Titres
- Overture (Instrumental) (7:42)
- Coming Down to Land (Birth and Infancy) (6:10)
- Baby Blue Eyes (Schooldays) (5:35)
- Sweet Bird of Youth (Young Prime) (4:47)
- Lay Your Heart on Me (Love) (5:38)
- Yours Sincerely (Mid-Life Crisis) (6:47)
- Evensong (Autumn Years) (3:51)
- Love is where We're From (End of Life) (9:30)
Le groupe londonien The Gift en est à son cinquième album studio, mais je dois avouer que je ne le découvre qu’avec ce dernier, Seven Seasons. Il s’agit d’un album-concept inspiré des sept âges de l’homme, notion apparue au Moyen-âge et reprise plus tard par Shakespeare. Pour l’occasion le groupe créé en 2003 par Mike Morton et Leroy James mettent à contribution quelques invités dont les frères Hackett et le bassiste Jon Poole de Lifesigns.
Une longue ouverture instrumentale (« Overture ») initie le cycle musical. Cela commence à la guitare acoustique comme une délicieuse balade façon Steve Hackett ( !) et se poursuit dans un style nettement plus enlevé, franchement hard rock. « Coming Down To Land » nous offre un duo piano / voix, ponctué par les battements de cœur de la batterie, et c’est l’occasion pour moi de découvrir la voix de Mike Morton, ici dans un registre calme et plutôt grave. Le morceau gagne ensuite en puissance et altitude, dans un style mélodique et grandiose qui n’est pas sans rappeler Lifesigns. On appréciera vers la fin un petit moment plus échevelé avec le solo d’orgue très réussi et vintage d’Eliot Minn.

« Baby Blue Eyes » est d’un autre registre : un heavy rock assez linéaire porté par une rythmique énergique. La coda, très apaisée, donne à entendre quelques beaux accords au clavier. « Sweet Bird Of Youth » débute par un clin d’œil à « Won’t Get Fooled Again », mais le côté tragique du chef d’œuvre des Who est totalement absent de ce morceau, qui évolue au contraire dans un rock alerte et insouciant, ce qui sied évidemment à cette évocation de la jeunesse.
« Lay Your Heart On Me » au contraire se veut une lente balade aux accents blues, sinon country ou rock sudiste par moments. Rock sudiste ? C’est justement ce que m’évoque l’entrée en matière, puis le développement de « Yours Sincerely ». La coda revient à la forme très poétique du duo voix / piano, créant ainsi une excellente transition avec « Evensong », évoquant sans doute possible l’automne de la vie. Quelques accents jazzy et la flûte alto de John Hackett donnent un supplément d’âme à ce très beau morceau, nostalgique à souhait mais nullement pessimiste, et qui invite à l’introspection.
Le final, « Love Is Where We’re From » revient à quelque chose de plus ample et progressif, laissant d’abord la guitare de Cristiano Tortoioli s’emparer de la mélodie, puis les synthés et la basse introduisent le chant, à la fois mélancolique et serein. Le ton va crescendo pour déboucher sur un passage instrumental cette fois lumineux, lumière qui ne faiblira plus durant la coda, grandiose à souhait.
Aucun doute, le dernier né de The Gift se révèle être un album tout à fait intéressant, sous forme d’un cycle de chansons aux ambiances musicales plutôt variées. Le style globalement progressif se teinte de touches blues, folk ou jazz d’un bel effet. Les temps forts de l’album sont plutôt à chercher dans les deux morceaux introductifs et dans le final. Pour conclure et en plagiant une célèbre formule publicitaire : Seven Seasons (*) un album pour les jeunes de 7 à 77 ans !
(*) https://thegiftuk.bandcamp.com/album/seven-seasons
Formation du groupe
Mike Morton : Chant, Cristiano Tortoioli : Guitare, Chris Taylor : Batterie, Keith Buckman : Basse, Eliot Minn : Claviers. Invités : Steve Hackett : Guitare sur « Overture », Jon Poole : Basse sur « Overture » et « Baby Blue Eyes », John Hackett : Flûte alto sur « Evensong », Stephen Clee : Guitare acoustique sur « Overture »
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