Titres
- Hiraeth Pt.1 (Cronus) (3:54)
- Life as an Architect (Hestia) (9:57)
- Broken Bones (Eris) (10:56)
- Nighthawks (Nyx) (6:36)
- Persephone (Kore) (5:58)
- The Syntax of Things (Athena) (10:31)
- Hiraeth Pt.2 (Aion) (7:40)
Galasphere 347, voilà un nom de groupe bien énigmatique … Il s’agit en fait de la désignation d’un vaisseau spatial prenant son envol dans une série TV britannique du début des années 60, Space Patrol. Je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais entendu parler de cette série SF en France … Qu’importe, le combo terrien, plus précisément anglo / scandinave, composé de membres issus de groupes tel White Willow, Henry Fool ou encore Änglagård, mettait sur orbite en 2018 un album éponyme, carburant au prog symphonique des années 70. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’un one shot. Et bien j’avais tort, car ce début d’année 2026 voit pointer sept nouveaux titres regroupés dans The Syntax Of Things. Le côté spatial du premier album a totalement disparu au profit notamment de l’évocation de quelques déesses grecques, et pas forcément les plus connues. Quant à la pochette de l’album elle représente la Nye Bevan swimming pool, sise à Skelmersdale, West Lancashire. A ce stade, la perplexité m’envahit ! Nulle inquiétude cependant, je fais confiance au trio de base – Stephen James Bennett, Ketil Vestrum Einarsen, et Mattias Olsson -, pour nous sortir le grand jeu. Quelques musiciens invités viennent compléter l’offre musicale au gré des morceaux, tels Bjørn Riis ou encore John Jowitt.

« Hiraeth Part 1 (Cronus) » me fait penser à du Genesis période années 80, avec en supplément un côté tragique qu’on ne retrouve pas chez les anglais. Si le sous-titre fait référence à Cronos, roi des Titans, le titre lui n’a rien de grec. Il s’agit d’un vocable gallois évoquant manque et nostalgie. La coda, aérienne, nous amène à coup sûr dans le domaine immatériel des Dieux.
« Life as an Architect (Hestia) » amplifie cette ambiance céleste en y ajoutant ce qu’il faut de grandiose, notamment avec de magnifiques chœurs au Mellotron. La batterie, quasi militaire, noie quelque peu le discours musical, mais on se laisse vite prendre par le symphonisme puissant du morceau et vers la fin, par un très beau passage à la flûte, qui m’évoque des chants d’oiseaux. Tout s’éteint peu à peu dans un long fade out magique, et un dernier trait de flûte solo. Apprenons au passage qu’Hestia est la déesse du foyer domestique.
« Broken Bones (Eris) » nous amène à faire connaissance avec Eris qui personnifie la discorde. Rien de discordant dans l’intro qui nous distille quelques accords jazzy au piano électrique, avant de se lancer dans une marche alerte aux claviers. Arrive alors le sax de Myke Clifford pour lancer définitivement le morceau avec l’aide John Jowitt, qui nous assène un motif de basse immuable et hypnotique. Cette première partie un peu sombre laisse place à un solo de piano, puis c’est le trio guitare (Bjørn Riis) / basse / piano qui nous délecte d’un moment mélancolique très poétique. Après 7’, la musique prend une tournure incertaine, une sorte de moment d’attente durant lequel on ne sait trop vers où on va se diriger. Toujours sans direction claire, la musique prend soudainement de la vitesse et se structure autour de la basse pour un final à la VDGG inattendu et cette fois plutôt discordant !
Déesse de la nuit oblige, « Nighthawks (Nyx) » nous fait quitter au moins provisoirement le prog symphonique grandiose et parfois échevelé des morceaux précédents pour un moment tout en retenue et très dépouillé, principalement articulé autour du duo voix / piano. Le morceau ne se termine cependant pas avec la fin du chant, les ultimes mesures étant réservées à de longues plages harmoniques au synthé joué pianissimo.
« Persephone (Kore) » nous vaut un retour brutal à une musique nettement moins apaisée ! Ici prévaut un psychédélisme oscillant entre force et délicatesse musicale, symbolisant peut-être ainsi la vie de la divinité grecque qui passe alternativement du monde souterrain au monde réel.
La piste titre, « The Syntax of Things (Athena) », surprend par son intro qui mêle sons électro et Mellotron. Le chant débute en mode lento et pianissimo, et subitement se transforme pour donner une chanson légère au rythme alerte. Après une bonne dose de chœurs mellotronesques, l’orgue solo s’empare de la ligne mélodique pour quelques secondes de musique planante, avant le retour de la joyeuse chanson, qui finit par s’éteindre dans les sonorités électro du début du morceau.
Pour terminer, « Hiraeth Pt. 2 (Aion) » referme le cycle musical et la boucle du temps avec grandeur et solennité. Le mot grec aion prend semble t’il plusieurs acceptations, comme par exemple destinée et éternité. La musique adopte ici un ambitus élargi entre les basses inhabituellement graves et la voix céleste du Mellotron, sonorités digne d’un grand orgue de cathédrale. De façon un peu étrange, le morceau se termine par une bonne minute et demie de silence, ponctué ça et là d’un coup de grosse caisse ou encore d’une voix off.
Amis du prog symphonique avec sonorités de claviers analogiques d’antan, Galasphere 345 vous a concocté avec The Syntax Of Things (*) un album dont la musique fait au final bien plus rêver que la pochette de l’album ( !). Par rapport à l’album de 2018, on note des morceaux plus variés, plus concis et percutants. Gageons que l’aventure débutée dans la précédente décennie se poursuive au travers d’autres albums, tant ces musiciens expérimentés ont des choses passionnantes à nous conter !
(*) https://galasphere347.bandcamp.com/album/the-syntax-of-things
Formation du groupe
Stephen James Bennett : chant, claviers, guitares, pédales Taurus, lap steel, Gizmotron - Ketil Vestrum Einarsen : programmation, flûte - Mattias Olsson : batterie, guitares électrique et acoustique - Avec : Jacob Holm-Lupo : guitare staccato et basse (2) - Bjørn Riis : guitares (3, 6, 7) - John Jowitt : basse (3, 5, 6) - Myke Clifford : saxophone (3) - Pete Smith : basse et pédales de basse (1, 7)
🌍 Visiter le site de Galasphere 347 →