Everybody’s Gotta Learn Sometime

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3 sur 5 / Capitol Records/Universal Music
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Folk Rock Pop/Rock

Beck est un artiste que je suis avec attention depuis ses débuts en 1993, année où surgissait son tube planétaire “Loser”, improbable manifeste Folk/Lo-fi/Rap devenu hymne générationnel. Depuis, le musicien californien n’a cessé de brouiller les pistes, naviguant entre Indie Folk minimaliste, Electro funk flamboyant, bidouillages Hip Hop, Country sarcastique, Rock alternatif ou envolées acoustiques aux riches arrangements. Pourtant, depuis Hyperspace en 2019, Beck s’est montré discret sur le plan discographique. C’est pourquoi la parution de ce court album Everybody’s Gotta Learn Sometime, même s’il est une compilation de titres plus ou moins anciens, est un évènement. On y retrouve un Beck tout en sucre, désireux de célébrer l’Amour dans un écrin pop-folk classique, sans artifices inutiles mais loin d’être anodin.

8 titres en tout dont 7 reprises, le disque affiche une étonnante unité malgré la provenance hétéroclite des morceaux en termes d’époques et de projets. Le titre d’ouverture “Everybody’s Gotta Learn Sometime” est une reprise du succès de The Korgis (1980) auquel Beck apporte une touche organique mélancolique. Cette pépite faisait partie de la bande originale du film de Michel Gondry “The Eternal Sunshine Of The Spotless Mind” (2004). Parmi les autres reprises marquantes figurent : “I Can’t Help Falling In Love” popularisée par Elvis Presley (dont la mélodie est basée sur la chanson française « Plaisir d’amour »), “I Only Have Eyes For You” de The Flamingos dans un arrangement très sixties, le pur Country “Your Cheatin’ Heart” de Hank Williams, ou “Love” de John Lennon (de l’album John Lennon/Plastic Ono Band). “Ramona”, unique composition originale, est un rappel des grands disques acoustiques du musicien que sont Sea Change et Morning Phase.

Sans chercher la révolution stylistique, Everybody’s Gotta Learn Sometime s’impose comme une parenthèse sensible, un disque modeste en apparence mais profondément cohérent dans son intention : offrir un moment de douceur dans un monde qui en manque. Il aura finalement fallu plus de trente ans à Beck pour passer du statut de “Loser” à celui de “Lover”.

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