Selah!

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(4.6 sur 5) / Autoproduction
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Rock Progressif

Formé en 2013 sur les berges de la Columbia River à Portland (Oregon), Timelight sort son premier album en 2016. Et puis en 2020, alors que le groupe est maintenant basé un peu plus au nord, à Seattle, un deuxième album voit le jour, « Selah! ». Je clique sur la première piste et, … dès les premiers notes je sais déjà que ça va le faire !

Que sait-on du mot Selah ? Ce qu’on en sait c’est qu’il figure dans la Bible et dans les Psaumes, sans qu’on sache très bien ce qu’il signifie. Du coup Timelight se l’approprie et en fait une interjection, une célébration de savoir que l’on peut contrôler les émotions que l’on ressent… même face à l’adversité ou à la tristesse. D’une certaine manière, il décrit également les défis et les récompenses de la création du deuxième album (sic). Ecoutons plutôt !

Le duo Chris Rudolf / Ron Murvihill, secondé sur quelques pistes par Ian Siegel à la basse, se déchaine dès les première notes de la premier piste, « Selah ! », qui démarre dans une sorte de délire musical à la Gentle Giant – le piano d’abord, puis la ligne de basse implacable, les vocaux … Quelle énergie positive ! Une première descente harmonique au piano, une deuxième un peu plus loin qui lance un puissant motif de basse (de 7 notes si je compte bien… ça va vite !) et c’est l’orgue qui prend le relai pour un solo plutôt musclé, puis la guitare s’y colle à son tour. Vers 5’30, on attaque un superbe moment de piano jazzy, et après un peu plus de 7’ de ce foisonnement rythmique et harmonique de grande classe, on passe en mode minimaliste. Sur un long accord majeur joué par un synthé lointain, voix et piano entament un dialogue qui va decrescendo jusqu’à la fin totalement évanescente. Il y a un bon moment que je n’avais pas entendu un truc pareil … un très très grand morceau de musique !

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« Taken », du moins dans sa première partie avec vocaux, est plus conventionnel, mais pas moins intéressant. La deuxième partie purement instrumentale donne tout son sens progressif à cette piste. A son tour « Saphira » déroule sa mosaïque vocale et instrumentale jusqu’à une fin tout à fait lumineuse.

« The Goddess Liberty » débute dans une atmosphère à la Steve Hackett et une impeccable guitare acoustique, suivie d’une flûte véritablement orchestrale et d’un chant ample. Et puis le ton pastoral s’estompe pour une dernière partie instrumentale assez free jazz. Le court (moins de 5’) « Wings Of Fire » est une sorte d’intermède pop-rock.

Retour à une piste de plus de 10’ avec « Past Departure » qui clôt l’album avec une musique pleine d’optimisme. A noter au milieu un passage instrumental d’abord lent avec flûte, puis un peu plus accéléré avec une guitare rock sudiste, puis un solo de guitare électrique. On termine dans la joie du thème initial et sur des derniers accords d’orgue qui vont en decrescendo jusqu’à l’extinction sonore.

De l’excellent piano, des claviers énergiques et grandiloquents, de superbes guitares acoustiques et des riffs électriques puissants, et pas mal d’autres choses encore… Une vraie science de la composition musicale (cf. a première piste « Selah ! »), ce qui n’a rien d’étonnant quand on se penche sur les goûts musicaux de nos deux musiciens qui vont de Bach à Porcupine Tree en passant par Gabriel Fauré et Maurice Ravel.

Je ne suis pas totalement sûr d’avoir compris la signification de Selah, mais je suis certain que je tiens là un grand album !

Formation du groupe

Chris Rudolf : guitares, claviers, basse, chant, production - - Ron Murvihill : claviers, flûte, programmation de batterie, chant Avec: - Ian Siegel / basse (1,3,5)

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