Curious Ruminant

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(3.5 sur 5) / InsideOut Music
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Rock Progressif

Après deux albums en demi-teinte, Jethro Tull et son leader Ian Anderson remettent le couvert pour un 24éme album : « Curious Ruminant ». Les neuf compositions présentes sur celui-ci parviendront-elles à remettre Jethro Tull sur le chemin d’un rock/prog/celtique digne de ses meilleures productions ?

Autant le dire tout de suite les nombreuses écoutes de « Curious Ruminant » me laissent mi-figue mi-raisin. Et pourtant ça démarre plutôt bien avec un « Puppet and the Puppet Master » où nous retrouvons un Jethro Tull qui privilégie, après une intro au piano rappelant le légendaire ‘locomotive Breath’, les structures complexes, combinant des éléments de type folk avec des parties instrumentales prog, des rythmes enlevés, des atmosphères mystiques et des solos de guitare et flute inspirés. Le titre éponyme « Curious Ruminant » poursuit dans cette même veine avec un peu plus de lourdeur et une mélodie qui se pare d’un superbe solo de guitare.

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Malheureusement le soufflé retombe dès le titre suivant « Dunsinane Hill », une composition faiblarde au rythme lent, sans attractivité particulière. Plus dynamique « The Tipu House » redonne des couleurs à la musique du Tull, bien pensée avec musicalement de bonnes parties instrumentales et un excellent refrain, elle se hisse à la tête des meilleures compositions de l’album.

La suite et moins enivrante, « Savannah of Paddington Green », « Stygian Hand » et « Over Jerusalem » sont vraiment dénuées de tout attrait, du déjà moult fois entendu chez Jethro Tull. Musicalement, ça tient la route, mais aucune étincelle ne se produit et rien n’accroche l’oreille.

Sursaut salvateur avec « Drink from the Same Well », la longue suite de 17 minutes explorant divers univers musicaux et utilisant tous les codes du rock progressif, elle permet à Ian Anderson de développer ces atmosphères teintées de folk qu’il apprécie particulièrement, de musique médiévale et de prog qui nous conduisent à de superbes solos de flûte traversière, de riffs de guitare électrique en passant par un soupçon d’accordéon, même si cela traine un peu en longueur, le titre vaut le détour. Un narratif pour clore l’album, « Interim Sleep » avec peu de musique, sinon un accompagnement discret piano/flute et un Ian qui dévoile son âme sensible : ‘Quand le sommeil intermédiaire me prend, je te veux près de moi, pas de larmes, pas d’adieu triste, je suis calme et immobile comme une feuille d’automne tombée’.

Néanmoins, malgré l’irrégularité des compositions, « Curious Ruminant » s’améliore après plusieurs écoutes, notamment grâce aux superbes parties de flute et à certains titres où nous retrouvons le Tull et sa fougue d’antan. Il peut être une introduction pertinente à la discographie du groupe et, espérons-le, incitera les auditeurs qui le découvre à explorer ses chefs-d’œuvre (1971 – Aqualung, 1972 – Thick as a Brick, 1973 – A Passion Play, 1977 – Songs From The Wood).

Formation du groupe

Ian Anderson : flûtes, chant, guitare acoustique et mandoline - David Goodier : basse - John O'Hara : piano, claviers, accordéon - Scott Hammond : batterie - Jack Clark : guitare électrique - Avec : James Duncan : batterie, cajón, percussions - Andrew Giddings : piano, claviers, accordéon

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