ‘’I Know What I Like’’, ‘’Fly On A Windshield’’, ‘’Carpet Crawlers’’, ‘’The Cinema Show’’, ‘’Entangled’’, ‘’Supper’s Ready’’ et ‘’Los Endos’’).

Formation du groupe

Phil Collins : chant principal et chœurs, batterie, percussions - Steve Hackett : guitares électrique et 12 cordes - Tony Banks : piano RMI Electra-Piano, synthétiseur ARP Pro Soloist, orgue Hammond, Mellotron, Echoplex, enceinte Leslie, guitare 12 cordes, chœurs - Mike Rutherford : basse, pédales de basse, guitare 12 cordes

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